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leur de la hiérarchie sacerdotale, comme l'interprète du ciel à l'égard de la terre. Des cinq cents ans qui s'écoulèrent depuis Jésus jusqu'à Mohammed , l'histoire orientale ne tient nul compte; mais, à partir du prophète, l'Egypte est éclairée par les Orientaux, et par les historiens arabesqui fournissent aussi des lumières aux investigateurs européens. Si les Orientaux ne savent rien delà grande bibliothèque d'Osymandias, les savants de l'occident n'ont connu l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie que par les historiens arabes. C'est par eux encore qu'ils ont su quelque chose de la magnificence des dynasties Tulun et Achschid, des constructions et des fondations des Fatimites, de l'espace d'académie des sciences née au Kaire, sous la tyrannie d'Hakem (1) , et de la doctrine secrète des ismaïlites, sortie de cette école et révélée par le poignard des assassins (2). C'est dans les sources arabes que l'on a retrouvé l'esprit romanesque de l'Egypte au temps des croisades, les sentiments et les habitudes de la chevalerie des mameluks; et ce n'est qu'aux bords du Nil que s'est pleinement épanouie cette miraculeuse fleur des mille et une nuits.
Seliro, après s'être mis en possession des trésors des mameluks dans le château du Kaire, n'alla point s'enfoncer dans les catacombes et les pyramides , il se contenta de visiter les mosquées et les académies de la capitale. Ensuite , son attention fut attirée surtout par le mikjas ou nilomètre établi à la pointe de l'Ile de Rhauda. Là, le lendemain de l'exécution de Tuman-Beg, il avait reçu les hommages du pays (3), et distribué des faveurs ; c'est là qu'il avait établi sa résidence, et non pas dans le château. Kanszu-Aadili , l'un des plus vaillants begs des mameluks , tenta de surprendre de nuit en ce lieu le sultan. Suivi de quelques complices, il s'approcha du mikja avec une barque, et à l'aide d'une échelle, il monta sur le toit; mais ne trouvant aucun moyen de descendre dans les appartements, il fut découvert, et se jeta du toit dans le Nil; puis, nageant avec vigueur, il parvint à échapper à plusieurs centaines de nageurs que le sultan avait détachés à sa
(t) Sojuti et Makrtsi.
(2) Histoire de« amawins ; Stuttgart, 1808.
, (3) 5uheüi,fol,«,
poursuite(l). Une seconde fois, Selim courut un grand danger en ce lieu; voulant s'élancer de la barque d'Ab-Dulkadir, fils d'Aaradsch, sur le rivage, il ne put atteindre jusque là, et tomba dans le Meuve. Le patron et son neveu ne purent qu'à grand'peine le tirer de l'eau , à cause de sa pesanteur et de son manque d'agilité. Pour ce service, il promit à Ab-Dulkadir de lui accorder ce qu'il désirait ; celui-ci demanda l'exemption de droits dans le port de la mer et du Nil pour sa vie, et aussitôt Selim lui fit expédier la lettre de franchise
L'Ile sur laquelle est établie le nilomètre, aussitôt après la conquête de l'Egypte par les Arabes, attira l'attention des gouverneurs deschalifes, par la vigueur de sa végétation et la beauté de sa situation. Dès la cinquante -quatrième année de l'hégire, il y fut établi un chantier pour les vaisseaux, le plus ancien de tous les arsenaux qui en ont tiré leur nom ; Ahmed, fils de Tulun, qui de la position de gouverneur s'était élevé à la dignité de souverain indépendant de l'Egypte, construisit le premier, à Rhauda, un château qui finit