‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 78 sur 297 · LIVR · texte numérisé non relu

LIVR

Inmanos-DiOgènes (1), et le petit-fils de cet Jparslan, le sultan Sandschar, aurait été renenné par les Ascs dans une cage de fer (2). 1 faut encore ranger dans la même classe d'àecdotes l'entretien de Timur et Bajesid, dès i présentation du prisonnier à son vainqueur, t leurs discussions dans le cours de la captiité, et verssa fin, quelques jours avant la mort a sultan. Toutefois a s conversations , encore i<n qu'elles, ne soient pas vraies, du moins elles que les rapportent quelques historiens jrecs, arabes, persans et turcs, peuvent trouer place ici , comme caractérisant l'esprit de époque de l'Orient , des principes de philoophie et de politique des souverains. La plus emarquable et la plus vraisemblable répétée iar la plupart des historiens turcs, quoiqu'elle le soit point accueillie par l'historiographe le Timur, Scberefeddin, est celle qui eut lieu à i première entrevue dans la tente du souveain tatare. Après que Timur eut fait assco r lajesid auprès de lui , ils se mirent à parler des liverst s circonstances de la bataille ; puis tout coup ^adressant au sultan, Timur lui dit : Toi et moi devons particulièrement rendre ;ràce à Dieu pour la puissance qu'il nous a conice. — Pourquoi cela ? demanda Bajesid. — "/est qu'il l'a départie à un boiteux comme w>i , et à un paralytique tel que toi : à moi witeux, il a donné les empires depuis les routières de l'Inde jusqu'à Siwas; et à loi les outrées qui s'étend» nt depuis Siwas jusqu'à a Hongrie. 11 est manifeste que la dominaiou du monde n'est rien aux yeux de Dieu , ar autrement, au lieu d'en investir deux inirmes comme nous, il aurait pu choisir quel- |ue créature pourvue de membres sains et vi- ;oureux. Parce que tu as été ingrat envers )ieu, que tu n'as pas reconnu ses bienfaits , il a envoyé le châtiment dont tu es frappé par ■toi, son fléau. Maintenant, mon frère Bajesid, if l'afflige point, une fois en possession de a santé, l'homme remonte rapidement à la ïrospérité. » Ensuite on apporta une écuelle de ait caillé, et Bajesid tomba dans une tristesse Mus profonde; interrogé sur la cause de cette lombre préoccupation, U raconta comment son

(t) Joanne« Scytitzeset Constantin!» Manatses. <*} Décuiene* , Hat généal., I. x , p. 257.

i VII î. 141

• protégé , Ahmed-Dscbelair, chassé de Bagdad par Timur, lui avait prédit qu'un jour il rencontrerait Timur, et mangerait avec lui du lait caillé, o En effet, dit Timur, Ahmed-Dschelair est un homme d'une grande sagesse auquel je dois rendre des actions de grâces , car, s'il n'avait pas demeuré auprès de toi , tu ne serais pas maintenant sous mes yeux. » Lorsque plus tard le harem de Bajesid eut été enlevé à Brusa, et que la tentative d'évasion détermina un trai- 1 tement plus rigoureux, on prétend que Timur, [ afin d'insulter à la passion du sultan pour la chasse, lui envoya un couple de chiens et de faucons, et que Bajesid irrité lui fit dire : « En effet, les chiens et les oiseaux ne te conviennent guère à toi, Timur, barbare et brigand; ils sont plutôt faits pour moi élevé sur les degrés du trône, filsdeMurad, et petit-fils d'Urchan. » Blessé par ses paroles, Timur aurait humilié Bajesid : dans un festin, il aurait violé les lois sacrées du harem jusqu'à se faire présenter le vin par l'épouse de son prisonnier, la princesse servienne, en représailles de l'outrage dont Bajesid s'était rendu coupable lorsque dans son défi il avait parlé du triple divorce (I). Dans la suite , quand les fils de Bajesid se partagèrent la domination de l'Asie et de l'Europe, Timur lui d; mandant si les jeunes princes le reconnaîtraient encore pour souverain , dans le cas où il recouvrerait sa liberté : « Brise mes fers, répondit le sultan, et je les aurai bientôt réduits à la soumission(2). » Mais Timur, averti par ces paroles qui trahissaient l'ambition indomptable de Bajesid. aurait répliqué : a Prends courage, Chan , je veux seulement te mener à Samarkand , et de là je te renverrai dans ton pays. » Bajesid tomba ensuite dans une mélancolie profonde qui accéléra sa fin. Selon Dschenabi, trois jours avant de mourir, il avait obtenu la liberté de son vainqueur, et lui avait adressé trois prières que Timur lui promit d'exaucer : la première de ne point exterminer sa famille, la seconde de ne point dévaster le pays de Rum , de ne point en renverser les forteresses , asiles et boulevards de l'islam ; la troisième de ramener dans leur pa-

(1) Le» fonctions remplie» parla princesse serviennese trouvent rappelées par Cbalcondytas et par Arab-Schab , ainsi que par Mobijeddin.

