LIVRE IX
n derwisch; le jeune garçon , accablé de fa- | expédient si bien exécuté pour cacher la mort igue et tourmenté de vives douleurs, ne pou- du sultan. L'histoire a aussi conservé le souveant plus se soutenir sur ses pieds, il I aurait nirdeson gouverneur Ssofi-Bajesid, à cause de x»rlc sur >on dos, et eu reconnaissance d'un tel la fuite si heureusement dirigée après la balévouement et de si grands services , Moham* taille d'Angora , et de sa double ambassade oed, durant tout son règne, l'aurait in vesli d'une auprès de Timur; et la mémoire du professeur uitorité absolue dans le gouvernement (1). Le des princes ses enfants, le Syrien Arab-Schah, troisième vesir de Mohammed , successeur d'I- à cause de sa biographie du conquérant , écrite brahim-Pascha et de Bajesid-Pascha, fut Ai was, par ce grand maître , fameuse dans tout TO- Ausou Elias-Pascha , le vaillant défenseur de rient comme un chef-d'œuvre de composi- Brusa contre le prince de karamanie, qui alors tion historique, très-bien connue aussi de tous Releva du grade de ssubaschi ou de colonel des les orientalistes européens comme un ouvrage îipahis à la première dignité de l'État. I. 'éclat d'une belle ordonnance et d'un style élégant, mi environnait le nom des trois familles de , 1-e juge de Gebyse, Paslullah , que nous avons Micbaloghli, d'Ewrenos et d • Timurtasch ho* ' déjà vu envoyé de Mohammed auprès de l'em- Qorés par des dignités mili aires héréditai- | i>creur grec a Constantinople, construisit dans res, depuis Urchan et Murad , cet éclat passa ' la ville où Turent déposés les restes d'Annibal à leurs descendants qui , servant d'abord les ' une mosquée et un couvent de derwischs , et frères de Mohammed , prolongèrent la durée de j fut , à cause de ses services , élevé du poste de l'interrègne par leur assistance, et en amenèrent i juge à la dignité de pascha. D'autres légistes ensuite la fin en passant du côté de Moham- honorèrent leurs noms et le règne de Mohammed. Micbaloghli, chef héréditaire des akind- med par leurs ouvrages. Parmi eux, nous ciisou coureurs (2), avait accompagné Hasan, ' terons Mohijeddiu- Kafledschi , le premier
grand philologue, polymalhe et polygraphe de l'empire otioman , qui eut pour disciple le dernier grand écrivain de la littérature arabe en Égypte, Sojuti , qui écrivit cinq cents volumes sous les litres les plus bizarres : celui-ci ayant un jour demandé à son maître quel était le nombre de ses ouvrages, kafledschi répondit qu'il lui était impossible de le satisfaire , attendu qu'il avait complètement oublié le sujet et le titre de la plupart ; les deux Jakob, le noir et le jaune , nés en karamanie, auteurs de traités exégétiques et de commentaires juridiques; les deux Persans , Haidar d'Herat , célèbre par ses commentaires sur le koran , sur la rhétorique et sur les partages dans les successions, et Fachrcddin-Aladschemi , fameux par le désintéressement qu'il montra en refusant une augmentation de traitement dans ses fonctions de mufti, et plus encore par son fanatisme lorsque plus tard , sous le règne de Murad, il
ajja des janitschares , Ewrenos , begh rbeg de Ruraili, le prince aîné Suleiiuan fuyant de la bataille d'Angora. Timurtasch, beglerbeg d'Anatoli, fan prisonnier dans la bataille d'Angora, après la mortde Bajesid, consacra ses services au prétendant asiatique, le prince Isa, et plus tard il sera question de ses fils Ewrenos et ses cinq fils désignés nominativement par Chalcoudylas (3), quittèrent Musa pour le parti de Mohammed; mais les deux Micbaloghli embrassèrent des partis divers , car le père combattit dans l'année de Mohammed, tandis que le fils Mohammed-Beg , resta fidèle à Musa, et après la perte de la dernière bataille, fut envoyé captif à Tokat (4); un second fils, lachschi-Beg, fut émir des caravanes de Rumili(o). .
Les médecins de Mohammed ont perpétué leur nom, le premier , Sinan -Scheie h i de kermian , par son poème de Chosrew et Schirin ; le second , kurt-Usen du kurdislan , par son
(1) Ducai,l.xxn,p. 70.
(2) Ibid., 1. xuii , p. 75.
(3) CbakondyU» , I. iv , édit. de Balle , p. 66. !4) Aali , fW. 53.
f5) /Wd ,tW. 54.
prêcha contre un libre penseur persan , et qu'ayant obtenu sa condamnation , il porta du bois au bûcher où devait être jeté l'hérétique, et attisa le feu avec tant de zèle qu'il y brûla sa longue barbe.
