‹ Histoire de l'Empire OttomanChapitre 19 sur 83 · I.A GUECK fclT LES ILKS DE L AHCll I PEI · texte numérisé non relu

I.A GUECK fclT LES ILKS DE L AHCll I PEI

Les pays (jui Ibrineiil aujounl'hui le royaume de Grèce, créé en 182S), ayant longtemps appartenn à Tempire ottoman, il est nécessaire de compléter la description de cet empire par un exposé trùs-succinct de ces pays, les plus célèbres du monde, et où semble s*étre concentrée pendant plusieurs siècles rintelligenct* du genre humain.

La partie méridionale de la péninsule hellénique présente les mêmes caractères que la partie septentrionale, mais sur un théâtre plus serré, plus tourmenté, plus pittoresque, plus poétique. On n'y trouve plus de gi'andes plaines, plus de larges vallées, grasses, fertiles, plantureuses; le pays est généralement stérile, et tout y semble sacrifié à la forme, au plaisir des yeux, aux rêves de Timagination : on y voit, comme dans le nord, de belles forôls de chênes, de hêtres, de pins, de mélèzes, mêlés sur tous les terrains inclinés avec les arbrisseaux et les plantes sauvages; puis des rochers nus et déchiquetés au milieu des gazons les plus Irais, des vallons ombragés à coté des montagnes les plus arides, des cours d'eau tombant en ca:)cades ou courant dans de riantes vallées, presque partout l'aspect de la mer, un air vif et transparent, un ciel constamment pur et resplendissant, toutes les couleurs de la nature et tous les accidents de terrain perpétuellement en contraste eten harmonie : c'est là ce qui donne à la Grèce une physionomie particulière, c'est là ce qui a saisi l'imagination de ses anciens habitants et leur a inspiré ce sentiment de l'art et de la beauté qui éclate dans toutes leurs œuvres, dans toute leur histoire.

Ajoutons que les hommes semblent créés exprès pour ce pays des poètes et des dieux; ils présentent le plus beau type de l'espèce humaine : la tête ovale, le pro^ fil du visage droit, le front proéminent, le nez presque sans inflexion, les yeux grands et vifs, la physionomie fine et expressive, la taille déliée et élancée, le ge-^ nou fin, la jambe sèche, le pied petit} le corps nerveux, la stature moyenne.

Quant aux femmes, ce qui les distingue encore plus que leur régulière beaulé, c'est le charme indéfinissable de toute leur personne, la souplesse de tous leurs mouvements, leur grâce. Nous avnos dit plus haut le caractère moral de celte population prétendue hellénique, et qui n*est en réalité composée que de Slaves hellénisés.

g 1. - ProTÎnces du Nonl.

En continuant le versant commencé de la mer Adriatique, nous trouvons d Sabord les bassins de TAspro-Potamos et du Fidari, qui composent VÉtolie et VAcarnanie.

V Aspro-Potamos ou TAchéloûs descend du Pinde, coule du nord au sud dans une vallée profonde sans arroser aucune localité remarquable, et reçoit des affluents encaissés entre des montagnes qu'habitent des peuplades de pasteurs belliqueux; il entre ensuite dans un pays moins montueux, mais qui ressemble à une forêt coupée de quelques clairières et de quelques villages ; il reçoit les eaux des lacs d\iugelO'Castro et de Vrachori, au nord desquels est la ville de Vraclwri, peuplée de 5,000 habitants, et bâtie près des ruines de Thermus, capitale de Tancienne ÉtoUe. Puis il parcourt une vaste plaine et finit dans des sables, à Tentrée du golfe de Palras.

I^ Fidan lEvenus) présente le même caractère que TAchéloùs; son bassin est également montueux, boisé, peu fertile, et habité par des peuplades demi-sauvages.

