LIVRE
du partage de ce dernier royaome faite pour la première fois à l'Autriche par le sultan Mustafa , le traité de subsides conclu avec l'Autriche, sont des attestations de l'inflence croissante de la diplomatie européenne qui depuis le commencement du dix - huitième siècle voulut débrouiller le chaos de l'administration ottomane, jeta ainsi le germe de nouvelles réformes et de nouvelles institutions qui plus tard se développa sous le nom de Nisami-Oschedid; mais cet ordre nouveau , au lieu d'affermir l'empire ottoman, 1'ébran la jusques dans ses fondements. Les plus violentes secousses vinrent du dehors; les plus rudes coups furent portés par la paix de Kainardsche qui établit la prépondérance de l'influence russe. Il y avait donc un motif légitime et raisonné dans l'opposition qu'opposèrent vainement à ce traité les ulémas, seul corps constitué de la société ottomane , qui exerce une action si puissante dans les mouvements de la machine politique ; car c'est de ce traité que sortirent tous les maux apportés du dehors sur l'empire , et qui , joints aux vices énormes de l'administration intérieure , amèneront de toute nécessité la dissolution de l'empire , sinon en Asie , du moins en Europe. La responsabilité de cet acte, désastreux doit retomber principalement sur le grand vesir, Muhsinsade, dont l'incapacité militaire et le désir immodéré de la paix le conduisirent à des fautes déplorables; il finit par nommer pour premier plénipotentiaire le resmi Ahmed, renégat grec, dont la vénalité était de notoriété publique. Au reste , Muhsinsade ne survécut pas plus de quinze jours à la consommation de cette œuvre; il mourut subitement à Karinabad, sur la route de Gonstantinople , sinon empoisonné, comme on le croit généralement, du moins fort à propos pour les ministres de la Porte restés à Conslantinople , qui, l'ayant autorisé à traiter, craignaient que s'il était appelé à rendre compte de sa conduite, il ne rejetât sur eux la honte des actes signés à Kainardsche. Un grand enseignement pour l'humanité, une noble vengeance dans l'intérêt de la morale publique , c'est que la