peu à peu par être emporte par le Nil. Achschid, fondateur de la seconde dynastie turque, sous les chalifes de maison d'Abbas, transporta l'arsenal de Raudhasur le rivage oriental du Nil , et transforma l'emplacement qu'il occupait en un jardin, dont la renommée se répandit jusqu'à l'Irak (2). Le neuvième des chalifes fatimites, Emir-Biahkamillah. construisit à Raudha un palais pour sa bédouine bien-aimée. Mais le plus grand titre de l'Ile de Raudha à la célébrité, c'est la forteresse élevée par Melek-Ssalih , septième et avant dernier prince de la maison d'Ejub, dont la garde fut confiée à des mameluks qui détrônèrent son fils, et qui, du nom de cette forteresse, furent appelés Bahari , c'est-à-dire les mameluks du Nil. Les ouvrages de fortification qui subsistaient encore à l'époque de Selim, ne disparurent que dans les derniers temps. L'histoire fait aussi mention de six mosquées; mais de tout cela, il n'y a plus de trace; il ne reste plus que la colonne élevée au neuvième siècle pour mesurer le Nil , et la voûte dont la recouvrit Selim Ier. Les plus anciennes traditions de l'E-
(I) Subeili , I. y, et Ibn Sexuel • (2) Kcvkebor-Raudhat de Sujuti,
gyptefont déjà mention, avant la conquête par les Arabes, de trois nilomètres en Egypte, établ is Tun par un Pharaon, le second par le Joseph égyptien, et le troisième par une reine d'Egypte. Il y a plus de certitude dans les notions donné» s par les Arabes, depuis leur conquête du pays. Amra-Ben-Aasz, conquérant de l'Égypte sous Omar, établit un nilomètre à Aswan (Syene); Moawia, le premier chalife de la mai* sonMoawia, un autre à Ensena; le huitième chalife de cette maison , Omar, fils d'Abdol-Asia, un à Ilolwan. Outre ces trois petits nilomètres, sous le régne de Welid , le gouverneur Esaraet-Beu-Seid-Tenuchi , en construisit un de grande dimension , a l'Ile de Haudha; le chalife Mamun, le fit détruire pour le rétablir de nouveau; mais ce fut seulement le dixième chalife de la maison d'Abbas , Motewekkil , qui l'acheva ; depuis cette époque jusqu'à nos jours, il a résisté, sans altération, aux flots du NU , et à a fureur destructive des voyageurs francs. Le nilomètre , qui parait placé sur des monuments hiéroglyphiquesdans les mains des divinités comme symbole de division et de gradation naturelle, est pour l'Egypte de la plus haute importance, comme annonçant les années fécondes et les années stériles. Celui qu'avait établi le chalife Motewekkil, et qui subsiste encore aujourd'hui, décoré de vers tirés du Koran, écrits en caractères kufiques, est une colonne octogone, haute de vingt aunes égyptiennes, dont douze sont constamment au-dessous du niveau des eaux les plus basses; les huit autres, divisées chacune en vingt-quatre pouces, mesurent la crue du fleuve. Si le nilomètre marque au-dessous de quatorze, c'est-àdire si les eaux ne s'élèvent pas à douze aunes, il y a famine; à la hauteur de quinze aunes et dix pouces, elles annoncent l'ouverture du canal qui traverse le Kaire; c'est le signal des foies et des rejouissances publiques. Ordinairement le Nil atteint seize aunes ; la plus grande élévation dont l'histoire fasse mention , fut de dix-huit aunes et dix pouces (1); ce fut l'année de la plus grande abondance; la plus petite de douze aunes neuf pouces, l'Egypte fut désolée par la plus effroyable famine {2>
(1) An del'héRirc 100 [814].
(2) Au temps de Kiafur , an tfti pJWij.
