ABDUL-HAMID
voulu eiiipèclier; ruine dont la cause réelle et constante était la haine de l'Angleterre contre lu France. La France devait songer à elle-même et ne pas absurdcment se sacritier pour un État barbare, avec lequel elle n'avait nulle sympathie,
. qui ne lui avait jamais témoigné que de l'ingratitude, qui refusait enfin tout moyen de salut.
Le gouvernement de Louis XVI fut ému de ces représentations, et sans croire à la ruine prochaine de Vempire ottoman, il voulut se Icnir prêt pour cette grande catastrophe, et il envoya dans le Levant (1784) des émissaires chargés de rechercher les points dont la France devrait s'emparer dans le cas d'une guerre générale. L'un d'eux était Matthieu Dumas, qui, à ce sujet, s'exprime ainsi dans ses Mémoires : « L'invasion de la Crimée et les vues ambitieuses de Catherine 11 faisaient pressentir que la guerre éclaterait dans l'Orient , que la France pouvait être entraînée à y prendre part, et, dans cette supposition le gouvernement voulait faire recueillir des notions précises sur les ports, les places et les divers points fortifiés des îles et des cotes de l'Archipel du Levant, en y comprenant la position de Constantinoplc sur les deux mers. Nos anciennes relations avec l'empire ottoman et l'état florissant de notre commerce dans ces contrées semlilaient exiger que nous nous opposassions aux envahissements de la Russie. D'un autre côté, on s'exagérait la décadence de l'empire turc en Europe, et, dans le cas d'un démembrement qu'on croyait prochain, on songeait à s'emparer des possessions qui pouvaient le mieux assurer notre prépondérance maritime. C'était surtout l'ile de Crète ou Candie que le gouvernement français avait en vue ; elle pouvait êlre le prix des secours que la France fournirait à son ancienne alliée, ou celui d'une neutralité utile aux projets de la Russie. M. le maréchal deCastries chargea M. de Fleurieu, qui avait toute sa confiance, de conférer avec moi sur cette reconnaissance militaire, et de me donner toutes les communications qui pouvaient y être relatives. Je reçus une instruction secrète du ministre de la marine, écrite de sa main. Pour masquer cette mission, je reçus aussi celle de visiter, de concert avec
, le comte de Bonneval, capitaine de vaisseau, toutes les échelles du Levant, comme l'avait fait le baron de Tott quelques années auparavant. »
g IV. -^ Nouveaux cmpiélcmculs de la Russie. — ^ Conduile de l'Angleterre.
En se préparant à l'éventualité d'un partage, la cour de Versailles n'en fit pas moins tous ses efforts pour c<:lairer les Ottomans et arrêter l'ambition des Russes. M. de Choiseul-Gouflier, qui succéda à Saint-Priest en 1784, avait pour, instruction première d'employer tousses.soins à la conservation de l'empire turc^; on mita sa disposition, oiliciers, ingénieurs, constï-ucteurs de tout genre ;on lui donna un petit corps de soldats français pour façonner les Turcs à Ja lactique eu-
ropéenne ; enriii il parvint à faire signer entre la Porte et la Russie une nouvelle convention qui mit lin à leurs plus graves différends. Mais Catherine s'inquiéta faiblement de ces efforts; ellesavait la France embarrassée dansses finances, travaillée par les approches d'une révolution, indécise dans sa politique à l'égard de la Turquie ; elle venait même de donner plus de force à l'opinion de ceux qui réprouvaient Talliance turque, en concédant à la France un traité de commerce trèsavantageux, traité qui fut regardé universellement comme un changement de système de la cour de Versailles, c'est-à-dire comme une tendance à se rapj^rocber des Russes et à abandonner les Turcs. Aussi, confiante dans sa fortune, dans Talliance de l'Autriche, dans