‹ Histoire de l'Empire ottomanChapitre 56 sur 384 · LIVRE LV · texte numérisé non relu

LIVRE LV

RELATIONS DIPLOMATIQUES AVEC L'AUTRICHE , GÈNES, LA TOSCANE , LA FRANCE, LA RUS- SIE. — UNE CAMPAGNE EST RÉSOLUB CONTRE LA CRÈTE. — MAGNIFICENCE DU SULTAN. — SON AMOUR POUR LA CHASSE. — LE JCIF MOSES SABATHAI ET UN KURDE APPELÉ MEHDI SONT DÉMASQUÉS. — TROUBLES A BASZRA ET EN ÉGYPTB. — CATASTROPHES. — EFFET

> DES PRÉDICATIONS DB WANI. — ÉQUIPAGES DE CHASSE DU SULTAN. — ÉDIFICES. — MA- RI AGB DE LA PRINCESSB, TANTE DU SULTAN. — RAPPORTS AVEC LA RUSSIE, LBS TA- TARES, LES COSAQUES , LBS POLONAIS, LA FRANCB, L'ANGLBTERRE , LA HOLLANDE, KAGCSB, LA MOLDAVIE, LA VALACHIB ET LA TRANSYLVANIB. — LE SULTAN SB REND D'ANDRINOPLE A LARISSA, OU IL REÇOIT DBS ENVOYÉS DE VBN1SB BT DB RUSSIB , ET D'OU SULEIMAN EST ENVOYÉ EN FBANCE. — TROUBLES A BRUSA, BOLI , ANDR1NOPLB. — RESSOURCES BT CHARGES DU TRÉSOR. — INCENDIE D'OFBN. — LE SULTAN NE SONGE QU'A LA CHASSE ET AU MEURTRE DB SON FRÉRB. — PREMIÈRE ÉDUCATION DU PRINCB HÉ- RÉDITAIRE. — MOHAMMBD A L'OLYMPB. — EXPÉDITION DE KOEPR1LI SUR CANDIE. — SIEGE ET PRISB DE CETTE VILLB.

Après le départ du comte Leslie et de Reninger qui l'avait suivi, le résident Casanova s'était efforcé de faire mettre à exécution les fermans obtenus par l'ambassadeur extraordinaire en faveur des jésuites , pour lesquels il était intervenu bien plus activement ou plus heureusement que pour les franciscains. Quand Leslie arriva de Constantinople à Ofen , il y rencontra le savant bibliothécaire de la cour, Léopold Lambeccius, envoyé en ce lieu pour obtenir, au moyen du concours de Leslie et de Reninger, la permission de visiter la bibliothèque de Malhias Gorviuus, dont la plus belle partie, quand Ofen tomba sous les coups de Suleiman, avait été enlevée par le grand vesir Ibrahim avec les statues d'airain du château , mais dont une partie plus considérable avait été conservée dans des chambres souterraines du château ( 1 ). Lambeccius y descendit avee

(ij Cryptam illam in qua bibliotbecx Corvinians reliquias aîebant adscrvari; diarium itincris Budensis 1666, parmi les manuscrits do la bibliothèque impériale et royale, n* 339, et dans les Commentaires de Lambeccius, 1. u, cap. u.

le jeune comte Leslie et l'interprète d'Asquier, et par l'intervention de l'ambassadeur il obtint quelques manuscrits de discours de pères de l'Église plus propres à irriter son ardeur de bibliophile qu'à la satisfaire [mars 1666]. A Constantinople, Casanova détermina l'envoi d'un ferman aux paschas de Neuhœusel et de Wardein pour qu'ils eussent à ne pas inquiéter les Heiduques libres. Néanmoins quatre mois plus tard les mêmes griefs se reproduisirent , et l'interprète de la cour, Mesgnien.vint trouver le gouverneur d'Ofen, qui était encore le vieux Gurdschi-Mohammed-Pascha, lui apporta des présents, et lui exposa les motifs de plainte contre les paschas de Neuhseusel et de Wardein qui tourmentaient les Heiduques libres. Mais Gurdschi récrimina contre les impériaux et leur reprocha les courses faites par Zrinyi et Nadasdy. Deux mois après, le nouveau gouverneur d'Ofen, Kasim-Pascha, envoya un aga avec une suite de trente-six personnes à Vienne notifier sa nomination [2 octobre 1666] ; une audience officielle fut accordée par le prince Gonzaga à ce messager d'un pascha si influent qui reçut pour épouse une

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soeur du sultan. Le marquis Durazzo vint cette année négocier auprès de la Porte une capitulation pour la république de dénes; il réussit dans sa mission , et, en récompense des services rendus en cette occasion par Panajotti, cet interprète fut inscrit parmi les nobles de Gènes. En môme temps un ferman fut donné en faveur du commerce des sujets du grand-duc de Toscane. Un peu avant le départ de l'ambassadeur extraordinaire de l'Empereur, était arrivé à Constantinople sur le vaisseau de guerre le César, le représentant du roi de France , M. de La Haye Vantelet, le même qui avait été bétonné par ordre de Mohammed-Kœprili. Il réclama une réception égale à celle des ambassadeurs de l'Empire et de l'Angleterre, et le grand vesir ne lui offrit qu'une escorte de dix tschauschs. Le lendemain il alla occuper sans cérémonie le palais de France [7 décerabre 1665]. Le grand vesir, qui conservait de la rancune contre la couronne de France, à cause des secours envoyés à l'Empereur en Hongrie, le reçut avec orgueil, sans se lever, et lui reprocha les intelligences de la France avec les ennemis de la Porte. La Haye se retira et fit dire au grand vesir que , s'il rencontrait un pareil accueil une seconde fois, il reprenait la capitulation et partait pour la France. Une seconde audience ayant offert la répétition des mêmes insultes , La Haye jeta la capitulation aux pieds du grand vesir. Kœprili le traita de juif, le grand chambellan l'arracha de son siège qu'il saisit pour le frapper; La Haye ayant voulu tirer son épée, un tschausch lui donna un soufflet (1). Durant trois jours La Haye resta enfermé chez le grand vesir, qui délibéra avec le mufti, avec Wani-Efendi et le kapudanpascha. Il fut convenu que l'envoyé français aurait une nouvelle audience qui serait considérée comme la première. Le grand vesir s'avança au devant de La Haye, le salua grâeieusement et lui dit en souriant : « Ce qui est passé est passé, soyons désormais bons amis. » (2)

Cependant le czar de Russie s'était adressé au patriarche grec Denys de Constantinople,

(4) Bip port de Casanova, dans laSte-R. ($) FJassan, 1. ut, p. 308.

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