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pressa l'envoi d'un ambassadeur, et néanmoins la courd'Espagne n'en nomma pointai ). De même qu'Alegrelti était venu à Constantinople sans caractère officiel , ainsi l'on vit se présenter un négociateur suédois , Benoît Skith, qui arrivait de Transylvanie , comme s'il allait en pèlerinage à Jérusalem; il fut revêtu d'un kaflan et reprit aussitôt la route de Transylvanie (2). L'envoyé transylvanien, Jean Boris, apporta en ce temps la nouvelle de la maladie grave du prince Rakoczy [12 avril 1652] et des présents. Cinq semaines après son arrivée, Sekel-Moses, prétendant au trône princier de la Transylvanie , mourut dans les Sept-Tours, où il gémissait depuis si long-temps (3). L'ambassadeur de France Lahaye employa sa médiation afin d'obtenir des passeports pour l'envoyé extraordinaire de Venise, Capello, qui se présentait avec une suite de quatre-vingts personnes. Le grand vesir demanda si Capello apportait les clés de Candie (4). Comme le diplomate vénitien n'avait pas mission de faire une telle concession , il n'eut pas d'audience officielle, et fut ensuite retenu prisonnier à Andrinople [16 août]. Un grande pompe au contraire fut déployée dans la réception de l'ambassadeur impérial Schmid deSchwarzenhorn, qui apportait la couQrmatiou solcnuelle du renouvellement de la paix de Sitvatorok, et de riches présents [20 janvier 16o3]. Le secrétaire de l'ambassade autrichienne était alors le fameux jurisconsulte Jean Metzger, qui avait déjà accompagné Schmid dans sa nonciature, et qui décrivit son voyage (5). Les fondions de premier interprète étaient remplies par Panajotti, qui , deux ans après, épousa une dame grecque de la maison
(1) La lettre est dans l'Inscha du rcis-cfondi Mohammed, n' 59 ,du 12 redscheb 1040 (11 juillet 1650).
(2J Rapport do résident Heninger, du 13 mai (3) Ibid.
(6) Ibid.
(5) ltinerarium, ou Description d'un vopge de Vienne à Constantinople, par Jean-Georges Metzger dcBreusacl), juris utriusqnc bludiosus, en 1(>50. Manuscrit de famille, en la possession du vice prtsidvut Melzger, baron de Metiburg.
Kantacuzène (1). Lorsque Schmid prit congé du grand vesir, celui-ci lui dit que ces pêcheurs, et ces vitriers de Vénitiens auraient dû rechercher la médiation impériale plutôt que celle de France. Dans l'acte turc de ratification , on avait encore laissé le tu adressé h l'empereur; mais à ses titres avait été ajouté celui de roi de Hongrie. Deux fois l'interprète de la cour, d'Asquier, fut expédié à Ofen pour s'assurer que l'acte turc, adressé au pascha de ce lieu, avait été convenablement rectifié. Rien ne put déterminer le pascha , l'ancien grand vesirMurad , à briser le sceau ; mais il jura par sa barbe, par ses oreilles et sa tête, que tout était régulier (2). Schmid obtint un diplôme de protection pour les prêtres de Jérusalem; ce qui fit donner à Reninger, après le départ de Schmid , les fermans nécessaires à ce sujet. Pour l'accommodement des différends relatifs aux villages des frontières, une commission fut nommée ; mais avant sa réunion , les Turcs, au nombre de trois mille hommes, firent une irruption du côté de Raab , et à Copranicz, sur la frontière Wende. Deux raille coureurs enlevèrent des hommes et des bestiaux. Metzger alla se plaindre de ces faits nu vesir d'Ofen; celui-ci répondit que Forgacs avait commencé par exercer des ravages contre Para Kan ; mais cette expédition n'avait été qu'une représaille de courses faites parles Turcs versLewenz, où ils avaient brûlé dix-sept villages (3). Toutes ces petites hostilités partielles n'entraient pas dans les volontés de la Porte, qui, occupée de la guerre en Crète et des troubles de la capitale , aurait désiré maintenir la paix sur la frontière de Hongrie.
L'insurrection d'Abasa en Asie Mineure causait aussi de vives alarmes à la capitale. Ce chei , en récompense des services rendus par lui contre Kara-Haider, avait reçu la woiwodie des Turkmans d'Anatoli ; mais ensuite la décision arbitraire du tout puissant aga et de Ghodde-Kiaja la lui avait fait retirer, pour en investir Ak- Ali , ancien chef
\1) Rapport du résident Rcningtr, du 81 juillet
(î) Relation de Schmid et Rapport de Reninger. (S) lxïUre de l'empereur à Reningrr, où ces plaintes sont exposées, 1" novembre ICO 2.
de brigands, comme Abnsa. Ce dernier, ne trouvant aucun appui pour obtenir justice à Constantinople, leva l'étendart de la révolte dans l'Anatoli, pilla, entre Rerende et Boli, un convoi de chameaux et de chevaux d'une valeur de 30,000 piastres, coupa le nez et les oreilles aux janitschares qui lui tombèrent entre les mains, a Ifkani dans le sandschak de Kastemuni, et attira dans son parti un vieux rebelle, nommé Kulcoghli. Mais celui-ci , blessé dans un combat par Suleiman de Boli , vaillant guerrier, fut mené devant le grand vesir, où il tenta vainement de s'excuser, et fut pendu. Deli-Hasan, surnommé Benli , charge par la Porte d'aller combattre Abasa-Iiasan, planta ses drapeaux à Skutari. Dans la nuit ses troupes passèrent du côté des rebelles, et dès le matin les habitants de la ville lui demandèrent ironiquement ce qu'étaient devenues ses queues de cheval. Ipschir- Pascha , qui reçut ordre de marcher contre Hasan-Abasa, n'agit qu'avec lenteur, par ancienne affection pour le rebelle ; en conséquence , on l'envoya à Bagdad remplacer le gouverneur qui avait été tué par ses troupes, et l'on nomma comme serdar contre Hasan, Katirdschioghli, ancien rebelle lui-même, maintenant gouverneur de Karamanie. Abssa , qui se trouvait à Sila , marcha contre Katirdschioghli, le vainquit près d'Akserai , et le contraignit à se replier sur Konia. Le Kurde Merdaseni-Mirsa-Pascha, qui s'était glorieusement signalé dans les guerres cootre les Persans, et qui, après avoir sollicité une situation honorable à Constantinople, y était tombé dans un état voisin de la misère, quitta enfin la capitale avec Nesemi-Efendi, defterdar déposé de Karamanie , le sipahi Jegen-Beg, tous deux mécontents comme lui de l'aga tout puissant Suleiman. Celui-ci , craignant qu'ils ne passassent dans les rangs d'Abasa-Hasan , envoya à leur poursuite le pascha déposé de Wan, Emin-Mohammed , le beg d'Ochri et quelques agas avec des troupes, qui les atteignirent à Lefke. En vain Merdaseni prétendit que pour aller trouver Abasa-Hasan ils auraient pris la direction de Sabandscha, au lieu de passer par Lefke ; les agas les attaquèrent. Merdaseni-Mirsa perça de part en part un des assaillants; mais, enfoncé ensuite avec son cheval dans un marais, il lui fallut