l'immobilité delà Prusse et de l'Angleterre, elle manifestait hautement le désir de chasser les Turcs de l'Europe et de rétablir Tempire d'Orient. Ses intrigues dans la Grèce, ses prétentions sur la Géorgie, ses hostilités contre les peuplades du Caucase, l'éducation qu'elle faisait donner à une foule de jeunes Grecs amenés à Pétersbourg, le nom de Constantin que portait un de ses petits-iils, la création d'une flotte formidable à Klierson et à Sébastopol, dévoilaient ses desseins secrets ; et elle poussait l'insolence jusqu'à intervenir directement dans l'administration ottomane, en exigeant la destitution des pachas et des officiers qui lui déplaisaient. Au moment où elle venait de signer son traité de commerce avec la France, elle fit un voyage pompeux dans la Crimée, y trouva son allié Joseph, avec lequel elle s'entretint du rétablissement prochain des républiques de Sparte et d'Athènes, et passa à Kherson sous un arc de triomphe qui portait ces mots : « Chemin de Byzance. »
Ce voyage lil une grande sensation en Kurope, vi tout le monde crut la czarine disposée à coinnioncer la guerre. Kn même temps les Russes violèrent la dernière convention conclue parrentremise de la France; leurs incursions dans le Caucase reconimencèrent ; leur ambassadeur lit eiileiulre des paroles de menace. Le sultan, ses ministres, le peuple, indignés de tant d'outrages, demandaient la guerre. ChoiseuMîouflier leur lit vainement des représentations pacifi(|ucs. « Les Turcs, disait M. de Ségur, qui était alors ambassadeur à Pétersbourg, aigris par les ministres d'Angleterre et de Prusse, et elliayés de rapproche de l' impératrice, crurent que la France avait fait non-seulement un traité de commerce, mais un traité d'alliance avec la Russie, et qu'elle était d accord avec cette puissance pour cousummerla ruine de l'empire ottoman. » jNolre ambassadeur, pressé par le grand vizir de s'expli(]uer sur les intentions de sa cour, protesta de ses dispositions toujours amicales ; mais il n'en put dire autant de celles de la Russie ; et, d'après les craintes que lui témoignait M. de Ségur, il conseilla au divan d'armer ses places et de rassembler 10i),t)0(l hommes sur le Danube ; lui-même lit fortifier le Bosphore, et envoya à Oc/akof des ingénieurs et des officiers français.
Cependant la cour de France avait fait des représentations à la czarine et des menaces à rempereur. Mais les deux souverains, réunis à Klierson, venaient
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de mettre la dernière main à leur traité de partage delà Turquie. Catherine, par Tentremisede Joseph, proposa au cabinet de Versailles d'entrer dans son alliance, en lui offrant de balancer les effets du partage projeté, soit par la cession des Pays-Bas, soit par l'acquisition de TÉgypte et des iles de TArchipel. La France rejeta c^s propositions ; elle était Irop embarrassée dans ses finances pour se lancer dans une entreprise où il ne s'agissait pas moins que de bouleverser toute TRurope ; mais elle fit entendre a la Russie des conseils de modération, et, en signe de bonne intelligence, elle rappela le petit corps français qui exerçait les Turcs à Teuropéenne. Catherine et Joseph ajournèrent leurs desseins et se séparèrent. Leurs ambassadeurs à Constantinople cx)nvinrent, avec Choiseul-Gouffier et Ségur, d'un plan de conciliation, dans lequel on faisait droit à tous les griefs de la Porte. La paix semblait assurée, etTinfluence française venait de remporter une victoire non moins utile que glorieuse, lorsque TAngleterre vint encore se jeter à la traverse, et, pour satisfaire à ses haines éternelles contre la France, elle exposa la Turquie à une ruine inévitable.
