‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 40 sur 297 · L1VR · texte numérisé non relu

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en Europe fut partagé entre Suteiman-Pascha, fils et vesir d'Urchan, et Hadschi-llbeki , l'ancien vesir do souverain de Karasi ; Suleiman résidait à Gallipoli, d'où il pouvait s'étendre jusqu'à Demitoka , et llbcki se tenait à Koni , d'où il poussait ses courses jusque Tschorli et Hireboli. Adsche-Beg reçut en fief la vallée qui porte encore son nom (1); mais pour Suleiman à peine jouit-il deux années de ses conquêtes. Entre Bulair et Sidi-Kawak ( platane du Cid ), suivant à cheval le vol de son faucon, qui poursuivait des oies, il tomba si malheureusement qu'il resta mort sur la place [1358]. Son corps fut déposé, non pas à Brusa , lieu de sépulture de la famille ottomane , où lui-même avait fait élever une mosquée, dans le quartier des confiseurs, mais près de la mosquée de Bulair aussi fondée par lui. Son tombeau , sur la rive de l'Hcllespont , resta plus d'un siècle le seul monument de ce genre élevé à un prince oltoman sur la terre d'Europe , et il appelait les habitants de l'Asie à un pèlerinage de conquérants. De tous les tombeaux de héros signalés jusqu'ici par l'histoire turque, il n'en «t pas de plus célèbre et de plus fréquemment visité que celui du second vesir de l'empire, du fbodateur de la puissance ottomane en Europe. Peu satisfaite de l'éclat de ses exploits réels, la tradition attribue encore à Suleiman le miracle d'une victoire après sa mort; elle le fait combattre et vaincre une armée d'infidèles, monté sur un cheval blanc, resplendissant de lumière, entouré d'une troupe de guerriers célestes. Malheureusement, le combat même dans lequel il aurait ainsi porté secours aux champions de la vrai foi , ce combat est de pure invention et n a jamais été livré. Suivant ces récits imaginaires, trente mille chrétiens auraient paru dans l'Hellespont sur une flotte de soixante-un vaisseaux : la moitié serait débarquée à Tusla , ' autre partie à Sidi-Kawak; et ces quinze mille chrétiens de Sidi-Kawak auraient été anéantis par la petite troupe de vrais croyants, grâce à 1 assistance de l'escadron éblouissant, conduit par Suleiman sur son cheval blanc, l es historiens ottomans , parmi lesquels Scadeddin luiroême n'hésite point à raconter ce miracle, ont évidemment tiré cette flotte , dont la force est

;t) Nwcfari , fol. 59.

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