Le littoral, depuis le golfe d*Arta jusqu'à TAchéloùs, est assez élevé, bordé de terrasses cultivées en oliviers ou garnies de forêts ; il n*a pas de ports. Depuis FAchéloûs, la côte est basse, marécageuse, formée d'alluvions, bordée à distance de montagnes difficiles que traverse la route de Vrachori à Missolonghi. On y trouve : 1° Anatolico, petite ville bâtie sur une lagune, avec une mauvaise rade; ii° Missolongliiy bâtie derrière un banc de sable près d*un îlot, célèbre par le siège qu'y soutinrent les Grecs en 1826, et à la suite duquel elle fut détruite. Puis on entre par le détroit de Lépante, que défendent les châteaux de Romélie et de Morée, dans le golfe du même nom, où l'on trouve Lépante (Naupacte), port militaire de la Grèce, défendu par un château et célèbre par la grande bataille navale de 1571.

Sur la cote septentrionale de ce golfe, on trouve Salone (Amphissa), sitiiée au pied du mont Parnasse; Galaxtdi^ autrefois ville de commerce importante, détruite en 1821; et les ruines de Ciprha, qui était le port de Delphes, Quant aux ruisseaux qui descendent de la chaîne hellénique dans le golfe de Lépante, ils n'ont aucune importance.

Nous revenons ainsi au versant de l'Archipel.

LA GRÈCE. — PROVrNCES DU NORD. 57

La presqu'île hellénique, entre les golfes de Lépante et d*Égine d'une part, le canal de TEubée d'autre part, devient très-étroite et n'est plus composée que d'une chaîne de montagnes épaisse et élevée, où l'on trouve le Pâmasse (i ,800 mètres), VHéHcon (1,400 mètres) et le Cithéron (1,300 mètres), et qui donne deux versants très-étroits.

Ces versants composent la Phàcide, la Locride, la Béoiie et VAttiqiie. D/ins la Phocide, on trouve le bassin de la Hellada^ qui est encaissé, au nord, par les monts Hellovo, limite de la Thessalie, et, au sud, par les monts Koumatta (Œta). Ces dernières montagnes,' élevées de 1,200 mètres, épaisses et difBciles, forment, par leurs derniers escarpements près de la mer, le défilé des Thermopyles, célèbre par le dévouement de Léonidas, mais qui ne peut plus servir à protéger la Grèce méridionale contre les invasions du nord, car il est toujours possible de le tourner. La petite ville fortifiée de Bodonitza le ferme au midi, et Zeitoun au nord. — L'Œta a pour prolongement, sur le versant de la mer Ionienne, le mont Corax, qui va finir près de Lépante. Cette muraille de montagnes entre les deux mers était, dans l'antiquité, la meilleure défense de la Grèce civilisée contre la Grèce barbare; Naupacte et les Thermopyles en défendaient les débouchés près des deux mers.

La Hellada (Sperchius) descend du montTymphreste dans une gorge profonde qui s'ouvre vers Patradjik (l'ancienne Hypate), ville de 4,000 à 5,000 habit^ints, et qui se prolonge jusqu'au fond du golfe Maliaque; c'est une des vallées les plus fertiles de la .Grèce, et elle est toute cultivée en blé, en maïs, en coton, tandis que ses coteaux sont couronnés de vignes et de mûriers, et ses plus hautes sommités de chênes et d'érables; elle est parsemée de belles et vastes* prairies où l'on nourrit de nombreux troupeaux. Un de ses affluents passe à Zeitoun (Lamia), ville de 5,000 à 6,000 habitants, située au pied du mont Othryx et qui a un fort pour défense.

Entre la mer de Négrepont et les golfes de Lépante et d'Athènes, la presqu'île hellénique se réduit à un plateau étroit et escarpé, dont le centre est occupé par le lac Copals, qui reçoit le Cephissm et plusieurs autres ruisseaux. Ce lac a communication avec la mer par des canaux souterrains. Tout ce pays est bouleversé, rempli de crevasses et dç cavernes, sujet à des éboulements qui changent des terres fertiles en marais. C'était la Béotie. 1-es villes principales sont Livadie (Lebadia), autrefois l'une des capitales de l'empire ottomcin, aujourd'hui à demi ruinée, et llièbes, bourgade de 3,000 habitants.