La cour de Londres avait été récemment humiliée par celle de Versailles à cause de rindépendance des colonies d'Amérique, à cause de la ligue des neutres pour la liberté des mers ; elle était encore irritée contre elle à cause de la prospérité de son commerce dans le Levant, à cause du traité fait avecla Russie, qui enlevait aux Anglais le monopole de la mer Baltique ; elle cherchait donc à attaquer sa rivale dans toutes ses influences politiques, ses alliances, ses intérêts commerciaux. Elle, dont les conseils, la médiation, la neutralité avaient été si longtemps funestes à la Porte ^ calomnia les intentions de la France, qu'elle qualifia d'abandon et de trahison, et excita le divan à rejeter le plan de conciliation. De concert avecla Prusse, elle lui fit croire que la Russie reculait par crainte, que l'occasion était venue de lui reprendre ses conquêtes, qu'il fallait la surprendre par une vigoureuse agression ; elle lui promit de contenir l'Autriche, d'armer la Suède et la Pologne, de lui donner l'assistance de tous ses vaisseaux. En poussant ainsi à la guerre, elle n'avait qu'un but : profiter des embarras intérieurs de la France pour lui faire perdre ou son influence dans le Levant si elle abandonnait les Turcs, ou son traité avec la Russie si elle les soutenait. La Porte, trompée et entraînée, refusa le plan de conciliation que lui proposait la France (août 1787).
* L'Angleterre répare aujourd'liui noblemcnl, en combaltant à côté de la France pour sauver l'empire oltnman, les maux qu'elle a faits à cet empire; mais cette politique de sa part est toute nouvelle, et l'histoire doit sévèrement rappeler los fautes de reltc puissance et le mal qu'elle a fait à l'Europe par sa haine contre la France.
il8 HISTOIRE DF: LA TURQUIE
g V. — Nouvelle «rucrre conlrc les Russes. — Morl d'Abdul-llamid.
Aussitôt l'Autriche prit parti pour la Russie ; la Suède se prononça pour la' Porte; l'Angleterre et la Prusse continuèrent leurs intrigues, mais en restant int-;' mobiles. Quant à la France,qu'essayait alors de gouverner le cardinal deBricnne,* elle s'inquiéta vivement d'une guerre où elle voyait l'Angleterre miettrc l'Europe en feu pour lui enlever son influence sur la Turquie, la Suède et la Pologne,' prendre ainsi le riMe qu'elle avait eu jadis, et la réduire àn'èlre plus qu'une puissance secondaire. Mais cette guerre, il ne lui était pas permis dé s'en mêler, car elle sentait bouillonner en elle la plus terrible des' révolutions! Aussi l'opinion favorable à l'alliance russe éclata alors ouvertement ; et l'expression la plus brillante de cette opinion fut l'ouvrage dé Volney, intitulé : Considérations sur la guerre présente entre les Turcs et les Russes^ ouvrage où il dénigrait outre mesure l'alliance de la Porte, montrait que les temps de cette alliance étaient passés, conseillait le démembrement de l'empire ottoman de concert avec la Russie, et excitait la France à s'emparer de l'Egypte. En même temps Choiseul-GoulBer, qui était trop porté, par sa passion pour l'antiquité grecque, à ne voir dans les Turcs que les persécuteurs des descendants des Hellènes, appela l'attention de la chrétienté sur l'état misérable des Cirées : il demanda qu'on fît de la Morée un Étal indépendîinl sous la protection de la France. « P. égénérer les Ottomans est chose impossible, disait-on de toutes i>jirls ; ils croient eu\-niémos que le moment de leur (lestruclioii est arrivé. L'alliance delà Porte ne peut plus entrer dans les com hinaisons de Téquilibre des grandes puissances. Devons-nous, pour secourir un tel peuple, porter le théâtre de la guerre jusque dans la mer Noire, et couvrir nous-mêmes la capitale de cet empire? Pouvons-nous faire de telsefl'oit s devant la ligue des puissances rivales intéressées à détruire notre conmierce du Levant ? Ne Faut-il i)as plutôt, puisqu'un déniembremenl est certain, nous emparer d(;s meilleui's ports des Turcs, et saisir en l'Egypte et en Syrie les véritables sources di? l'abondanee et du comuierce' V » Le cabinet de Versailles se laissa ébranler [>ar eette (»pinioii ; essayant de balancer les inirigues de la cour de Londres par s<'s négociations, il proposa, de concerl avec l'Autriche et l'Espagne, d'un coté à la Porte sa médiation, de l'autre côté à la Russie une alliance dont la paix avec les Turcs serait la première condition, et qui aurait |)our but principal d'arrêter les desseins turbulents de l'Angleterre et de la Prusse. Catlierine, voyant dans ces propositions une tendance de la France à enirer entièrement dans sa p(>liti(|ne, ace.epta avec empressement : mais le divan rejeta la médiati(»n qu'on lui olVrail ;
' Mi'm. «!»• Mnllhiou Dumas, l. I.
