‹ Histoire de l'Empire OttomanChapitre 31 sur 83 · ORIGINE DE L ISLAMISME. — LE KORAN · texte numérisé non relu

ORIGINE DE L ISLAMISME. — LE KORAN

C.ONQrKTES DES ARABES. »— l'eMPIRE DES KHALIFES JITSQI'a I.'aVÉNEMKNT

DES TTRCS-SELDiOUCIDES.

î^ l. — Anlaponisme de rOrîPîit el dp VOccidonl.

L'Orient et l'Occident forment deux mondes distincts de populations, de mœurs, de croyances, entre lesquels il y a eu perpétuellement haine et lutte, qui ont cherché jusqu'à nos jours à s'envahir, à se dominer mutuellement. Les siècles anciens virent cet antagonisme marqué principalement par les invasions des Perses dans la Grèce, invasions glorieusement repoussées par les victoires européennes de Salamine et de Marathon ; puis vint la réaction de l'Occident sur l'Orient par les conquêtes d'Alexandre, laquelle se continua et se compléta par la domination romaine. L'Asie occidentale semblait alors à jamais acquise à la civilisation ; la barbarie, refoulée dans les plateaux -inconnus du Thibet, était désormais impuissante à envahir l'Europe ; la Méditerranée, cette mer qui unit et se

!»o iiisToiRR OR l^islamismf:.

pare l'Occident et l'Onciit, devint uniquement une mer européenne ; enfin, le christianisme, donné par les vaincus aux vainqueurs, en les unissant pai* le plus sftr do Ions les liens, parut avoir pour toujours consommé Vœuvre de pacification commencée par les armes. (]eUe pacification n'était pourtant pas définitive : ni la puissance romaine ni la foi chrétienne n'avaient réussi à fondre ces deux natures si opposées, et lorsque le monde romain se divisa en empire d'Orient et empire d'Occident, la lutte recommença.

Elle se manifesta d'abord par les croyances : le christianisme se sépara en deux Eglises rivales ; celle d'Orient fut bientôt viciée par Tésptit sophistique et disputeur, l'imagination subtile et allégorique, les mœurs légères et corrompues de la (îréce ; elle s'égara dans les controverses les plus dangereuses, dans des erreurs {\\\\ faisaient reloûrner le genre humain dans les voies dii passé ; enfin, elle devint la mère de nombreuses sectes, filles des anciennes éi*oles philosophiques, et qui semblaient avoir toutes une })ensée commune, la négation phts ou moins voilée de la divinité de Jésus-Christ. Cette |)ens<^ fatale, qui faisait du christianisme une religion non ivvélée, nuiis inventée, et sous-entendait qu'un législateur mieux inspiiv pourrait en apporter un jour une plus parfaite, devait enfanter une hérésie suprême ou une religion nouvelle, V islamisme, car l'islamisme n'est autre qu'un christianisme Uitard, incomplet, barbare, enfant des hérésies d'Arins, d'Eutvcbés et de Nestorius.-

^ n. — Mîihonieî, le Koran, s«»s dogmes et ses préceptc>.

lîn homme d'un génie merveilleux, Mahomet, né en 570, ayant vu cet étal de l'Orient, s'annonça comme envoyé de Dieu pour expliquer les lois de Moïse et du Christ, et continuer leur œuvre ; il dit que l'Evangile avait été la voie du salut pendant six siècles, mais que, les chrétiens ayant oublié les lois de leur fondateur, il était \v Paraclel dont la venue avait été prédite, le dernier et le plus parfait des prophètes* ; en conséquence, il résuma dans sa doctrine les hérésies arienne, nestorieime, eutychéenne, les mêla à des pratiques juives, les accorda avec les moeurs arabes, et proclama Vanité de Dieu sans compagnon. Ce n'était pas une religion nouvelle qu'il amion(;ait, mais l'ancienne religion de Moïse et de Jésus, purifiée et transformée.

