I.A TURQUIE D ASIE. — ASIE MINEURE 01' ANATOLIE
La presqu'île de l'Asie Mineure figure un vaste plateau, dont les pentes formées par le Tauriis et FAnti-Taurus tombent successivement par étages sur les trois mers. Ce plateau, qui a environ o50 kilomètres de long, entre Kutaich à l'ouest et Kaisarieli à l'est, et 220 kilomètres de large, entre Angora au nord et Honieh au sud, est un abrégé des grands plateaux de l'Asie centrale ; les montagnes y forment des valléea profondes ot étroites qui ne sont parcourues que par des eaux cx)urtes et torrentueuses; tout le littoral est fertile, pilloresqne, découpé «le golfes et de ports ; le climat est l'un des meilleurs du monde.
Ce pays, jadis si peuplé et si riche, grâce à son admirable position entre les trois parties de l'ancien continent, a en une immense influence sur les destinées de l'humanité ; mais aujourd'hui les civilisations asiatique et europt^enne, qui se croisaient sur cette terre privilégiée, ont disparu ; on n'y trouve presque plus de grandes villes, plus de monuments, plus de routes; Viiidustrie y offre encore quelques ressources, mais le comment y diminue sans cesse ; Tagricullure y est dans un état pitoyable, et sur plus d'un point l'on trouve la désolation et la stérilité. C'est dans le voisinage des mers et sur la partie occidentale du plateau que le sol est le plus fertile; la partie orientale, au contraire, fohne comme une espèce de désert où l'on ne trouve guère que d(»s pâturages et qui est totalement dépouillé sur plusieurs points.
I/Anatolie était divisée jadis en diverses régions presque entièrement physiques; c'étaient, en allant de l'est à l'ouest, sur la Méditerranée : la Cilicie, la Pamphylie et la Lycie; en remontant la côte de l'Archipel : la CariCy la Lydie et la Mysie ; puis, au nord, sur la mer Noire : la Bithynie, la Paphiagonie et le Pont ; enfin le centre ou le plateau formait la Phrygie, la Galatie et la Cappadoce. C'est d'après c^s divisions anciennes que nous allons décrire le pays.
g I. — Cilicie, Pampliylie cl Lycie.
La CAlicie s'étendait d'Alexandrelle à remboudiure du Selinus ; oii y trouve : Payas, au fond du golfe d'Alexandrette, sur les ruines A'Issus^ célèbre parla victoire d'Alexandre sur les Perses ; de l'autre coté du golfe se jette le Djihoun (Pyrainus), qui naît à la jonction du Taurus avec TAmanus, et dont la vallée, naturellement fertile, reste sans culture, et n'est habitée que par quelques tribus de Turkomans.
A l'ouest du cap (]ara-Dagli, la cùte forme un nouveau golfe, où Ton trouve les embouchures du Sarus et du Cydnus.
Le Sarus ou Sihoun naît sur le plateau d'Asie Mineure, dans la Karamanie, au nord du Taurus; il traverse la chaîne dans un profond défilé, connu sous le nom de Porte? de Jurfo^, arrose Ade/na, située dans un district riche en bois de construction pour la marine, et va se perdre dans la mer.
Le Cydnus descend du revers méridional du Taurus, arrose Tarsous^ ville florissante, peuplée de oO,0(M) habitants, et finit dans la plaine du Sarus, un peu à l'ouest de ce fleuve.
En suivant la côte, on rencontre l'ï-mbouchure du Lamas, petit fleuve qui^ séparait h C'ilme Campestris delà Cilicie Trachœa (montagneuse); les montagnes se rapprochent alors de la cote , et Ton trouve à quelque distance Selefkeh (Seleucia Trachaîa), sur la rive droite du Selefy où se noya l'empereur Frédéric IL Ensuite, la côte remonte, au nord-ouest, pour former le grand golfe de Satalia ; on y trouve les ruines de Sélinonte (Trajanopolis^, où mounit Trajan, et enfin l'embouchure du Sélinus.
