‹ Histoire de l'Empire ottomanChapitre 268 sur 384 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

senter tumultueusement une requête au sultan pour être payés de leur solde ; mais le motif réel était la haine du grand vesir Jegen. Sous le successeur de celui-ci, il reprit un rôle actif dans les affaires, sans imprimer pourtant toujours le mouvement auquel il tendait, parce que Villeneuve, avec lequel il était en discorde , entrava ses plans et ses projets plus souvent qu'il ne les servit. Toutefois, dans maintes circonstances ils visaient au même but, leurs intérêts se confondaient, et alors le succès était plus rapide et plus sûr , ainsi qu'il arriva dans les négociations avec la Suède , que Villeneuve et Bonneval appuyèrent tous deux de tous leurs efforts. Les ministres suédois Hœpkcn et Carbon désiraient signer le traité d'alliance proposé avant la remise réciproque des ratifications du traité conclu avec la Russie, afin de pouvoir en donner avis au résident russe au moment où les ratifications s'échangeraient. Le grand vesir, disposé par Villeneuve en faveur de l'alliance suédoise , en avait fait rédiger l'acte; mais, malgré les instances les plus pressantes des envoyés de Suède , il ne voulut pas les signer avant l'échange des ratifications dont il vient d'être question , afin de ne donner aucun prétexte à la Russie de retarder la destruction des ouvrages d'Assow ou l'évacuation de Chocim (1). Le traité fut signé le jour même où l'on apprit à Constantinople la remise de Chocim. Il comprenait neuf articles qui assuraient les relations de commerce et d'amitié entre les deux puissances; la Suède et la Turquie s'engageaient réciproquement à se prêter secours en cas d'attaque de la part de la Russie (2) [ 20 janvier 1740 ]. Ce fut la première alliance offensive et défensive formellement conclue entre la Porte et une puissance européenne; car la prétendue ligue de Suleiman-le-Grand avec le roi de France n'avait été qu'un traité de commerce et d'amitié. Le résident russe Wischniakoff fit exprimer au grand vesir, par l'interprète de la Porte , le mécontentement de la Russie au sujet de cet acte. 11 fit offrir au reis-efendi Mustafa, dont la cupidité lui était bien connue , 400 bourses pour

(1) Laugier, 1. u, p. 118.

(2) L'acte est dans Laugier , 1. u, p. 383.

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