‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 247 sur 297 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

rassembler cinq à six mille hommes pris parmi eux. En même temps parurent sur le Nil trois à quatre cents vaisseaux sous les ordres du kasfhif Dschanim-Seifi, portant deux mille nommes restés des mameluks échappes à la défaite de Ridania. Ils voulaient attaquer de nouveau le sultan dans l'Ile de Wustanije; mais ce projet fut trahi par Dschanim-Seifi et l'émir Ebu- Harosa, qui passèrent dans les rangs des Ottomans (1). Selim tint conseil avec ces déserteurs et avec Chair-Beg , sur les entreprises ultérieures contre Tuman-Beg. Il envoya quelques milliersd'homroes avecquaranteà cinquantecanons, dans trois ou quatre cents barques , sous les ordres de Dschanim-Seifi, vers Dschise. Les Arabes, qui n'étaient point accoutumés à l'artillerie, se retirèrent aussitôt; les Ottomans et les mameluks restèrent seuls en face les uns des autres. Alors, Dschanim-Seifi s'avança seul à cheval, et suivant l'ancien usage chevaleresque des mameluks, il appela le sultan Tuman-Beg lui-même à un combat singulier. Le défi fut accepté au nom du sultan par l'émir Dewletbai, qui, avec une adresse merveilleuse, brisa la lance de son adversaire et le renversa de cheval. A ce moment, les Ottomans chargèrent, et aidèrent le chevalier tombé à se remettre en seUe (2). Après un vif engagement, les Ottomans se retirèrent vers le rivage, et remontèrent sur leurs bâtiments. Dans le conseil de guerre des mameluks, le borgne Schadi-Beg proposa d'attaquer les Turcs le lendemain. Les mameluks se saisirent de soixante-dix à quatre-vingts barques des Ottomans, passèrent sur la rive orientale, prirent l'ennemi entre deux feux, et le forcèrent à redescendre le fleuve avec les bâtiments qui leur restaient. Six mille Ottomans et quatre mille mameluks étaient restés sur le champ de bataille. Selim, informé de cette perte par Dschanim-Seifi et l'aga des janitschares Ajas, se sentit porté à un changement de système; malgré les représentations de Chair-Beg , il pencha pour des mesures plus douces, et fut approuvé pleinement parle grand vesir Junis-Pascha, qui dès le commencement avait blâmé la campagne

(1) Ibn Seine) , fol. 46; Subeili, fol. 26, Schukri. M. 80.

(2) Subeili , fol. 27 ; Ibo Seine) et Schukri. Tercier , rfan» les Mémoire» de l'Académie de* Inscription», 1. xxi! I' 548 Je fait tuer par erreur.

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