‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 59 sur 297 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

iislas de Naples , dans le but de placer ce- -ci sur le trône de Sigismond par le secours sultan (1). Jean de Maroth battit, il est vrai, >osega, et fit retirer l'armée turque qui avait ssé la Save, venant de Bosnie; mais les Turcs m ravagèrent pas moins toute la presqu Ile uée entre la Save, la Drave et le Danube, et ruines des villes indiquaient seules l'annne prospérité du pays (2). Us pénétrèrent ssi en Bosnie jusqu'à Zwornik (3), et, malgré valeur de Mirtsch, sa résistance dans les fots de chênes de la Valachie, Ewrenos sut asair en ces lieux la puissance des Ottomans, en îblissant un camp retranché , ce qui maintint n importance et sa haute faveur auprès du ltan (4).

Alors Bajesid tourna ses regards du coté de onstantinople que ses troupes tenaient b!olée depuis la mort de Jean Paléologue, il y ait déjà vingt-cinq ans. Pour reprendre le fil borique des rapports de Byzance avec Bajed, il faut remonter jusqu'à l'avènement de anuel qui provoqua la colère de Bajesid et la smande d'une mosquée et d'un kadi à Cons- Diinople. Chalcondylas et Phranzes racontent lus exactement que Ducas la circonstance qui anna lieu à une rupture plus éclatante entre '. sultan et son vassal l'empereur Manuel. Ceti-ci, peu de temps après son avènement, parut Serès, où le sultan demeurait alors, avec son •ère Théodore et d'autres princes vassaux de ajesid, ainsi qu'Étienne, despote de Servie, onstantin, fils de Thwarko et frèrederh-agases, îigneur de la contrée située sur le Wardar Vxios}(6), et Paulus Mamas, seigneur d'Épiamnos ou Monembasia (6). Celui-ci, en préfnce de Bajesid, accusa Théodore, frère de lanuel, de lui avoir enlevé sa ville de vive Jrce. La colère du sultan , déjà enflammée, fut ncore excitée par Jean, fils d'Andronicus, qui avait à la porte du sultan comme seigneur de

il) BoHfioim, Decadet, m, e. 2, p. 384, «Enfle!, tot. de Hongrie, n , p. 203

(2) Eneel, Histoire de„ Servie, p. 351 , daprè» Thu-

(3) Leccios , I. v , p. 490

(4) Chalcondyla», H, p. 25.

(5) Ibid., i , p. 15.

® Ibid., u ,p.25; Phnom ,c. 13, p. t3 , édition

Selyrabria, et qui n'avait pas oublié le traitement que son père et lui avaient subi. Le sultan , dans sa fureur, voulait tuer Théodore de sa propre main, au milieu d'une entrevue ; cependant il se contint et abandonna ce soin à son vesir Ali-Pascb*. Celui-ci, comblé de présents par Théodore , l'en récompensa plus tard par une mort violente (1). A cette conférence de Serès, Manuel et Constantin, fils de Thwarko, se jurèrent mutuellement de ne plus retourner à la porte du sultan. Pour gage de sa foi, Constantin promit sa fille en mariage à l'empereur de Byzance, à la place de la princesse de Trébizonde. veuve du Turc Alacddin (2), que son père Jean Paléologue lui avait enlevée, quoiqu'il ne put se tenir debout, rooj;é par la goutte (3). Les conjurés se séparèrent ainsi pour retourner , Constantin dans son pays sur le Wardar, Théodore, frère de Manuel, dans le Péloponèse, et Manuel lui-même a Constantinople. Le vesir Ali-Pascha revint devant les murs de la capitale, demandant à l'empereur d'aller faire son service à la porte du sultan. 11 s'acquitta publiquement de sa commission , mais en secret il conseilla à l'empereur de se conformer en apparence et non par le fait à Tordre de Bajesid (4). Celui-ci , voyant que Paléologue n'avait pas sérieusement l'intention de continuer ce service, reprit le siège de Constant inople, commencé avant la victoire de Nicopolis, et l'on serra la ville de plus près. La plupart des habitants murmurait et aimait mieux se livrer aux Turcs que de souffrir plus longtemps la faim. Bajesid, qui voulait enlever Seiymbria à Jean , fils d'Andronicus, le recommanda aux habitants de Constantinople pour l'élire empereur à la place de son oncle Manuel; celui-ci , forcé de se soumettre, s'entendit, à l'insu de Bajesid, avec son neveu Jean: il promit, pourvu qu'on le laissât librement sortir, de loi céder le reste de l'empire byzantin, limité aux murs de la capitale affamée, et de se contenter dn Péloponèse. U s'embarqua sur une galère, laissa son épouse et son jeune fils Théodore dans le Péloponèse et partit de là poor aller, dans des

(1) r.bakondylas,l.c.

(7) Ikid.

(3) Ibid.