A la fin de mai [28 mai 151 7 1 , Sel im se rendit à Alexandrie, non-seulement pour aller admirer la ville , mais aussi pour examiner sa flotte que le kaimakan Piri-Pascha avait eu ordre d'amener dans ce port. A son bord se trouvaient ses confidents le nischandschi-pascha Mohammed , et Halimi son savant chodscha ( t ). Dans la première quinzaine de juin, il revint à 111e de Hhanda, Il ordonna une grande revue de l'armée, à la suite de laquelle il distribua en supplément de solde, deux aspres à chaque cavalier, et un seulement par fantassin. Jusqu'alors l ad ministrationde l'ÉgypteavaH étéentre les mains du grand vesir Junis-Pascba ; le sultan la loi retira pour la confier à Chair-Beg, qui semblait plus propre à l'exercer, en raison de sa connaissance intime du pays, et surtout de ses liaisons avec les scheichs des tribus arabes fïl Cependant le defterdar d'figypte, Disdar-Mohammed-Tschelebi , et lejnge de l'armée de Rwnili Hokneddin-Sireksade, pressuraient le paya par des extorsions de toute nature ; le premier aliénait tous les biens appartenant aux familles des mameluks; Rokneddin vendait les premières dignités de la loi , les quatre places de jo^rs des quatre sectes orthodoxes , pour chacune desquelles il lui fut payé 1,000 ducats (3). L'historien Idris, qui, après avoir achevé d'organiser le Kurdistan, était venu en Égypte. où lesultaa l'avait chargé de traduire de l'arabe Histoire naturelle de Demiris, avait achevé son travail en très-peu de temps, et, en l'offrant, il safeit l'occasion pour le faire accompagner de vers persans, dans lesquels il hasardait des conseil> sur l'administration du pays et l'exercice de la justice en Égypte. Les vesirs donnèrent à l'homme de lettres 1,000 ducats uoursatradiic tion, mais refusèrent de présenter les vers an sultan. Idris, plein de désintéressement . et dominé par l'amour de la vérité, ne voulut point ! accepter les 1.000 ducats, et Insista fortement pour que ses vers fussent remis au sultan, déclarant que, dans le cas contraire , il trouverait bien moyen de les lui faire parvenir lui-même. Les vesirs durent céder à un désir ainsi exprimé. Asakaszidet Idris joignit une prière, depo« -
(I) Seadeddiu , I n. fol. 710; leatsd'ldrfe, fol ttf
fi) Scadeddis,». iv, fol. 711.
(3) /bid. y
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voir partir sur-le-champ, si Tonne mettait pas fin aux injustices, qui accablaient le paya. Une telle liberté, qui peut-être aurait été payée de la vie par tout veatr, n'attira aucun châtiment sur I hiatoriea, ai grande était leslime du tyran pour les savants; ai poissant, le respect de l'opinion publique ou l'exercice de la science. Il ordonna de laisaer partir ldris avec la flotte pour Constantinople(l). L'exemple d'idrts fut imité par le juge de l'armée d'Anatoii keuud-Pasdiasade , qui jouissait de la confiance de Selon, et vivait dans son intimité. l*s grands de l'armée, fatigués de ce long séjour en Égyptc, le prièrent d employer sa bonne influence pour déterminer le sultan a un prochain retour après lequel kejnal-Paschaaadc lui-même soupirait ardemment. Dans une promenade à cheval, Selim lui demanda eeque l'ou disait? Lejugc de l'armée répoiMlit, quesur les rives du Ml, il avait entendu un soldat chanter une chanson qui exprimait le désir d'un prompt retour à Hum <2> Sei im parut d'abord accueillir gracieusement cette insinuation , et ordonna en effet des préparatifs de départ Mais la première fois qu'ils se retrouvèrent ainsi côte a cote à cheval, « Pourquoi donc, dit le sultan au juge de l'armée , ton maitre le mollah Lulfi, en dépit de tout savoir, a- l-ibubi le dernier supplice? » kanaH^schasade répondit que Lutfi s'était fcit, par son esprit mordant, beaucoup d'ennemis qui l'avaient calomnié ; que souvent aussi il s'était permis d imaginer des choses plaisantes, qu'il donnait ensuite pour des faits réels. «iN aurais-tu pas reçu de lui cet enseignement? reprit Selim. — Depuis longtemps je l'aurais oublié, répliqua le juge. » — 11 s agit maintenant du compagnon pour lequel je fais des vceux respectueux et sincères ( de* Selim lui-même X - » Cependant , continua le sultan , n'as-tu pas tiré de ton cerveau la chanson du soldat t keinal-Pascbasade eut assez de libre fraurhi.se pour avouer la vérité, ci au lieu de s'irriter, à «on retour, il récompensa lejuge par un présent de ôtlO ducats (3).