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l'Angleterre fit des menaces de guerre, el le cabinet de Versailles fat contraint de suspendre ses négociations.
Les généraux de Catherine ne se hâtèrent pas de lui frayer le chemin de Byzance. Leur armée traversa les provinces lartares; mais « la famine, la peste, toutes les calamités d'une guerre longue et cruelle, les avaient désolées. Il fallait apporter les vivres à d*immcnses distances; les moindres succès faisaient couler des flots de sang; les provinces épuisées ne pouvaient plus suffire aux recrutements ; on était réduit à y comprendre les exilés de la Sibérie. » Cependant les places de Kherson et de Kilboum, vivement attaquées par le pacha d'Oczakof, furent défendues par SouwarofT; il soutint trois assauts et repoussa les Turcs. Romanzof el le prince de Saxe-Cobourg s'emparèrent de Choczim. Potemkin, avec 80,0(J0 hommes, assiégea Oczakof (décembre 1788). Le kapoudan- pacha Gazi-Hassan vint pour délivrer cette ville; il poursuivit la flotte russe et se laissa attirer à Tenibouchure du Dniester où une bataille s'engagea; il perdit quinze vaisseaux et onze mille hommes. Pendant le combat, Souwaroff, posté sur le rivage devant Kilbourn, joignit le feu de ses batteries à celui de la flotte russe. Alors Oczakof, qui n'avait pour défense que de vieilles fortifications, fut vivement pressée, et Potemkin ordonna l'assaut : la place fut emportée et mise ^sac avec une fureur sauvage. Les vainqueurs, qui avaient perdu 20,000 hommes pendant le siège, ne firent point de quartier, et massacrèrent plus de 25,000 habitants'.
Joseph II, qui avait pris lui-même le commandement de son armée, obtint moins de succès que les Russes; il essaya de surprendre Belgrade, mais il fut contraint de se retirer. Le grand vizir repoussa les Allemands jusqu'à Lougosch, prit quelques places de Hongrie , ravagea le banat de Temeswar et faillit surprendre l'empereur lui-même. C'étaient de faibles compensations au désastre d' Oczakof.
Peu de temps après, Abdul-Hamid mourut (7 avril 1780).
g VI. — Séliai III (1789). -^ Coiilinualion de lu guérie. — l'aix d^Vassi (1792).
L'avènement d'un jeune sultan rendit quelque confiance à la nation terrifiée par le massacre d'Oczakof ; il semblait que les défaites tenaient à la vieillesse
' Laissons parler un témoin oculaire de ces scènes horribles : « Des fcmraes turques et des enfants, au nombre d'environ quatre cents, furent ramenés d'Oczakof quand la tîUo fut prise cl conduits aux quartiers de rurniée russe. On les mit tous, pour la première nuit, aous une tente ; on ne put leur procurer «lans un tel moment plus de secours. Le froid était véritablement excessif; ces malheureux, sans vêtements et la plupart blessés, souffraient d'une manière effroyable. Je parlais turc et j'avais ce poste sous ma garde. J'observai que ces infortunés gardaient le plus profond silence. Pas une femme ne jetait un cri, quoiqu'il n'y en eût peut-être pas une qui n'eût à regretter un fils, un père ou un époux. Elles répondirent à mes questions sans paraître émues. Une femme assise, mais dans une altitude de mélancolie profonde, me loucha si vivement, que je voulus la consoler. Je lui demandai pourquoi elle oe prenait pas
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d'Aboi iil-U^mid, et ^|ul^ loiil ylliûl se i-es^eiitîr de la vija;iii^m' i\\xe IVin ?iii))|ioï)ail au nouviMiipadJâ<;hrtlK Kii elTet, le tils4JeMouslii[iii;i 111 ^iviiit ret;^ iint* éilucjtiuii lil>eraie, et la nation sa^^ait qu'il rêvail h' lûtablissi^iiieiii de la )>uisMane£ uttoniane. Ue|niiï4 17*^(î il iivait entretenu avee la eour de Krance dus rebtions su'ivieîi, et un de ws favoriij;^ Isïiac-bev , avait kiè envoyé dans c^e (lavs pour étudier Xm^ différcEitos liranclieri de riidoniiiKtiatioD. Sélini écrivait à cettL^ épntjue : «Comme, la moil e\:ceptùf.% il y u letn^deà tous luï^ riiîniA, la guériMm dt;^ n^tre»; est luiiique objet de tiii:s profondes rétïe\ions. Nous méditons et nouîé préparoiiî* les iiioyeiiiï élaignéâ que nous devons employer à^m le temp^ prédestine. >» Ceux qui ]*enttmraient avaient coni^u de lui krâ pluï$ hauLes ekpéranees, tit des prophéties coniplaigantetï annon«;;iient un rê^oe glorieux.
