‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 60 sur 297 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

ins niellade. Connaissant le goût du sultan Mir la chasse , il lui dépeignait la Grèce comme îe magnifique réserve peuplée de grues, Jouissante de verdure ( I ). Bajesid s'avança en icssalie dont il occupa les villes principales: nischehr, l'ancienne Larissa; Tirhala ou Triila, autrefois Trikka (2), déjà conuue sous ce •m par les guerres des Romains avec Philippe ï Macédoine, et par les talents stratégiques

* Boëmond et d'Alexis Commune , qui , dans i défilé voisin , s'efrbreèreut mutuellement de

• surprendre (3) ; Domakia (aujourd'hui Dœenek ou Domeniska) (4), abandonnée par son •igneur le duc Kernaios, qui prit la fuite; Paas (aujourd'hui Badradschik), dans une plaine î pied des montagnes locriennes (ô) ; enfin harsale , appartenant comme Domakia à la faillie des Kernaioi , Pharsale, si fameuse dans histoire par deux batailles décisives . dans lesuelles Philippe, roi de Macédoine, fut abattu ar Quinctius Flaminius et Pompée par César, >niba sans coup férir au pouvoir du eonquéuit. Ce fut aussi sans avoir à forcer d'obstaes que Bajesid , comme autrefois Alaric avec s Coins, pénétra dans l'immortel défilé des tierraopylcs, saas prendre la peine de tourner ennemi, comme les Perses l'avaient fait à l'éard des l-acédémoniens et les Romains à égard des Macédoniens. La ville des Thcrmoyles, Seitun (6), (l'ancienne Lamia), autant il- Lstrée par le siège de Philippe de Macéoine (7) que par celui qu'Antipatcr y soutint ans la guerre apprlée du nom de cette ville (8), vra ses portes avec toute la Phocide aux Bareres conduits par l'évèque grec. Ce prélat vait accusé auprès de Bajesid la duchesse Tru- Itlufla, épouse de Delwos, duc de Delphes, l'entretenir un commerce illégitime avec le irec Strates (9) , d'opprimer horriblement les ïabitants, et d'en avoir fait périr plusieurs ; son

(1) Cbalrondyla» , h , p. 21.

(2) l.iviuft. xxxix , p. 25.

(3' AnnaComnena, 1. v, etCantac, I. n , p. 28. 14) Cbalcoodylas, |. n, p. 21 , ei Hadschi-Chalfa, Runaili , p. 101.

(5) Cbalrondyla» , I. c. Il ne faut pan confondre cette rille de Pairat avec celle qui eut en Morée (Baliabadra). (6; Mannen, I. vu , p. 610 ; Chalcondylas, l.u, p. 21. (7) Liv. xxxix, c. 23, p. 28.

'8) thodor. I. xvin , p. 13.

{*) Gnalcoodylas, l. n , p. 21.

époux , issu du sang royal d'Espagne , était mort depuis peu, et l'amant était accusé d'avoir trompé la duchesse et plusieurs autres femmes par des enchantements et des artifices diaboliques (lj. Il est possible que cette accusation ait déterminé la duchesse à aller au-devant du vainqueur avec des présents et sa fille nubile déjà fiancée, pour lui offrir ses trésors, .von pays , sa fille et elle-même. Bajesid laissa à la mère la liberté de sa personne et de sa religion; mais il accepta avec plaisir la fille et la contrée, à laquelle il donna un gouverneur (2). Maître de la Doridc , de la Ux ridc et de la Phocide, le sultan confia la conquête du Péloponèse à ses généraux Jakub et Ewrenos (3). Celui-ci parcourut l'ouest de la péninsule jusqu'à la pointe méridionale , et ravagea les cantons de Modou et de Coron (4); celui-là assiégea Argos, l'ancienne capitale du Péloponèse. Il attaqua la ville à la fois par la droite et la gauche , et pendant que les habitants se portaient tous sur le premier point, trompés par le faux bruit que la place était prise de ce côté, les ennemis escaladèrent à la gauche les murs abandonnés par leurs défenseurs | juin 1397], Les trésors de la ville furent pillés, et ses habitants au nombre de trente mille, devenus esclaves, furent transportés en Asie (5). En échange , Bajesid fit venir d'Asie en Europe des colonies turkmanes et tatares , suivant entièrement le système des conquérants asiatiques, qui, dès les plus anciens temps, ont regardé la translation de toute une ville ou de toute une population d'un bout de leur empire à l'autre bout comme le moyen le plus efficace de consolider leur pouvoir despotique. Déjà Darius avait transplanté les habitants des déserts de Barka, de Libye en Bactriane (6): les Pceoniens , d'Europe en Asie (7); les Miléniens de l'Asie Mineure à Suse en Perse (8); il avait aussi voulu transporter les Ioniens en Phénicic et les Phéniciens en lonie (9). A

(1) Cbalrondyla», I. c. .

12) Ibid., I. c.

'3) /ftirf.,p.30.

(4) Ibid

(5) /bid.t p. 31.