Forcé par l'opinion de son armée de quitter l'Egypte, comme il lui avait fallu se retirer de la Perse trois ans auparavant, Selim avait peut-
(1) Lefil«d'ldris,fo!. 130.
(2) SOiuuttmad« Seadeddio, d«a» te» cUoka mémorable'* de Diez . p. 7.
i3) U fils dïdris , fol. 120.
être formé le projet de pousser ses conquêtes par delà les cataractes du Nil. Ne pouvant s'en prendre aux janitschares, et ne voulant pas se venger sur les savants , il laissa tomber les effets de son ressentiment sur les vesirs, ainsi qu'il avait fait après la campagne de Perse. Depuis le retour d'Alexandrie jusqu'au départ du kaire, se produisirent deux circonstances auxquelles la présence du conquérant donna une nouvelle importance; l'envoi des présents annuels des caravanes de pèlerins a la Mecque, et l'ouverture du canal du Kaire. Mohammed- Ebul-Berekiat, t reute- quatrième schérif de la Mecque, de la famille Bcni-kitade, avait fait présenter, par son filsEbu-Nuumi, au conquérant 1> s clés de la Kaaba dans un bassin d'argent (1). Selim était maintenant substitué comme protecteur et serviteur des deux villes saintes , aux droits de suzeraineté des anciens chalifea et sultans d'Kgypte; c'était donc à lui aussi qu'appartenait désormais le soin d'entretenir les pauvres et les schekhs de ces deux sièges sacrés de l'islam. Le sultan Bibars-Bondokdari, fondateur de la puissance des mamluks du Nil , et véritable législateur de leur empire, qui s'était proposé pour modèles les institutions de Dschengis-Chan , établit le premier l'envoi solennel et annuel d'un chameau richement décoré, et portant le voile destiné à recouvrir la kaaba, qui s'appelait mihmel, c'est-à-dire la charge. Le second législateur des mameluks, le grand kilaun, porta aussi son attention sur le mihmel , et en releva la solennité par l'établissement d'une pompe militaire et d'un tournoi où les mameluks rompirent des lances (2). Depuis l envoi du mihmel était resté l'un des plus grands bienfaits des sultans égyptiens pour la Mecque, et l'une des plus grandes fêtes publiques pour les habitants du kaire. Le présent consistait en blé et en or ; le grain était distribué aux pauvres; l'or était partagé entre les scheichs;ct dans la prière publique, au nom du sultan on ajoutait le titre honorifique de serviteur des deux saintes résidences. Depuis Mohammed 1er, les sultans ottomans avaient aussi adressé à la Mecque, des présents annuels, appelés .'siirres. Le père de Selim Bajesid II
( I , Muuradjcj d'Uhsun , 111e part., p, 2U& (2j Husnol-Mohaserct , fol. 3-U
envoyait annuellement 14,000 ducats; le fils doubla la somme, et confirma en outre les envois accoutumés des sultans égyptiens. L'émir Moszliheddin, revêtu du titre d'intendant de sesssurres, accompagna l'envoi pour la première fois avec deux juges d'Egypte. A chacun des schérifs il donna 500 ducats, à chacun des Scheidts 6 ducats, 3 à chacun des principaux citoyens, et à chaque pauvre 1 ducat. La somme totale monta à '200,000 ducats, sans compter la valeur de 50,000 erdebs de blé et de riz pour la Mecque, et 2,000 pour Médine. Les émirs, les scheichs et les ulémas lurent le Koran, et bénirent le sultan qui aussitôt nomma trente émirs, dont chacun est chargé de lire chaque jour la trentième partie du Koran, et qui , par conséquent , tous ensemble en font la' lecture entière (1). l^e présent en or est désigné par le nom spécial de ssurres, et le mihmel appartient encore aujourd'hui aux fêtes religieuses de la capitale. La pompe plus grande que l'on mit cette année dans