‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 98 sur 297 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

ÉXEMENT DE MUR AD II. — TRIOMPHE SUR LE PRÉTENDANT MISTAPH4, AVEC L'AIDE DES GÉNOIS DE PHOCÉE.— BATAILLE DXLUBAD- — FIN DE ^INTERPRÈTE KORAX. — QUATRIÈME SIÈGE DE CONSTAN- T1KOPLE PAR LES TURCS. — FIN DO TROISIÈME PRÉTENDANT MUSTAPHA. — IRRUPTION DES TURCS DANS LE PÉLOPONÈSE ET l'ALBANEC. — MARIAGE ET RENOUVELLEMENT DE LA PAIX DANS LES ÉTATS LIMITROPHES DE NORD EN ECBOPE. — DERNIÈRE RÉVOLTE ET FIN DE DSCHUIMEID. — GUERRE DE BABA MAN IE. — LEGS DO PB1NCE DE BEB MI AN. — PAIX AVEC LES HONGROIS ET LES SERVIENS. — EXTERMINATION DES TOBBMANS. — CONQUETE DE THESSALONIQOE. — PRINCES QUI DOMINAIENT EN GRÈCE A CETTE ÉPOQUE. — PAIX RENOUVELÉE AVEC LA HONGRIE ET LA SERVIE. — GUERRE AVEC LA BARAMANIE ET LA HONGRIE. — CONQUETE DE SEMENORA , ET SIÈGE DE BELGRAD. — CAMPAGNE OHUNYAD. — HUMANITÉ DE ML HAU. — SON ABDICATION.

Murad parvint au pouvoir suprême à l'âge '■ dix-huit ans ( 1 }, sans avoir à rougir le trône i sang de ses frères , sans se couvrir de honte i les livrant aux mains de l'empereur grec : t deux frères aines, qui l'avaient précédé ids le gouvernement d'Amasia , étaient morts i vivant même de leur père ; deux autres plus unes périrent dans la suite de la peste. Il prit «session de la souveraineté en arrivant d'Auia à Brusa , et se fit ceindre l'épéc par le *aud scheich Bochari ou Emir-Sultan, gendre ■ m aïeul Bajesid (2). Les janitschares déh nt devant lui dans le palais, en lui prévaut leurs soumissions; le cadavre de son te fut déposé dans le tombeau contre la mosik Verte, et le deuil dura huit jours (3). Des ivoyés se rendircut à la cour des princes de îramanie et de Ment esche, auprès du roi >i- Mnond et de l'empereur pour notifier l'avéneent au trône , et renouveler les traités exis-

(t) Hélait ié, an de ïbéfire 806 [1403] , monta sur Woeeo824 [1421], abdiqua en 847 [1443], reprit te IUTWr pour b deuxième loin, aprè» «ne année, en 818 «41. y rraoïum de nouveau, aprèa la baiaiUe de irna, monta pour la troisième Toit sur le trotte, deux J" >Pfe» , pour gouverner jusqu'à sa mort, en 8*5

- Aili.fol. 70;SiOlaW»ade,fol.35.

W)Due»,|.rau,p,72.

I tant avec son père (1). La paix fut jurée avec la karamanie (2); une trêve de cinq années fut conclue avec la Hongrie (3), après qu'une partie de la Transylvanie eut été ravagée par le fer et par le feu , et que les magistrats de Kronstadt eurent été emmenés en captivité (4). Avant l'arrivée des envoyés de Murad à Conslautinople, le paléologue I achynes, et Théologos Korax, dont il a déjà été question, avaient été députés par Manuel auprès de Murad , pour lui demander l'accomplissement de la dernière volonté de son père au moyen de la remise des fils puînés du dernier sultan , menaçant en cas de refus de proclamer comme souverain de la Turquie européenne l'héritier du trône turc tenu jusqu'alors en élal de réclusion, Mustapha, fils de Bajesid , auquel bientôt se soumettrait

| aussi la Turquie d'Asie. Bajesid- Pascha répondit au nom du sultan «qu'il ne convenait pas , et qu'il était contraire aux principes du prophète, que des fils de musulmans fussent élevés chez les giaurs(6); que son maître priait

(1) Dum, I. mu, p. 72.

(2) Jbid.

(3) Knp,el , Histoire de Hongrie, p. 802.

(4) Schwandlner, 1. 1, p. 8»; Pray de Windet, dani Katona , I. xu , p. 373 , et Engel , Histoire de Valacfate, p. 165.