La PamphyUe occupait le pourtour du golfe de Satalia jusqu'au c^q) KeMonxa. Sur la côte septentrionale du golfe, on trouve les embouchures de XEurymédon^ célèbre par la victoire de Cimon sur les Perses, et du Cataractes, qui descend du plateau central et traverse la Taurus; puis Satalia (Attalée), balieeu amphithéâtre au pied du Taurus, et peuplée de 7 à 8,0(K) habitants; elle ét^iil célèbre au temps des Croisades et est encore florissante.
La Lycie occupait l'extrémité d'un promontoire saillant vers le sud, entre le I cap KeHdonia et le golfe de Macri ; on trouve sur ses côtes les petites îles de Kclidonia, les ruines de Hfyra et celles de Patara.
§ II. — Cîirie, LytUc cl 5lyî>ic.
 Macti, qui olYre le meilleur mouillage du littoral, commence le littoral de hl Carie, qui remontait, au nord-ouest, jusqu'à l'endiouchure du Méandra. Après
le golfe de Macri, la côte commence à se relever et devient de plus en plus dentelée; toutes les pres<|u*îles qu'elle forme constituaient la province grecque de la Dovide. On y trouve le golfe de Doride, au delà du(|uel est le promontoire de CriOf avec un village Làti sur les ruines de Cnide, Delà, on entre dans le golfe de Cm, ou golfe Céramique, au nord duquel est Bovdroum (Tancienne Halycarnasse), port défendu par une mauvaise citadelle. Au nord du promontoii'e de Boudrouni esl If» golfe A'Hassem-Kalessiy où Ton trouve Palatscha, misérable village bâti sur les ruines île Milet , au sud et pK^s de remhouclmiv du 3léandre.
Le Mendrea (Méandre), gnnule riviéiv, ct»lèbiv par ses sinuosités, formait au sud la limite de la Lydie ou de la province grecque d^lonie; ce fleuve naitdans un petit lac, sur le plateau ivntral; il descend les flancs occidentaux du plateiiu |iar une gorge que défend le fort de Kauosi, se grossit à gauche du LycuSy qui arrosi» les ruint»s de Laodieée^ passe près de Gnzel Hissar d'ancienne Magnésie du Méandi*e). et tinit au nord des ruines de Milet.
Vax contournant le pronumtoiiv formé par le mont Mycale, on trouve: Seala- Nova (NeaiH)lisK ville connnei^çanle de 10 JitH) habitants, protégée par des forts, et au-dessus Aijalask^ misérable hameau luiti sur les mines iVÉpkèsen et situé à l'embouchuiv du Caystre, petit fleuve qui naît dans les monts TYno/us et JHirMOifi> par |dusieui*s bnis. Le cap Mtjoncse, à Touest des ruines de Lebedos, ferme au \M\n\ le golfe «rKphési\ au-ilessus duquel esl la Uiie de Siadjick, où Ton trouve les ruines de IVos et le fort A^Siadjick. — La cote projette ensuite, à l'ouest, le grand pronuuiliure de Uajiomène. «lonl la ct*»te oa'idenlale, en face de Tile de (]hio, présente la baie de Tschesmé, avec un port fameux par la Uilaille de 1770, où les Unssestlétniisiivntla flotte turque. Kn doublant le cap Kara-Boaroum, on trouve le Ihmu golfe de Smyrue, qui. avtH* Si»s conloui^ sinueu\, n'a pas moins de -41^ à i*> kilomélivs de pmfondeur. Sa aite orientale est à |h*u pris parallèle à sa côte (H-citlenlale et forme an nonl la presqu'île de Phovêe. qui, avec le cap Kara- Bouroum. ferme renlm-du golfi».
Smijrne, l'entrepôt de tout le commerce du Levant, ta ville la plus europtVnne, la plus civilisée de toute la Turquie, s'élève en anqdiittuVitiv au boni de la mer, sur les flancs du mont Sipyle: elle a un bon port défendu par deux châteaux. Lomme la plupart des cités orientales, elle esl mal Uilie et mal pera-e; linlérieur esl Siile el aussi triste que l'appareuiv extérieure esl séduis;nite; le quartier franc est le seul conslruil à l'européenne. La |Hqmlation. évalutV à lilMHHI habitants, st» compose de Tuirs, tie (îivcs, d'Arméniens, de Juifs el d'Européens «|.">JM)0 environ*. On attribue .^a foiulation à Alexandiv le (irand: elle fut pris<' par Tamerlan en ltl.i>, et passa sous la domination ottomane en 1400. — La Smyrne d'Iloméiv [Kinul avoir été à ô kilomètivs plus au nonl-iuiesl, vers la fontaine des Bains de Diane. Les envii-ons S4»nl d'une fertilité exlmne.