la confirmation du mihmel , et dans la nomination de Xémirol-kadsch ( conducteur de la caravane des pèlerins), était d'autant plus utile et nécessaire, que l'année précédente, à cause de la campagne de Syrie, aucun envoi n'avait été adressé à la Mecque ; phénomène extraordinaire, et que les chroniques arabes ne manquent pas de compter parmi les grands fléaux, tels que la famine, la peste, les incendies, les inondations et les tremblements de terre , par lesquels le ciel châtie les hommes. L'autre fête populaire du Kaire, beaucoup plus ancienne, est l'ouverture du canal, si la crue du Nil atteint la hauteur désirable. La tradition arabe, que jadis ce jour-là une vierge était sacrifiée au Mil , ne repose sur aucune autorité ; ce qui est plus croyable, c'est que dans les temps les plus reculés on jetait dans le fleuve une statue de bois représentant un homme; on ne peut guère contester la lettre d'Omar, par laquelle, afin de prévenir la famineannoncée par une grande sécheresse, il ordonnait au Nil , au nom du Tout-Puissant, de répandre ses flots sur la terre (2). Depuis ce temps, l'ouverture
(1) Mouradjea d'Ohsson , me part, p. 258.
(2) Sojuti , dans l'Histoire des chalifes ; dm le Husnol-Mobasem , et dans le Kewkebor-Raudhat. f. aussi Gibbon, Tt part.
du canal , comme signe de l'élévation des eaux à une hauteur suffisante pour la prospérité du pays, est restée la plus grande fête populaire de l'Égypte, et les proclamation publiques par lesquellesétait annoncée, chaque année, aux gouverneurs cette crue bienfaisante (wofa), fournissaient toujours aux secrétaires d'état et aux savants d'Egypte, une matière inépuisable pour les compositions poétiques.
Pendant la crue des eaux, Selim avait transporté sa résidence de l'Ile du Nil à Birketoi- Fil, hors de l'atteinte de l'inondation; là il reçut les capitaines de sa flotte qui étaient venus d'Alexandrie par le Nil avec Kodschi-Beg, commandant de Brusa(l). Enfin, les premiers jours de septembre, il commença sa retraite sur la Syrie (2). Il donna le commandement du château du Kaire à l'aga Chaireddin, qui reçut sous ses ordres cinq mille cavaliers et cinq cent fantassins, avec l'injonction de ne pas mettre le pied hors du château. Le gouvernement du pays fut confié à Chair-Beg, dont le harem et les enfants furent envoyés comme ôtages à Philippopopolis (3). Mille chameaux, chargés d'or et d'argent, emportèrent lesdépouilles de l'Égypte;et Selim emmena le dernier fantôme de chalife de la maison d'Abbas, dont un ancêtre avait conféré à Bajesid-llderim le titre de sultan; il entraîna aussi après lui, du Kaire, une colonie d artisans pour la transplanter à Constantinople (4). Après avoir franchi le désert de Katije , au moment où il atteignait la frontière de Syrie, Selim dit au grand vesir Junis-Pascha, qui marchait à cheval à coté de lui : « Ainsi donc l'Égypte est derrière nous, et demain nous serons à Ghaza. » Junis-Pascha ne put dissimufer son mécontentement sur toute l'expédition entreprise contrairement à son opinion. « Quel est le fruit, dit-il, de tant de peines et de fatigues? la moitié de l'armée est restée dans le désert ou sur les champs de bataille , et la domination de l'Égypte a été livrée par des traîtres. » C'en fut assez pour combler la mesure de la colère du sultan. L'orage qui n'avait fait
(1 ) Selimname de Schukri , fol. 98 , Kodschi-Beg e* le même qui a fourni à Scbului la matière pour le Selimname.
(2) D'après le Setiamame , fol. 73, le 14redscbfb.
(3) Marini Sanuto.
(4) Tabi-Beo,p.l62.