Mahomet n'avait d'abord en vue, lorsqu'il fonda sa doctrine, que l'Arabie, sa patrie, plongée alors dans la plus sauvage idolâtrie, et cette religion fut, enelfet, un immense bienfait pour elle, ainsi que pour tous les pays barbares qui l'adoptèrent. « Ce (jue lu as dit de noirç pauvreté, de nos divisions, de notre étal de bar-

Le cnrhft d(^ Ions |«i prophètes, «lil le koraii,

MAHOMET, LE KORAN. \l\

barie, disait un dépwté arabe sm rpi de ppvse Yez^efljerd, é^aifjiiîjte mgii^rp. Oui, nous étions 31 misérables qw Vm voysfit parmi nPU9 des hpnifP^s se nou^nr d'insectes et de serpenfs, quelqpes-uns faire mourir Jevirs fijlps poqr we pqs partager leurs aliment^ avep elles. Plongés dans Ips ^épè^res de la ^upprsljjipn et de ridolàtrie, sans loi et sans frein, toujours ennemis les uns des fiutres, nqus prêtions occupés qu'à npus piller, à nous détrnire mutuellement. Yoijà pe que nous avqns été; nous son|q[)^s piaintenapt un pppp!^ nouv^ap. Pieu q suscj^p ai{ puilieu de nous un homm^, le plus distingné d^$ Arabes par la noblesse de sa naissappp, par ses vertus, par son génie, et Tîj phoisi pour ptre ^op puYoyé et sop prpphptc. Par l'organe de cet iipmmc, Dipu ppys ^ dit : jj Je suj^ Ip Dieu iipiqpe, éternel, « créateur de l'univers. Ma bonté vous envoie un gujde popr vous diriger; la voie « qu'il vQus montre vous sauvera despeipe^ que jp rpserve dqps u|]p aptrp vie à « l'impie et au criniinel, et vqus condwira près de moi dans je séjopr f|p |a féli- « cité. » Nous avons cru à la mission dM prppltpte; nous avqns rpconnu que sps. paroles étaient les paroles de Dieu^ ses ordr^Sf l^s ordres d^ Uiei|, la religion qu'il nous annonçait, la seule vraie religion. Il a éclairé nqs esprits, il a éfpipt nos baines, il nous a réunis en une société de frères sous des lois dictéps psir |a sagessp divine*. » On np peut nier la vérité de cet éloge dpppp par le peijple arabe à son bienfaiteur : Mabomptpivilisa l'Arabie. Religion, morale, législation, société, tout était contenu dans les chapitres épars du Korï^n, source de |out droit, principe de tout devoir; |a société musulpiane e\\ pst sprtip tout entière. Aussi les nuisulmans professent-ils pour ce livre sacré la plus profonde yénérat^jon; ils ne rouvrent qu'avec des marques de rpsppct ; ils Ip lisent, ils le cjfpnt^ ils 1 applipliquent sans cesse; ils en inscrivent les vprsets partout sur les n^urnillps de leurs mosquées et dans l'intérieur de leurs maisons ; c'est le gpide dp tqptes leurs actions, la règle constante de Ipute leur vie, leur livre unique. \l\ les peut quatorze chapitres ou sourat révélés au prophète ne sput pas seulement gravés d^P^ la mémoire des croyants : leur esprit respire dans toutes leurs ins^itplipqs, leurs mœurs, leurs pensées. I^e Kqran est pour les ^npsulpiaps à peu près pe que la Bible était pour les Hébreux, et hcaucqup plus pe que l'Evangile est pour les chrétiens ; il embraçsp toulps les relations de la vie politique, pjvilpetrçligiepse, et régipmenle depuis la cqnscience des indivjdus jusqu'au^ Revoirs de l'État, flppuis le gouvernement des nations jusqu'aux dptails du ménage.

L'islnraisnie ne renferme, en réalité, qu'un seul dogme, i'upité fie Dieu, dogme qui domine et féconde toute la religion nouvelle et quj devait paraître Iq lumière même, à celte époque où les hérésies grecqpes l'avaiep^ obscurcie e^ pomme déshonorée. «Dieu est un, dit Mahomet, c'est le Dieu éternel. Il n'a point enfanté et n'est point enfanté 11 n'a pas d'égal. » En plaçant Jésus au premier rang des prophètes,

* Tabari, H, 27ti. — Ibn-Khaldoun, i. i94.

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