(5) Duca» , 1. xxm, p. 74.

l'empereur de renoncer â cette tutelle, et de maintenir la paix et l'amitié , à laquelle le sultan était prêt aussi à donner la sanction de son serment. »

A cette nouvelle, Manuel prit le parti de soutenir Mustapha, gardé al. em nos, et son conseiller Dschuneid : il fit partir Démétrios- Lascaris-Leontarios , le même qui avait d'abord accueilli le prince comme fugitif a Thessalonique, et avait refusé son extradition à Mohammed, avec dix galères bien montées, le chargeant de prendre Mustapha et Dschuneid à Lemnos, de les mettre en liberté, et de les transporter sur le continent d'Europe. Mustapha jura de rendre à l'empereur Gallipoli et au nord de Constantinople tout le littoral jusqu'à la Valachie, au sud les villes de Thcssa lie jusqu'à Erysos et au mont Athos (1). Après la conclusion du traité sanctionné par des serments, Demetrios débarqua avec Mustapha et Dschuneid devantGallipoli.Beaucoupd'habitanls de la ville et de la campagne environnante coururent joindre Mustapha , et lui rendirent hommage comme au véritable héritier du trône; mais la garnison se déclara hautement pour Murad, et refusa de remettre le chàtea i. Alors Mustapha marcha avec la foule de ses partisans, grossissant à chaque pas , vers le promontoire de l'Athos appelé Hexamilon ; et Demetrius l^ontarios revint jeter I ancre devant Gallipoli, qu'il assiégea (2). Au premier avis de ces mouvements, les vesirs de Murad, Ibrahim et Aiw.is-Pascha, qui dirigeaient encore le jeune souverain , l'engagèrent à envoyer en Europe Bajesid-Pascha (3), dont le pouvoir et l'influence avaient excité leur envie et leur haine, pour conjurer l'orage qui s'avançait en grondant. En vain Bajesid-Rischa et les trois fils de Timurtasch (4), auxquels le sultan Mohammed avait conféré la dignité de vesirs ou de paschas à trois queues, opposèrent des représentations â cette opinion; obligé de céder aux deux autres vesirs (Ibrahim et Aiwas), Bajesid déclara qu'il était prêt à se sacrifier au service

(1) Ducas, I. mv , p. 78; Chalcoodylas , 1. t, p. 70; Phrauzes , i , p. 38 , édit. d'Aller , p. 26.

(2) Ducas , I. IXIT, p. 79.

(3) Phranzes, i,39.

(4) Urudscb-Beg , Ali-Beg , Seadedditt , dans Bratutti, L il , p. 2,

de son souverain, et pria seulement le sulla de remplir après sa mort un legs de cinquante mille aspres en faveur d'Umur-Beg , fils M de Timurtasch, le plus fidèle et le plussag« serviteur de Murad (1). Puis il se mit en rar avec quelques bâtiments et de faibles éqœpages , pour passer en Europe , dirigea sa marche vers Anrlrinople, où il rallia toutes lr> troupes de la Rumili , composant une force d' trente mille hommes, et campa dans une plaine marécageuse, en vue de la capitale europeennt de l'empire (•-'). Mustapha, après s'être fortifié i Seres et à Jenidsche par l'accession de* fil* d'Ew renos, d'Urchan-Beg, Kumliogbî et d'autres grands possesseurs de terres (3; , marciu I au-devant de l'ennemi, passant par un gre* : bourg nouvellement bâti et peuplé (4\ d I entra dans la vallée de Saslidere. Lorsque deux armées se trouvèrent en présence, Mustapha s'adressant aux soldats de Murad. lesr cria qu'ils ne devaient pas lui refuser obé> ! sance, lui qui était le véritable héritier d« trône; et aussitôt toutes les troupes de Murai, frappées comme par une puissance magique, passèrent du côté de Mustapha; Bajesid-Pascbi et son frère, Hamsa, furent saisis et chargé^ fers (5). Mustapha permit à son vesir Dschuneid de se venger sur Bajesid de la castrat» de son gendre Aubulas : Bajesid fut décapité en présence de Dschuneid , qui lui crû au moment du coup fatal : «Te voilà donc, misérable, si grand maître dans l'art de la castration (6) ! » Au frère de Bajesid , Hamsa-Beg. Dschuneid accorda la vie, ne se doutant pas qu'il payerait cher un jour cet acte de clémence. A la nouvelle d'un tel triomphe, la garnison dt Gallipoli s'était rendue à Demetrius Léontarios, et déjà il allait introduire des armes et des munitions dans la forteresse, lorsque Mustaphi paraissant tout à coup, dissipa tous ses beaoi rêves de conquête. «Ce n'est point pour rem-

et) Idris, premier prolégomène au règne de M* rad Ier.

(2) Ducas , 1. xxit , p. 81 ; Lutfi, et le manuscrit* a bibliothèque impériale et royale , o° 139 , fol. 64.

(3) Idris.

(4) Ducas, I. xxiv , p. 81.

(5) Ibid.t p. 84. Selon Idris , Seadeddin , Aali.S»laksade , Bajesid- Pascha , passa lui-même à Teinterai.

(6) Ducas, I. xxiv, p. 84.

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