Le plus grand rétrécissement de la presqu'île, qui se termine par le cap Colonne, formait YAUique, où l'on trouve encore Athènes, capitale du royaume de Grèce, ville de 20,000 habitants avec un bon port, le Pirée ; celte métropole de la civilisation ancienne, ravagée tant de fois et presque entièrement détruite dans la guerre de l'indépendance, n'a aujourd'hui qu'une médiocre importance.

g II. — La Morée.

L'isthme deCorinthe, qui joint les parties méridionale et septentrionale de la péninsule hellénique, a 60 kilomètres de long et 8 kilomètres de large. Ce n'est qu'une grande et épaisse muraille, laissant enlre elle et la mer m\ défilé effrayant, dont l'entrée était défendue, au nord, par Mégare, ville dont il ne reste que des ruines, au midi, par Corinthe, ville ayant une magnifique position et qui fut entièrement détruite pendant la dernière guerre.' 11 ne reste (jne la citadelle, boulevard de la Morée, et dont les fortifications remontent aux temps les plus anciens.

Ija Morée ou Péloponèse est un pays tout montagneux dont la charpente est formée par l'épanouissement de la chaîne hellénique en cinq contre-forts occupant cinq presqu'îles et s'appuyant sur un petit plateau central. I^ contre-fort du nord-est renferme le mont Taygèîe (2,425 mètres), et finit -au cap Matapan. -^ Dans la partie nord-est, ou YArgolide, entre les golfes d'Athènes et de Nauplie, on trouve : 1" Pithavra, village sur les ruines A*Épidaure; 2* Dama/a (Trézène), petite ville célèbre par le congrès de 1827; 3" Nauplie, ville commerçante avec un bon port et deux châteaux, dont l'un, bâti sur le rocher de Palamède, est trèsfort; 4** Argos, bourgade défendue par un vieux chAteau; 5* Karvathi, village sur les ruines de Mycènes.

Les deux presqu'îles du sud-est, ou la Laconie, entre les golfes de Nauplie et do (loron, renferment le petit bassin de VEurotas, qui finit dans le golfe de Kalokythia. On y trouve Misitra, sur le penchant du Taygète et près des ruines de Sparte; c'était, au moyen âge, la capitale des despotes de Morée et la ville la plus - |>euplée de la presqu'île; elle est aujourd'hui ruinée et n'a plus que sa citadelle, qui a été vainement assiégée par les Turcs en 1824. On y trouve encore Monembasia, pelite ville située sur un îlot, défendue par un château et ayant un bon port.

La partie du sud-est, ou la Messénie, entre les golfes de Coron et d'Arcadie, renferme : 1" Kalamatay à l'embouchure du Pamisus, détruit en 1825; 2" Coron, bon port et ville fortifiée; o" Modon, bon port et ville fortifiée, qui a l)eaucoup souffert dans la guerre de l'indépendance; 4° Navarin (Pylos), en face de l'île de Sphactérie, ville forte et bon port, célèbre par la bataille navale de 1827; 5" Arcadia (Cyparissus), petit port.

La partie du nord-ouest, ou YÉHde et VAchate, entre les golfes d'Arcadie, de Patras et de I^épante, renferme YAlphée ou Roufia; il arrose Kanjiena, petite ville avec un château fort bâti par les Français du moyen âge, berceau de l'insurrection de la Morée, ruinée trois fois pendant la guerre; Sinano, village situé sur les ruines de Mégalopolis; Miraca, situé sur les ruines d'Olympie; il finit près de Pgrgos. — On y trouve encore Patras, port médiocre et ville forte, l'un des boulevards de la Morée.

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