Outre le grand Bochari , gendre de Bajesid llderim , nommé aussi Émir-Sultan, qui déjà
sous le règne précédent, lors de la conquête de Brusa par les Tat ares , avait joué un rôle important , et paraîtra encore plus d'une fois sur la scène ; outre Bedreddin Simawna, qui ne fut pas moins fameux par ses intrigues politiques, son soulèvement et sa triste fin que par ses ouvrages mystiques, parmi les scheichs qui se consacrèrent à la vie contemplative, trois disciples du grand scheich mystique, Seineddtn- Chafi, ont acquis un nom durable dans trois villes diverses où Ton visite encore aujourd'hui leurs tombeaux. Le scheich Abdollatif Mokkadesi de Jérusalem ■ après avoir dans le Chorasan accompli son noviciat par plusieurs erbains (exercices ascétiques de quaranle jours), et s'être purifié sur les tombeaux des grands mystiques Ssadreddin , Mewlana-Dschelaleddin et Tebrisi a Konia, déposa son savoir dans un livre spécial, et finit par se fixer à Brusa. Le scheich Abdorrahim de Mersifun se perfectionna auprès du scheich Seineddin-Chafi et du grand mystique Schehabeddin-Sehrwerdi , obtint de celui-ci la permission de faire an cours sur ses ouvrages , et fut congédié avec ces paroles flatteuses : «Je t'envoie dans le pays de Rum comme le feu de l'amour divin. » Et ,en effet, il enflamma les habitants de sa patrie. Enfin , Pir-Elias, natif d'Amasia, avait été envoyé par Timur s Schirwan ; puis il revint dans sa patrie, où il vécut et mourut dans un renom de grande sainteté. Au-dessus de son tombeau, a Sewadije, dans le voisinage d'Amasia, Mohammed éleva un monument probablement pour satisfaire le neveu et l'héritier spirituel d'Elias, le scheich Hosameddin-Gumischlioghli ; car ce dernier, ayant un jour reçu la visite des trois fils du sultan Murad 11, avait recommandé les intérêts de l'islam et de l'empereur à Mohammed, de préférence aux autres ^1).
Après les vesirs et les émirs , les gouverneurs des princes et leurs médecins, après les ulemas et les scheichs, les poètes doivent clore la liste. Déjà il a été question du plus grand d'entre
(1) tkbakaik , Atli , fol. 6S; Seadeddin.
| eux, du médecin oculiste Scheichï deKerm que nous avons vu près du lit de mort de hammed. Les magnifiques récompenses i nées à ses services lui attirèrent des envier des ennemis , qui , au lieu de se prendre j œuvres , à ses pensées et à son style, s'ait* rent à lui-même, le dépouillèrent de sesbi
1 et massacrèrent ses gens. Cet acte de rk* brutale donna à Scheich l'idée du lim
I l'Ane , dans lequel il raconte son histoire
, classe ses ennemis dans les diverses «p d'Anes. Le sultan, qui rencontra ce livre wi main , répara les pertes du poète oculiste faire des poursuites , et châtia les autrur* vol et du meurtre. Scheichi ne comme»
traduction du poème de Chosrew et Sckirii Nisami qu'après la mort de Mohammed, et j senta à son successeur Murad 11 les chants lés à mesure qu'il les achevait. Il en fut m pensé royalement ; malheureusement la hw surprit avant qu'il eût accompli son travail, neveu Dschemalisade , poète lm-méme, qui cupait auprès du prince de Kermian la pbo secrétaire d'État (t) et de confident inti poursuivit l'œuvre de son oncle , et se fit assez grand nom lui-même comme tradiM de quelques poésies persanes élé{;iques il zides), comme auteur de quelques pièces r lées aux kaszides de Senaji , et d'un poème mantique(*2). Nureddin d'Akschehr , suroor Esheri (3) (le florissant), Dschemili, natif Turkistan (4), qui rimait des poésies èot langue de Dschagatai, selon l'ancien goôt i ne s'élevèrent pas au-dessus de la médit*' Il n'y a pas plus de valeur dans les œuvres Schiri (6), qui fut defterdar de Mohammed ! que ce prince, encore adolescent sous le reg» son père, résidait comme gouverneur a An» et auquel on doit peut-être rendre grâces* qu'il inspira au futur sultan le goût de U l» rature et l'amour de la poésie.
(1) Aali, Aawbik-Tichelebi.
(2) Aaichik -Ticfaelebî, Aali.
(3) Aali , fol. 60.
(4) Ibid.
(5) Ibid.