Dans le golfe de Smxrne vient se jeter le Stnabal ou Hevmus. né dans le
NT
Si
mont Dindymcne. Sa vallée est large et formée de belles plaines, où il arrose Kolah ; au-dessous de cette ville, il tourne à Touest et passe à Magnésie, ville d'un aspect agréable, peuplée d'environ 15,000 habitants, et renommée pour son commerce de cotons. L'Hermus reçoit, à gauche, le Pactole, qui arrose le village de Sart, bâti sur les ruines de l'ancienne Sardes, la capitale de l'Asie Mineure.
L' Hermus séparait la Lydie de la Mysie, dont la côte formait la province grecque (ÏÉolie, et qui s'étendait jusque vers la presqu'île de Cyzique, dans la Proponlide. On y trouve d'abord la presqu'île de Phocée, qui présente au sud la baie de Phocée la vieille, berceau de Marseille, et au nord celle de Phocée la nouvelle, défendue par un fort; enfin, plus au nord, on rencontre la baie de Cumes,
Au delà de la presqu'île de Phocée, la côte de Mysie fortne deux grands golfes, ceux de Sanderli et d'Adramit, séparés par la pointe de Cydonie, en face de l'île de Lesbos. Au fond de la première se jette le Cufcus, qui naît dans les rameaux occidentaux du Kodja-Dagh, et va finir en aval de Pergamey ancienne capitale des rois de la dynastie d'Atlale, située au pied d'une colline que dominait l'Acropolis, et au milieu d'une plaine renommée pour son coton.
Entre ce golfe et celui d'Adramiti, sont les ruines de Cydonie, jolie ville grecque, célèbre dans le siècle dernier par ses établissements d'instruction, et dont les Turcs ont dispersé les habitants dans tout l'Archipel. On trouve ensuite Adramit, au fond du golfe, situé au pied du mont Ida, au milieu d'une plaine fertile en oliviers.
Entre le cap Baba et le cap Sigée, se trouve Eski-Stamboul (Alexandria Troas), grande ville bâtie par Alexandre, et dont les ruines ont servi aux constructions de Constantinople pendant deux siècles.
Au nord du cap Sigée est l'embouchure du Simoïs, qui descend du mont Ida à travers la vallée d'iEnaï, arrose, à gauche, Ponnar-Bachiy bâti sur l'emplacement présumé de Troie ou Ilion, dont la citadelle (Pergame) couronnait la hauteur, et après un cours de 75 kilomètres, va finir à l'entrée de THellespont. Le Simoïs confondait autrefois ses bouches avec celles du Scamandre, cours d'eau de 17 kilomètres, situé plus au sud, que Ton a détourné aujourd'hui au sud-ouest par un canal allant aboutir en face de Ténédos.
Sur la côte de la Proponlide, on trouve les embouchures de plusieurs petites rivières : la pluç célèbre est le Gi^anique, qui descend des rameaux septentrionaux du mont Ida, et sur les bords duquel Alexandre battit les Perses.
g ÎII. -* BiUiynie, Pont et Papblagonio.
La province de Bithynie s'étendait depuis l'embouchure du Tarsius jusqu'à celle du Parthénius. On y trouve d'abord, sur la côte de la Propontide, la presqu'île de Cyzique, où s'élève aujourd'hui le village de Peramo, situé sur l'emplacement de Cyzique, si célèbre jadis par ses ports, ses arsenaux et ses fortifications.
