LIVRE LVl
UF.TOUR DC SULTAN A ANDR1NOPLE. — INTERDICTION DU VIN. — M AIN A. — DÉLIMITATION AVEC LES VÉNITIENS. — M. DE NOINTEL A CONSTANTINOPLB , ANDRINOPLB ET ANTIPA— ROS. — DÉPUTÉS DES REBELLES HONGROIS AUPRÈS DE LA PORTE PRÉSENTÉS PAR PA- NAJOTTI. — MORT DE CET INTERPRÈTE. — AMBASSADES RUSSE, POLONA1SB, VÉNITIENNE, GÉNOISE. — LE SULTAN SUR LES ALPES DU DESPOTE. — CHANGEMENT DU CHAN DE CRI- MÉE —ÉTAT de l'église grecque. — lettre remarquable du grand vesir au chancelier POLONAIS. — MARCHE SI II CAMINIEC. —CONQUÊTE DE CETTE VILLE. — PAIX AVBC LA POLOGNE, BIENTÔT ROMPUE. — BATAILLE DE CHOC1M. — PRISE DE CHOCIM ET DE LA- DVZIN. — PERTE d'hUMAN. — REBELLES HONGROIS. — TRAITÉ AVBC LA FRANCE. — FÊTE DE LA CIRCONCISION DU PRINCE HÉRÉDITAIRE ET NOCES DU VESIR FAVORI. — AMBASSADE ANGLAISE. — LES ÉTATS BARBARESQl ES. — LES GRECS EN POSSESSION DU SAINT-SÉPUL- CRE. — FRONTIÈRE DE HONGRIE. — TROUBLES EN ÉGYPTE. — LE SULTAN A CONSTANTI— NOPLE. — PAIX AVEC LA POLOGNE. — MORT d'AHMED-KOEPRILI. —POÈTES, LÉGISTES, HIS- TORIENS. — PARALLÈLE ENTRE AIIMED-kOEPRILI ET SOKOLLI.
Nous avons laissé le sultan au moment où il se rendait en chassant de Larissa à Négrepont, et nous le retrouvons chassant encore à Livadia, où lui parvint le rapport du grand vesir, avec la nouvelle de la conquête et de rentière évacuation de Candie. Déjà depuis trois semaines la place était tombée , et la paix avait été signée avec Venise. Mais Ahmed-Kœprili craignant les vicissitudes de la fortune , et ne se croyant point assuré de la possession de Candie , tant que le dernier Vénitien ne serait pas embarqué, n'avait pas voulu en adresser auparavant le glorieux bulletin au sultan. Le kaimakam Kara-Mustafa venait de prendre congé du sultan le soir pour se retirer, quand le kiaja du grand vesir lui présenta le tschausch-baschi de Kœprili, qui arrivait à l'instant du camp, porteur du bienheureux message (3 octobre 1669). Le kaimakam déposa le rapport dans son sein et retourna auprès du sultan , qui fut tout surpris de le revoir si tard. Informé de la cause de cette visite , il voulut voir aussitôt la dépêche; mais, tout tremblant d'émotion , il ne fut pas en état de la déchiffrer lui-même, et le secrétaire intime dut
lui en donner lecture. Dieu soit loué ! dit le sultan, et il fit aussitôt revêtir de pelisses de martre zibeline le kaimakam et le tschausch-baschi ; le dernier reçut en outre vingt-cinq bourses d'argent, et fut investi d'un gouvernement avec le titre de beglerbeg. Des illuminations et des réjouissances pendant trois nuits et trois jours furent ordonnées dans tout l'empire , et le quartier de la cour fut transporté à Salonique , où la sultane Chaszeki se rendit à l'avance; le sultan chassa trois jours entiers dans la vallée des Lièvres.
A Salonique , le prédicateur de la cour, Wani , fut nommé à la place de précepteur du sultan, devenue vacante par la mort d'Emirtschelebi (15 janvier 1670). Le gardien des aiguières de la première chambre des pages, Ali-aga , fut élevé au poste de beglerbegde Tunis. L'ancien kiaja du grand vesir, Ibrahim, gouverneur d'Alep, succéda au défunt gouverneur d'Egypte, Karakasch-Ali-Pascha. Sous ce dernier administrateur, l'Egypte avait fourni des subsides extraordinaires en hommes et en munitions de guerre; dans la dernière année du siège