‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 89 sur 297 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

ir santé, à leur prospérité, et leur dit en les ogédiant : « Rapportez à vos maîtres, que je une la paix à tous (1), et que je l'accepte $c us. Que le dieu de la paix châtie les violateurs la paix! » Avec les Vénitiens, il conclut un lité pour la sûreté de leurs colonies ; le né- »cia'eur fut Francesco Fosca:i, qui avait issi amené la paix avec les Grecs (2); avec les fusains fut renouvelé le traité de protection, us la condition que les guerres des Turcs ^pourraient troubler le rejios de cet État libre ù reconnaissait leur suzeraineté (3).

Alors Mohammed put s'élancer en Asie oft la pturedela paix par le prince de karamanie , la révolte de Dschuneid réclamaient impéeusemeut sa présence. Pendant la campagne ntre Musa, le prince de Karamanie avec «tes ses forces avait paru devant Brusa, qu'il essa très-vivement et qui fut défendue vailminent par Aiwas-Pascba (4). Les assiégeants sayèrerit de détourner le cours du Biuaridschi qui entour.iit presqu'enlièrerncnt la Ue, et <|c m|ner le chàleau. Aiwas-Pascha p»u$sa les mjneurs au moyen du feu , et fit 'vigoureuses sorties sur les ouvriers qui youient creuser un nouveau lit au fleuve (5). ; prince de Karamanie saccagea les faubourgs les édifices des environs ; afin de v nger la ort de M>n nèrjc qui , fait prisonnier sous Ba- 4d. avait jélé exécuté par TirnurtascU, il terça sa fureur sur le tombeau du sultan, fit niler les ossements, et répandre les cendres i vent (6). Tandis qu'il incendiait les musses c(t vidait les tombeaux, arriva le cortège mébre amenant les restes de Musa pour les ■poser à Kaplidsche, contre la mosquée de »u aïeul jjtlurad 1er. Alors Y ennemi qui assiérait la résidence des sultans, qui violait leurs lubeauXj fut saisi d'une terreur panique : soit i'il s'imaginât <jue le convoi était suivi de

(I) Duca», I. xx , p. 53.

(*) LaoRier, Hinioirede Venise, |. xi, t. t , p. 425. (3, Histoire de Raguse , parEngH, p. 167. Seloo Gebirdi. P- 531 , ce ne fut qu'en J4U5de .^sus-Christ, fiyaf , ou km, au £Uas eu im» »eui e* même

(5; Seadeddin, dans Bratutti, p. 333 ; ldrU, xxivcréi; New^ri , fali , jjfooUrijiade, manuscrit de ta bibliofqxu impériale ei royale ,o° 139, fol. 58. (6) Duca», 1. xxi, p. 57.

près par Mohammed, qui allait châtier impitoyablement les outrages faits à la dépouille de son père , soit que le remords, tourmentant son esprit, donnât à la soudaine apparition du cadavre de Musa un caractère de vengeance divine, le prince de Karamanie, après avoir incendié les faubourgs, s'enfuit à loute bride, et l'un de ses fidèles compagnons ayant osé lui dire : « Si tu fuis devant les Ottomans morts, comment donc tiendras-tu tète aux vivants ? » il punit l'audace de ces paroles en faisant étrangler celui qui les avait prononcées ( 1 ).

Arrivé en Asie , Mohammed se dirigea d'abord vers Pergame, sommant le rebelle Dschuneid d'évacuer le pays. Celui-ci, loin d'obéir, se fortifia dans toutes les villes. Mohammed emporta d'assaut Kyiuc. l'ancienne cité éolienne, fit passer tous les soldats par le tranchant du sabre, mais donna la liberté à tous les habitants. De là, il descendit dans la plaine de Mainomenos, où se trouvait une forteresse que les Grecs appelaient du nom de l'Archange, et les Turcs, Katschadsehik. Il l'emporta également, ainsi queiNymphéon ('2). Le commandant était l'Albanais Audulas. gendre de Dschuneid , esclave que ce chef avait attaché à lui par de tels 1 ens, pour insulter le vesir de Mohammed , né aussi en Albanie, Bajesid- Pascha, qui, tandis que son maître était encore en Albanie , avait recherché la main de la fille de Dschuneid. Lorsque l'envoyé chargé de faire cette demande eut rempli sa mission , Dschuneid se tournant vers Audulas : — « Qui es-tu, lui demanda-t-il ? — Ton esclave, seigneur. — Où es-tu né? —En Albanie.»— Alors, avait dit Dschuneid aux grands qui l'entouraient , je déclare libre l'esclave albanais, et je lui donne ma fille pour épouse. Mais toi, continua-t-il, en s adressant au messager du vesir, fais savoir à (on maître que je me suis choisi moi-même pour gendre un esclave albanais comme lui, mais ayant sur lui l'avantage de la jeunesse et de la prudence. >< Pour venger cet affront, Bajesid réduisit à l'état d'eunuque son rival Audulas, tombé entre ses mains ÇA). Mohammed parut dans les murs de Smyrne, que Dschuneid avait fait fortifier d'une