Entre la presqu'île et l'ouverture du golfe de Moundania, se jelieAe Sousegherlu (Macestus), qui descend du revers septent. du Codja-Dagh, et se grossit d'un grand nombre d'affluents, dont les plus célèbres sont, à droite, le Rhyndacus, qui traverse le lac d'i4boti/tonn, etleiVî/oii/i?r(Horisius), dont les deux sources comprennent entre elles le mont Olympe. Sur les pentes septentrionales de cette montagne, s'élève en amphithéâtre la ville de Brousse (Prusa), ancienne résidence des rois de Bithynie et des sultans ottomans, une des plus belles de la Turquie. Elle fait un commerce qui s'étend jusqu'aux confins de l'Asie, a des fabriques renommées de tapis et de soieries, la soie étant le plus riche produit du pays, possède 125 mosquées, de belles fontaines, des eaux thermales et 100,000 habitants. Elle est entourée de murs flanqués de tours et protégée par une citadelle qui couronne le mont Olympe : ses environs sont délicieux ^
Au fond du golfe de Moundania (Cius) se déversent les eaux du lac Ascanius, à la pointe orientale duquel était Nieée^ célèbre par le concile de 412 et la bataille de 1097, gagnée par les Croisés sur les Seidjoucides : c'est aujourd'hui un misérable village du nom A*Tznik.
Le golfe de Nicomédie, ancien golfe iVAstacus, est très-profond et s'enfonce dans les terres jusqu'à Nikomidou Ismidy village bâti sur les ruines de Nicomédie. La côte septentrionale de ce golfe remonte au nord-ouest, pour former ensuite, dans la direction du nord-est, le Bosphore de Thrace. A l'entrée du détroit se trouve d'abord le village de ITadi-lf^ui, l'ancienne C/ia/c^/fome, et ensuite Scutarif
En sortant du Bosphore pour entrer dans la mer Noire, on trouve Riva, petit port dans une baie assez accessible; Kalpéy petite ville remarquable par les belles forêts qui l'avoisinent. La côte dessine alors un golfe très-ouvert de Kalpé à Héraclée, au fond duquel vient se jeter le Sankaria (Sangarius).
Ce fleuve naît sur le plateau qui domine Angora (Ancyre) ; il arrose cette ville, ancienne capitale de la Galatie, qui est encore assez florissante, et célèbre par la victoire de Tamerlan sur Bajazet ; elle est fermée par une double enceinte et a une population de 20,000 habitants. Son territoire est nu, mais fertile en pâturages, où s'élèvent des chèvres renommées pour la beauté de leur poil. Après
* Go sait qu'elle est aujourd'hui la rMdenec d*Abd>el-Kader.
de nombreux détours, où il baigne les ruines de Gordium, situées au pied du mont Gôrdion, et celles AePessinunte, le Sangarius descend du plateau, reçoit à gauche le Poursak (Tymbrius), qui descend du mont Dindymcne, et arrose Kutayé ou Koutaieh (Cotyœum), grande ville de 30,000 habitants, et Eski-Cheher (Dorylée), célèbre par la bataille de 1097, gagnée par les Croisés, et dont les environs ont été le berceau de la puissance ottomane. Le fleuve remonte ensuite au nord-ouest, jusqu'à son confluent avec le Gallus^ qui descend du mont Olympe; il tourne alors définitivement au nord et coule ainsi jusqu'à la mer.
Apres avoir dépassé sur la côte la petite ville déchue à'Héraclée, on arrive à l'embouchure du Partliénius^ où conmience la Paphlagonie. Ce fleuve, né sur le plateau d'Angora, arrose Karadjour, Tcherkis, et finit au sud d'Amasra, petite ville de 6,000 habitants, avec un bon port ; la campagne d*alentour est d'une grande fertilité.
Au delà d'Amasra, on trouve encore les petits ports de Kidrosei à*Ineboti; puis, vers la pointe la plus septentrionale de la côte, Sinope, petite ville située sur rislhme d'une presqu'île, et qui possède deux rades. Tune au nord-ouest, l'autre au sud -est : celle-ci est bonne pour la marine militaire et la seule fréquentée. Sinope avait un chantier de (îonstruction et était le premier arsenal maritime des Turcs avant qu'ils eussent pris Constantinople : c'est le point le plus vulnérable de toute l'Asie Mineure, et les Russes l'ont bien prouvé récemment en venant l'incendier.
