‹ Histoire de l'Empire ottomanChapitre 332 sur 384 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

tous les villages dépendant des trois forteresses nouvellement construites de Michael* Grod, Archangel-Grod, Elisabeth-Grod, dévastés. Pendant quatorze jours, le chan parcourut ainsi , tambour battant, enseignes déployées, les provinces méridionales de la Russie, massacrant et brûlant tout ce qui se trouvait sur sa route ; il s'avança jusqu'au faubourg d'Isum au bord du Doneck, et parvint à Kauschan juste un mois après son départ de Balta. Dès le commencement de cette expédition destructive, il reçut un prince caucasien, frère du souveraiu des Lesghis, qui lui offrit trente mille hommes pour appuyer ses opérations et celles de la Porte. Pour prix de ce secours , le prince . reçu précédemment en audience par le sultan et par le grand vesir , avait demandé que les districts dont les Lesghis parviendraient à chasser les Husses lui fussent abandonnés à la paix. Tott s'est complu surtout à décrire celte campagne des Tutares , à laquelle il assista partageaut la table du chan : sa nourriture se composait de viande mortiûée sous lu selle , d'une boisson fermentée avec du lait de jument, de jambons de cheval fumés, de kaviar,de butargue, etc. Toutefois, en raison de sa qualité d'hôte, on lui présentait du Tokay dans une coupe d'or. Il avait pour vêtement des fourrures de loup blanc de Lapooie doublées d'écureuil de Sibérie , et logeait sous une tente à laquelle le chan donnait en plaisantant le nom de maison tatare; celle du prince , garnie d'étoffe cramoisie, pouvait contenir soixante personnes ; tout autour étaient rangés douze logements des officiers de sa maison , et ces treize tentes étaient protégées par un mur de cinq pieds d'élévation. Du haut d'une butte en terre , le chan pouvait saisir d'un coup d'œil toute son armée disposée en vingt colonnes, au centre desquelles se dressait son pavillon. Quarante escadrons lo précédaient , forts de quatre cents cavaliers rangés sur quatre hommes de profondeur. Le grand drapeau du chan (t) et les deux étendards verts flottaient confondus avec les drapeaux des Cosaques Inads , qui, depuis le règne de Pierre-

{l) Non pas celui du prophète, comme le dit à tort Toit, p. 140.

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