(6] Hérodote , I. iv , p. 204.

(7) Ibid., I. v ,p. 12 et 98.

(8} Ibid.. I. vi, p. 20.

(H) /bid.,i.\u, p. 3.

ton exemple, Bajesïd fit passer leaTurkmans | par Philippe, roi de Macédoine, avait fini

du pays de Ssaruchan, des plaines de M en nen dans le canton de Philippopolis; d'autres vinrent des contrées asiatiques du Méandre, du Scamandre et du Kaistros sur les bords de l'Axios, en Europe; et les habitants de Therma furent poussés jusqu'à Zagora et Sofia (1).

Les historiens ottomans s'accordent tous a placer aussi dans la dernière année du vin8 siècle de l'hégire [1397 ] la conquête d'Athènes (2), qu'Us nomment constamment eux-mêmes la ville des philosophes. Quoique elle n'ait été conquise d'une mauière définitive que soixante ans plus tard par Mohammed U , on ne peut cependant pas plus contester pour cette ville que pour Thessaionique son occupation antérieure par les musulmans. Quels flots d'événements se pressent entre les premiers témoignages historiques du père de l'histoire, qui appelle les Athéniens les plus sages parmi les Grecs (3), et ceux de l'historiographe de l'empire ottoi, qui ne peut refuser à leur

jouir longtemps encore d'une ombre de liber grâce à cette fameuse décision par laqoellf sénat romain rendit l'indépendance à toute Grèce (1). Sous les empereurs romains, elle ! embellie par Hérodes Attiras et par Adn même de nouveaux monuments d'architertar que détruisent en grande partie plus tard I Gothssous Alaric. Mais, avant que cette m heureuse ville eût été la proie des Gotlts.f avait subi les dévastations du roi grec Philip de Macédoine; ce monarque impie avait rav* le bois de Kynosarge, le Lycée et tout ce q pouvait reposer agréablement la vuc;iU abattu depuis les toits des maisons jusqoj pierres des tombeaux (2). Sous l'empire bru tin, la cité de Minerve fut un lieu de ralliera pour les flottes , et, après la division de cet c pire, elle forma avecThèbes un grand duri échu en partage à un noble bourguigna Othon de La Roche. De cette famille, elle ps par un mariage à celle de Gauthier de Briem Ce prince, avec sept cents chevaliers , six

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cité le nom de ville des sages! Athènes, fondée I quatre cents cavaliers et huit mille fantasà

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par Cécrops , qui y transporta de Sais le culte de Neithsous le nom d'Athèné; Athènes, dont les plus anciens habitants se vantaient d'être les seuls parmi les Grecs qui n'eussent jamais abondonné le sol paternel (4); qui , du temps d Ilion, avait envoyé à sa conquête l'homme le plus capable d'organiser une armée (5) , et avait fourni à Marathon les défenseurs de la liberté grecque (6); Athènes, où les descendants des Phéniciens, les Géphyropens (7) apportèrent l'écriture, et qui vil leurs petits-fils Harmodius et Aristogiton la délivrer de la tyrannie d'Hipparque, fils du tyran Pisistrate; Athènes deux fois conquise par les Perses, incendiée par Xerxès et Mardouius , subjuguée par les Spartiates , délivrée de ses trente tyrans par Trasybule, soumise aux Macédoniens après la bataille de Chéronée , ravagée du temps des Romains

(1 ) Chalcondylas , 1. h , p. 32.

(2) Had«chi-Chalfa , dan» ses Table« cbonolouique» , S8olak*ade,ldri«,eic

(3) Hérodote , 1. 1 , p. 60.

(4) Ibid., 1.1, p. 56.

(5) /*M*.,l.nr,p.72.

(6) /otd.,1. vi, p. 112-113.

■J) Ibid., !. v,p. 57-58.

marcha contre les Catalans, qui le battirent co plètement sur les bords du Céphissus, en B; tie. L'Attique et la Béotie restèrent en pp aux victorieux Catalans, qui, sous le titre de Grande société (de la rapine), furent pend; quatorze ans la terreur de la Grèce. Ils reo; mirent enfin la souveraineté de la maison d ragon , et les rois de Sicile firent d'Athènes gouvernement ou fief. Après les Francs et Catalans, sur le trône du grand duché s é!< la famille italienne des Aciaioli , plébéiens à f rence, tout puissantsà Naples, souverains atw en Grèce : Athènes , ornée d'édifices , devin capitale d'un État qui sétendit sur W Argos, Corinthe et une partie de la Tnessa A la seconde pri.se d'Athènes par les Turcs, s Mohammed 11, le dernier prince de cette raffut pendu d'après l'exemple que Timuru avait donné à l'égard du prince de Karantf La patrie de Solon et de Périclès , de Socratt d'Alcibiadc , où , sous les portiques et dan* jardins de l'Académie, Platon, Aristote, Zéft Épicure, enseignaient la sagesse avec tant

(1) Tit.-Liviu», c. 32.

(2) Ibid.,\. nxi,c.24.

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