Au delà de Sinope cx)mmence le Pont, et Ton y trouve l'embouchure du Rizil- Ermak (Halys), le fleuve le plus considérable de l'Anatolie par la longueur de son cours et le volume de ses eaux. Il naît sur les pentes méridionales du plateau de la petite Arménie, et arrose Sivas (Sébaste), ancienne capitale de ce pays, aujourd'hui chef-lieu d'une province turque, située dans une haute plaine très-fertile; elle est entourée de murs, flanquée de tours, avec une vieille citadelle sur une hauteur. Sa population est évaluée à 55,000 habitants. C'est avec Erzeroum, la clef de la Turquie du côté de l'orient, comme ouvrant la route du plateau d'Anatolie. L' Halys passe ensuite au pied des pentes du mont Argis-Dagh, et reçoit un petit ruisseau qui vient de £fat$i7n^/i(Césarée), ancienne capitale de la Cappadoce; il remonte vers le nord à travers la Galatie, se grossit d'un petit affluent passant à Tousgat, ville de 10,000 habitants, renfermant d*assez beaux édifices; sépare la Paphiagonie du Pont, et, après de grands et nombreux détours, vient finir au-dessous de BafrUf dans la mer Noire.
Au-dessous de l'embouchure de l'Halys, on trouve sur la côte le petit port trèsfréquenté de Samsoun (Amisus), puis l'embouchure de YIektl'Ermak(]r\s). Ce fleuve est formé de deux bras parallèles qui naissent sur le plateau de la petite Arménie ; l'Iris occidental passe près de Tokat, grande ville de 40,000 habitants, située dans une belle vallée, et bâtie sur trois collines, séparées par des ravins et
76 DESGBIPTI05 DE LA TCBQCIE.
rmrmmé^^ d« \f^iU fortu. Elle (ail nn grand commerce de soieries el de corrre. qu'on fîX|»loite aux environ», fie là. l'Iris loume vers le nord, arrose ÀmÊMek <Ama*ifl!, grandi? ville autrefois très-florissanle, qui na plus que lO.WX» halMlanlH : tumi Li \fn\ru' de StralKin ; il traverse une gorge au nord de laquelle il riîi;oit, à droite, pn;H des mines AEapaioria, l'Iris oriental, qui n'arrose aiicno lieu reniarqiiaUe, mais qui ouvre la grande route de Gonslanlinople à Eneroum ; (fiifin il wî termine dans le golfe de Samsoun.
On trouve ensuite, sur la cote, Tembouchure du Tkermoion, puis de miscnible» petits ports de pùclie et de cabotage, dans des positions magnifiques el dans des territ^iircs très-fertiles, Ounieh, Kcrisom (l'ancienne Cerasus), ThreboH, enfin Trébizonde (Trapezus), ville déchue, qui possède encore 30,000 habitants, importanU; par ses fortifications, mais ayant une mauvaise rade. Celte ville, ancienne «aipiliile d'un empire fondé par les Comnènc et détruit en 1452, est assise sur les llaiicH dune colline el ceinte de murailles. C'est un des grands centres de commerce entre Crmstantinople el l'Asie intérieure, et Tune des cicfede l'Analolie.
Au delà de Trébiatonde on ne trouve plus que Batoum, dont nous avons déjà parlé.
t^ l\, ^ Galatîe, Pbrygie et Cappadoce.
L(!H IniMsiiis du Sangarius et de THalys nous ayant donné les lieux les plus itiiportaiits de la Galatie el de la Cappadoce^ il ne reste plus à parler que de la phrygie, noyau du plateau d'Asie Mineure, haut pays plat entrecoupé de lacs, de (léMcrtH ni de marécages, où Ton ne trouve guère à citer que Konieh (Iconium), ville déchue, ancienne résidence des sultans Seldjoucides de Roum; bataille de IH/M, gagnée par les troupes du vice-roi d'Egypte, Méhéraet-Ali, sur celles du sultjin. Konieh est siluéà l'est et au pied du mont Lycaon, non loin d'un petit lac.