(2) Manuscrit , n° 139 , fol.50; Luto, p. 35.

trie les Tttares fixés dans cette partie de l'Asie ( 1 ). Nous reviendrons sur l'accomplissent? nt de cette dernière volonté, et particulièrement du troisième point, lorsque bous serons arrives à la mort de Bajesid en suivant Tordre chronologique; maintenant nous reprenons le fil des événement* de la guerre avec la bataille d'Angora.

Après la victoire, Mirsa-Mohammed-Sultan, petit-fils de Timur, nt1 de son fils ainé Dschihangir, se mit avec cinquante mille cavaliers à la poursuite du prince Suleiman, qui, entouré des soutiens du gouvernement turc, du grand vesir,de lagadesjanitschares, des beglerbegs et des subaschis, avait pris la fuite du côté de Brusa. La capture ou la destruction de ce fils aiué du sultan, et l'enlèvement du trésor de l'empire gardé à Brusa, devaient être l'objet principal de Tireur. Le souverain tatare se mit lui-même en marche avec les corps de l'armée verskutatnje. Telle fut la rapidité de la course du prince Mohammed qu'il franchit cette longue distance en cinq jours; mais de trente mille cavaliers quatre mille seulement arrivèrent aux portes de Brusa (2), et le prince ottoman avait tellement précipité sa fuite, que déjà il avait atteint les rivages de la mer.

Au pillage et à l'incendie de Brusa, se renouvelèrent toutes les horreurs qui signalaient la conquête tatare : les écoles et les mosquées furent converties en écuries; le harem de Bajesid, ses épouses et ses filles, la fiancée de son fils Mustapha, la fille d'Ahmed-Dschelair,les princes captifs de Karamanie, les trésors de l'empire , la vaisselle d'or et d'argent , les riches étoffes, les précieux vêtements et les joyaux, que, dans sa précipitation, Suleiman n'avait pu emporter, tombèrent entre les mains des Taures. Après que le trésor public eut été inventorié et entièrement vidé par les secrétaires de Timmr, la ville fut livrée au pillage, puis réduite en cendres. Les protégés de Bajesid, Ahmed-Dschelair et Kara-Jusuf , de la dynastie du Mouton-Noir, étaient déjà parvenus à s'échapper, le premier vers Bagdad, et l'autre à Kaisaarije; mais le grand acheich Mohammed -

(t) DKbeHtbi, p. 161 ; 4*n* la traduction de Podesta.

(2) 8eberefeddin, I. ▼ , ch. 5t , p. 26.

, Bochari, avec les deux plus profonds savant

I du temps de Bajesid, le légiste Schemseddii. Fenari et le grand commentateur du Korar Mohammed - Dscheseri , furent atteints dan leur füile, et amenés devant l'émir Nureddin grand maître de la cour du prince et s*oam neor de Brusa, qui les délivra de leurs lien» et leur donnant les plus grands témoi^na^ d'honneur , les envoya auprès de Timor , à fcotahije. Déjà il a été question du scheich Ro-

j chari (1), ainsi que du mufti Fenari, dont k premier avait su gagner l'amour de la sœur <;• Bajesid et obtenir sa main. Dscheseri est on prodige dans la science de commenter le Koran.

; comme Firusabadi, l'auteur du grand dfciioo naire arabe, qui a été imprimé en même tem^

! à Constantinople et à Calcula, est un oolos>c

' dans la philologie. Ce dernier, né en Perse, i Firusabad, clans ses voyages entrepris on pn avant la guerre entre Timur et Bajesid, avait reçu de ces deux princes les offres les plu

I brillantes pour se fixer à leur cour; et eonns il avait décliné cet honneur, tous deux Faraieai comblé de présents (2). Timur accueillit au» les trois savants ottomans avec distinction . h les pressa de changer le séjour de Brusa poacelui de Samarkand ; Bochari et Fenari s'en défendirent, Dscheleri accepta l'invitation: dans la suite, il fut envoyé d'abord en araha< sade en Egypte (3); plus tard, le grand moilarie Timur étant mort (4), il occupa sa place, et am mariages des petits-fils et des pet ites-hilesdt

! l'empereur, à Samarkand, ce fut lui qui lut k>

! articles des contrats.

Le prince Mohammed, après avoir été jokt

j à Brusa par le reste de ses treute mille et

1 valiers, envoya dix mille hommes à Nicéc, sou les ordres du prince Ebubekr, son cousin, « détacha l'émir Sewindschik avec une division, le long du rivage de la mer, vers kemiik, afin de continuer la poursuite du prince Snleimai Nicée et kemiik ,» qui, depuis les croisades avaient échappé à de pareils désastres, forest livrées au pillage des Ta tares, qui les renver-

| (i) Seadeddin et Aalt donnent la bioßraphte décati* de Bochari.

(2) Voy. Scbakaikuo - Naanmantje et biographie àt Firutabadi , dans l'édition de Conslantinople.

(3) Scberefeddio , I. v, cb. 54 , p. 36.

(4) Il s'appelait Abdoldichebar.

Page 1