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blant pour la vie de son fils , et accablé de terreur et de chagrin, il détruisit ce qu'il avait fait [1391]. Cette nouvelle arriva à l'héritier du trône à Brusa, en même temps que celle de la mort de son père ; il s'enfuit aussitôt à Constant inople. Bajesid, irrité contre les siens à qui était confiée la garde de Paléologue, et contre Manuel lui-même, lui envoya un messager pour lui dire qu'à l'avenir un kadi réglerait à Conslani inople les affaires des vrais croyants; qu'il n'était pas juste que les musulmans, attirés à Consiantinople par le commerce ou pour d'autres motifs, fussent obligés de comparaître devant les tribunaux des giaurs ; que s'il refusait, les abords de la ville seraient fermés dans toute la contrée environnante déjà soumise à la puissance ottomane. Le messager fut suivi de l'armée, qui passa de la Bythinie en Thrace, ravageant tous les villages depuis Panidos jusqu'aux murs de la ville, et emmenant les habitants en esclavage.
Dès ce moment commença le premier siège ou plutôt le premier blocus de Consiantinople |>ar les Turcs. H dura sept automnes; un corps de troupes se tint toujours en observation. Le reste de l'armée turque envahit la Bulgarie, la Valachie, la Bosnie et la Hongrie. Mirtsche, prince de Valachie, se reconnut vassal et tributaire du vainqueur; et c'est depuis cette année que la Valachie est inscrite comme tributaire sur les registres de la Porte (1) [13911- Ce fut aussi cette anuée que Tokatmisch, chan de la grande Tatarie, fut entièrement défait par Timur-Chan et vit son empire abattu : l'émigration des Tatares du Kiptschak vers les deux rives du Danube, c'est-à-dire en Bessarabie et dans la Tatarie-Dobruze, eut aussi lieudansce temps(2). Une partie de l'armée turque inonda la Bosnie jusqu'à Naglazinze; mais, à la prière de Dabischia, successeur de Thwarko , Goyko-Manarvitius, avec des troupes hongroises, vint poser une barrière , un terme aux courses de l'armée turque (3). Une partie de cette armée musulmane tomba sur le pays de Sirmium, et se battit à Nagy-
(1) Mouradjea d'Obsson .Tableau de l'empire ottoman, fol., t. ut , p. 438 , d'après le Rausatul-Ebrar , eu 937
(2; Hadschi-Chalfa , Table« chronologique* , an 793. (3; D,pl. Dabiachi» de I39f , dans Kercb , p. 247 ; dans Ei»r,el ,Hist. de Servie , p. 349.
Oloszou Francovilla conti* les Hongrois, commandés par Jean de Maroth (1); une autre division conquit Galamboz et tout le paya de Machov, jusqu'à ce que Pierre de Pereny ia contraignit à la retraite et reprit le château de Galamboz, situé sur une haute montagne, près de ta rivedu Danube appartenant à la Servie(*2). Telle rut la première invasion des Turcs en Hongrie, après un message infructueux que le roi Sigismond avait envoyé à Bajesid-Chan; et ce fut seulement quatre siècles après que les frontières de la Hongrie et de la Turquie furent définitivement fixées par la paix de Sisfeov[l392]. L'année f-ui vante, Sigismond marcha dans la Bulgarie contre les Turcs alliés à Myrtsche, les battit, et s'empara, après un siège pénible, du Petil-Nicopolis, forteresse située sur le Danube, ta supériorité numérique des Turcs le força de se retirer, et Blaise-frerei garantit le roi du sabre d'un sipahi , comme dans sa fuite il lui procura les aliments nécessaires (3). Ce fut pendant cette retraite que le roi Sigismond, se trouvant dans lecomitat d'Hunyade, s'éprit d'amour pour la belle Élisabeth Morsiuay (4): le fruit de cette liaison passagère fut Hun y ad e le Grand, qui développa si brillamment le germe de valeur qu'il avait reçu de son père, se distingua comme un heureux aventurier, par son ardeur guerrière contre les Turcs, par ses actions chevaleresques et ses nombreuses victoires.
Pendant que Bajesid était occupé de tous les cotés en Europe, le prince de Karamanie s'agitait encore en Asie. Par une attaque imprévue, il pénétra jusqu'à Angora et Brtisa, et fit même prisonnier le beglerbeg Timurtasch ; Bajesid en personne marcha contre lui. L'ambassade de Karamanie qui vint àBrusa implorer la paix et le pardon du prince, fut renvoyée avec cette réponse: que le glaive seul devait décider entre eux; ce fut en effet le glaive qui décida en faveur des Ottomans dans la grande plaine d'Aktschai , au pay6 de Kerraian. Alaeddin , prince de Karamanie, fut pris avec ses deux fils,
(1) Dipl. Dabiachiwde t294,et da ru l Hin.de Hooerie, p. il , p 187.
(2) tiißtl, Hisi. de Serrie, d'après les documents de Kaluna , p. 319.
(3) Jbid , H»»t. de Hoagrie.p u , p. m.
(4) Jbid., a Hist. de Valacbie.
Ali et Mohammed , et confié à la garde de son ennemi personnel, Timurtasch. Celui-ci avait été mis en liberté et renvoyé avec de riches présents avant qu'on en vint aux mains, et dès la première nouvelle de la marche de Bajesid ; mais il n'était pas pour cela réconcilié avec Alaeddin : il ne vit pas plutôt ce prince entre ses mains, qu'il le fit pendre sans Tordre et même contre la volonté de Bajesid. Le sultan irrité , du moins en apparence , écouta cependant les excuses du beglerbeg, fondées sur des motif» politiques; il le remit aussitôt en faveur, alléguant quels perte d'un prince était moins importante que celle d'une province: maxime qui, dans la suite, légitima plus d'une fois la mort des princes vaincus, exécutés par l'ordre des sultans. Bientôt furent conquises les villes de Konia, Akschehr , Akserai et Larenda, et toute la Karamanie fut incorporée aux États ottomans.
Ayant soumis à son empire le sud de F Aste Mineure, Bajesid poussa son armée dévastatrice vers l'est et le nord, afinde traverserces pays en conquérant, comme il avait fait pour ceux da sud et de l'ouest. A l'orient, dans le pays qui fi>rme aujourd'hui le gouvernement de Si was. entre celte ville (l'ancienne Sebaste)et Kaiszarije (Césarée), régnait alors Ahmed Kasi-Burhaneddin, c'est-à-dire le juge-preuve de ta foi. Ce prince, distingué par son savoir autant qur par ses talents politiques, avait établi sa domination sur les restes de plusieurs tribus tatares. autrefois soumises aux Dschengisides; il était en même temps brouillé avec Bajesid et Kara- Juluk. Bajesid , content d'avoir trouvé dans h dynastie du Mouton-Blanc un prince dont le bras s'employât contre les ennemis des Ottomans, voulait d'abord laisser au filsdeBorhaneddin, Seinol-Aabidin , les terres de son père; mais comme les principaux du pays trouvèrent plus prudent d'envoyer le jeune prince auprès de Naszireddin-Beg, de la dynastie de Sulkadr, prince voisin et son parent , et invitèrent Bajesid à prendre possession du pays , celui-ci accepta volontiers l'invitation, et, en conséquence , il s'empara des villes de Si was, Tokat et Kaiszari-e [1392].
Au nord-ouest de cette partie de l'ancienne Cappadoce, s'étend aujourd'hui le gouvernement de Kasteuiuni , qui comprend l'ancienne