Tout r intérieur de l'Asie Mineure, qui renfermait jadis tant de villes florissantes, n'est plus habité que par les hordes nomades des Turkomans, descendus autrefois de la haute Asie el ayant conservé les mœurs pastorales et hospitalières de leurs ancêtres ; ils se gouvernent par eux-mêmes et ne payent qu'un tribut au sultan.
L'Asie Mineure a une surface de 130, 000 kilomètres carrées. On estime que sa population, qui était, dit-on, autrefois de 25 millions d'habitants, n'est pas aujourd'hui de plus de 7 millions, dont 2 millions de chrétiens. La population musulmane est composée de peuplades errantes et de peuplades sédentaires : ixilles-ci sont les OsmanliSy les descendants des conquérants, qui se considèrent comme la race la plus noble de tout l'empire, et qui ont en effet gardé la plupart des vertus de leurs ancêtres , le courage, la dignité, la loyauté,
le zèle religieux ; ils regardent Constantinople et la Turquie d'Europe comme un campement et des postes avancés, et l'Asie Mineure, d'où sont sortis les fils d'Osman, comme le vrai centre de Tempire. La perte du Caucase a rendu ce. centre très-vulnérable.
g V. — Les iles de l'Asie Blineure
!• Chypre ^Cyprus), qui a oOO kilomètres de long sur ItiO de large, jadis riche et peuplée, aujourd'hui déserte et ruinée; sa forme est à peu près celle d'un parallélogramme, dont les quatre sommets seraient marqués par les caps Salizano cl Cormachiti au nord, Grego et Gatte au sud, et qui se prolongerait au nord-est par un promontoire très-effilé jusqu'au cap Saint-André. Une chaîne de montagnes, plus ou moins sinueuse, la parcourt depuis le cap Saint-André au nord-est jusqu'au cap Blanc au sud-ouest ; le point culminant est le mont Sainte-Croix (Olympe), qui jette un contre-fort vers l'est. Entre la chaîne et ce contre-fort s'étend une vallée où l'on trouve la capitale, Nicosie, grande et forte ville située sur un petit cours d'eau qui se jette au nord du cap Grego, près de Famagotistet ville forte. Sur la côte du sud, au pied du mont Sainte-Croix, se trouvent les ruines iï Amathonte ; sur celle du sud-ouest, au nord du cap Blanc, sont les deux Paphos ; au nord de Nicosie et au pied des montagnes, Cythère,
Cette île, l'une des plus fertiles de la Méditerranée, produit du blé, de l'huile, delà soie, du coton, de la garance, etc. On estime que sa population n'excède pas 60,000 habitants, dont 15,000 pour sa capitale. Le meilleur port de l'île est Famagouste; mais sa rade la plus fréquentée est Larnaca, sur la côte méridionale.
Dans la décadence de l'empire grec, cette île eut des souverains particuliers ; Richard Cœur-de-Lion les en déposséda et la donna à la famille de Lusignan, des mains de laquelle elle passa aux Vénitiens. Les Turcs en firent la conquête en 1571. C'est une possession très-importante, et d'où l'on domine les côtes de l'Anatolie, de l'Egypte et de la Syrie.
2* Rhodes, si célèbre dans l'antiquité par ses lois, sa civilisation et ses richesses, aujourd'hui ruinée, mais toujours importante par sa situation, qui commande la navigation de la Méditerranée orientale. Elle s'étend, dans sa plus grande longueur, du sud-ouest au nord-est, en face de la côte de l'ancienne Doride. La ville située à l'extrémité septentrionale de l'île est une des places les plus fortes de la Turquie, et son port un de ses principaux établissements maritimes. Elle a été prise par les Turcs sur les chevaliers de Saint-Jeaii de Jérusalem, en 1523.
Les autres Iles principales sont :
Susam (Samos), ile grecque et chrétienne, en iace d'Éphèse , qui se gouTerne |)ar eiie-méme sous la protection du sultan; — CJûo (Cbios), séparée par un étroit canal du promontoire de Clazomène, autrefois la plus riche et la plus civilisée de TArdiipel, ruinée par les Turcs en 1822, et de 100,000 habitants réduite à 14,(M)0; — Miielin (Lesbos), florissante et peuplée avec de beaux ports militiircH; — TénédoSf la clef de VHellesponi, etc.