(4) Ibid.

voyages infructueux, implorer, du secours contre les Turcs a Milan, Gènes, Florence, en France et en Allemagne. Son neveu Jean régnait en attendant à Constant inople, et le premier exercice de son autorité obtenue par l'entremise du sultan fut d'accorder l'établissement d'une mosquée et d'un kadi à Constantinople( 1 ), avec un tribut annuel de 10,000 ducats pour le sultan et dix poissons remplis d'or et d'argent pour le vesir Ali-Pascha,dont la vénalité retarda cette fois encore la chute de la capitale(2). C'était la quatrième mosquéeque tolérait la faiblesse des empereurs chrétiens depuis l'envahissement de l'islam dans les murs de leur métropole. Avant Bajesid, le chalife Suleiman, leSeldschuk Ertoghrul, le Kurde Ssalaheddin avaient déjà demandé et obtenu le libre exercice du culte des musulmans par une mosquée consacrée à cet effet dans le sein de la capitale. Mais il était réservé au sultan des Ottomans d'ériger à côlé de la mosquée une mehkeme(cour de justice) et d'établir à côté de l'imam un kadi <i Constantinople ; il peupla même un faubourg de la ville d'une colonie turkmane venue de Bit hyuic, des bords de la mer Noire : ce furent les habitants de Koinik et de Jenidsche-Tarakdschi qui, à la chute de Bajesid, furent chassés avec l'imam, le kadi et tout ce qui leur appartenait, et se transportèrent à Kinikli , village bien connu encore aujourd'hui dans le voisinage de Constantinople.

Après avoir ainsi humilié l'empereur dans sa capitale, Bajesid poursuivit le cours rapide de ses conquêtes en Asie par son général Tirnurtaseh, qui étendit sa domination au nord et à l'est, tandis que lui-même en personne poussait les masses ottomanes en Europe au sud et ä l'ouest. Timurtasch s'empara de Kanghri ou Gangra, l'ancienne résidence des rois paphlagoniens, capitale de la Paphlagonie depuis le iv* siècle (S), située entre les deux petites rivières Schirinszu (eau douce) et Adschiszu (eau amère) , qui se jettent dans MaJys (4). Diwrigi , à deux jours de marche à Test de Si was, enfermée du côté de l'orient par la montagne

(1) Ducas, xt, 30.

(2, Seadeddin, dans Bratutti , p. 19 ; Neachri , fW. 101. (3) Mannen , ti , 3 , p. 32.

(4} DKh.haunuma, p. 645.

; Tschilschektaghi (montagne dé fleurs, l'anciq I Scœdissus) et du côlé de l'occident par la idoltagncd'Hasan TAntitaurus), se trouve à l exi trémité d'une vallée formée de rochers stérile c'est l'ancienne Nicopolis, c'est -à dire ville & ; la victoire, bâtie par Pompée à l'endroit où ä vainquit la première fois Mithridate il;. IV rendc. h deux journées au sud de Drvvri,;. , limite du pays de Malatia, est adossée à uar montagne qui s'ouvre pour donner passage . fleuve Akszu (eau blanche'. I*i ville de Behei>. avec un district du même nom, sur le cherci de Meraasch (l'ancienne Gcraanica) (T, â Kaizarije (Césarée), est entourée de nombre jardins arrosés par un petit fleuve (3). Malais l'ancienne Melitène, non loin de l'Euphrate. >ir les bords de la petiterivière Deir-Meszih cloiin' du Messie), qui. avec un autre cours d'eau, le bnarbaschi(tète des sources), arrose la magni; que promenade d'Uspusi (4 . est fameuse par i. grande bataille livrée entre Justinien et Gio- I roes-Nuschirwan (ô), par la naissance du ptï~ mier cid arabe , le héros Sid-Albattal (le maitnr le champion) (G) , et par la résidence de la dynastie des Danischmends. Enfin, la forterfs* frontière de kumach , dont le nom rappelle «core l'ancien nom du pays de Gumathène (7 . ^ les bords de l'Euphrate, une des plus for,* places de l'empire ottoman , est aussi celï-br. par la toile qui s'y fabrique, que la ville voisin:. ErsenHschan , par ses brebis, et Baiburd \w la beauté de ses femmes.

Pendant que Timurtasch portait de ce cùtr ses étendards victorieux jusqu'à l'Euphrate qui avait été si longtemps la limite nature: des Romains et des l 'erses. Bajesid tombait «r la Grèce comme la foudre. I/évêqucde PhoLiv doublement traitre à sa patrie et .î sa foi . Invita à quitter son quartier de Karafcria v lierai» où il construisait une mosquée (8), pour vrnrr

(1) Mannen , vi , 2 , p. 317, et Dscbihannuma, p. 61

(2) Jbul., p. m ; Saint-Mat Un, Mémoires «or l'An* nie , i , 5 , p. 200.

(3) Dschibannuma , p. 599.

(5) En 572.

(fi) Ewlia est très-circoDStaucié , et Dschihannusu

(7) Ammien Marcellin, xviu , 9.

(8) Seadeddin, dans Bratutti , p. 192.

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