(1) Seadeddin, dansBraluUi , p. 334; Idris, Kescuri. (2j Ducas , 1. xn , p. 57.

manière extraordinaire, où ii avait laissé son frère Bajesid , sa mère et ses enfants: là il trouva le grand maître delthodes,qui avait relevé malgré Dschuneid le château des chevaliers ruiné par Timur ; l'i il reçut les maîtres des Iles, et les princes des contrées voisines de l'Asie Mineure , qui , attirés par sa douceur et sa bonté , ou poussés par les violences et les brigandages de Dschuneid , arrivaient de tous les points , par terre ou par mer, pour rechercher son amitié, et solliciter son assistance.il vit arriver ainsi les seigneurs génois de Phocée , de Mitylène et de Chios , les pritices de Kermîan , Tekke et Mcntesche , et même le grand niatlre de 1 ordre de Saint-Jean. Il accueillit gracieusement leurs sollicitations et leurs offres de service pour la destruction de la puissance de Dschuneid. Le dixième jour du siège, la mère, l'épouse et les enfants de Dschuneid vinrent se jeter aux pieds de Mohammed, implorant sa clémence. Il leur accorda leur grâce, moyennant la remise de la ville, dont il rit raser les tours et les murs ; la tour même que le grand maître avait construite à l'entrée du port fut démolie en une nuit. Le matin , le grand maître parut devant le sultan , et lui représenta que le château avait été élevé aux frais de Tordre , alors qu'Aidin dominait encore sur le pays , et que sa destruction entraînerait la guerre avec le pape, et amènerait des flottes et des armées ennemies. Le sultan écouta tranquillement les menaces du grand maître, et lui répondit , toujours avec le même calme : a Je voudrais être le père de tous les chrétiens dans le monde entier, leur accorder â tous des prêsentset des honneurs: car il convient au pouvoir suprême de récompenser les bons et de punir les méchants; mais il me faut aussi consulter le bien de mes propres sujets et prendre en considération ce que beaucoup de musulmans attendent de moi. Quoique Tiînur ait dévasté toute l'Asie, il s'est acquis , în'onl-ilsdit, un titre à la reconnaissance par la destruction du château de Smyrne : car dans cette retraite tous nos esclaves échappés trouvaient un asile assuré ; mais les hommes libres qui voyageaient sur terre ou sur mer y étaient traînés comme esclaves, en sorte que les chevaliers et les Turcs étaient en état de guerre continuelle. C'est pour cela que Timur, d'ailleurs tyran impie, fut loué de cette mesure.

Maintenant veux-tu que je sois plus impie qw ce tyran? Mais, pour te satisfaire sans cootnrier les désirs des musulmans , je t'assignai: un autre lieu dans le territoire de Mentestfcr où tu |M)iu*ras construire une forteresse selon t> volonté. » Sur la demande du grand maître qut | ce lieu fût fixé dans les États du sultan, et me dans un pays étranger, Mohammed répondt: « Ce que je te donne est â moi , car le prince dt Mcnlesclie relève de mon pouvoir (I).»PujO congédia le grand maître et les seigneurs grnois de Phocée, de Milylèue et de Chios. H ; accorda aussi , à la prière de la mère à j Dschuneid , la grâce de ce rebelle qui vint * soumettre comme vassal. Il confia l'administralion de Smyrne à Alexandre Sisman , fils du w servien Lazare , qui , s'étant fait moslim, aval déjà été investi du gouvernement de Ssan* zun (2). Lui-même se prépara à marcher ta personne contre le prince de Karamanie, pour châtier la violation de la paix, et les dévasi* tions de Brusa.

De la première station d'AineguH, Mohan>med adressa une lettre au sultan d'Égypte. afii d'établir avec lui des relations d'amitié ; et pis tard ce souverain répondit à cette avance p* une solennelle ambassade (3). Le sultan ou» man invita lsfendiar , prince de Kastemoni.i lui envoyer son fils Kasim-Beg avec des troupft auxiliaires, et le prince de Kermian Jakub-Begà faire disposer les routes militaires par Sidighasi, selon la direction qu'il voulait suint pour marcher sur la Karamanie (4). Akschehr. Begschehr, Sidisschehr, et d'autres places* rendirent sans difficulté; Konia fut assiégée. A la paix rétablie avec la Karamanie [1414]. Mohammed se tourna vers le nord , afin d'incorporer aux États ottomans Dschanik , sur la cote de la mer Noire. Tandis qu'il était arrêté en ce lieu, le prince de Karamanie rompit encore la pan, et Mohammed mena de nouveau son armée ver le sud , résolu à poursuivre le rebelle sans relâche (5). A Angora, il fut surpris par une n*

(1) Ducas, I. xxi, p. 00.

(2) Voyage de Schiliberßer ; Munich , 183, p. 30, ■* (3J Le n° 138 dans la collecüon de Feriduo, et ürt-

poo«e, n° 139.

(4) Seadeddin, dan» Bratutti , p. 336 ; Idrit, xxn* « cit de Mohammed 1 ; Aali , ^solaksadc , Nesdiri , foU*

(5) ibid.

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