Son premier aete fnt d'ouvrir les pnsons, de rapjjeler les exilé* et de ivvoquer Tordre, doimé pardon prédéecsseur, de porter à la monnaie tout e^ que Ton pot^sédait de vaisseUe d'or et d*argenl. Pour délivrer Icîs débiteur» insolvables, il donna, aux dépensï du trésor, trente pour eenl aux eréaneiers qui les Taisaient détenir. Voulant s'assurer par lui-même de h eonduiie des aj^*nls de raduiinisti^atioTi, iJ aimait â parcourir CuusUmlinople sous un dé^'uisemeut et à redre^^ij^r tout ce f|u'il trouvait de contraire â la justice ; mais son zèle avait un tel caractère de sévérité, que bientôt la teneur s'atUicha a ses pu*, el que tsa vue (it Fuir c«iix qinl vouhit protéger.
(^e|K'ndant la >;uej-re cotitimuLii ; maiïf, la tVance ayant oITert sa médiation, de» conférences sVnivrii'ent à Foczani, L'Anyleternî et la Prusse redoublèrent dVfptrts pour les rendre inutiles; elles eommeneèreïïl des armements, elles iireiil alliance avec la Pologne, el cellenri avec la Porte; elles prciniireul (jfs secours à la Suède* Les hostilités recommencèrent. Sélini voulait prendre lui-même le commande^ ment de stis armées ; le dîvan, piir des raisons superstitieuses, l'en euipéclia.
Le ^1 juillet f (iazi-llassau , qui, depuis la perte de la Jlolte, eominandait l'avani-i^arde de Tarméc. fut ballu près de Foezani par les liusscs et les Antriubieus, commandés par SouwarotVi*l le priticc de Cobour^. Le yrand vizir, vonliinl veuj^er cette défaite, prohta de la séparation des troupes alliées pour attaquer l'année autriebienne ; mais Tarrmïe subite de SouwaroH' renvei^sa L*e plan, et les Tores perdirent â Hinmick ^^,000 honnnes. soixante eauons. toute leur artillerie de siéye el leui-s munitions ('2'2 septembre]. Ils repassèrent le DanuU\
Lt; pnnce de (loboury entra innnédialement en Valaeiue et eu Moldavie, tandis que Laudon prenait Belgrade et tonte la Servie; les Husses, de leur côté, i^Vuipai-érerit de Eender, d'Akerman, de la proviuee d'Oc/akof, de la Bessarabie; ih brûlèrent {}ii\\i\i et inenacérenl Ismad.
cvuragc^ l£Ue mv céyunSvl : i J'ai vu iiivt oiuu pt^rt^^ tiiuii ijurin, utâ^ ciU'uuUf. Lii ittaui ni'«t«it i-eild. — Uû il t?6t-i]Vm'écriai-jt;*— Ici, <.' ilît-oDc: J*tnL tiitt nitim^ v\ *\\\k me; munira l'enhint ifiii vtinmt pri^npitui i^rt.*'»
SÉLIM Ml. 41»
1/ Angleterre se prépara alors sérieusement à venir au secours de la Turquie, et elle lui fit conclure (31 janvier 179(>) un traité d'alliance offensive et défensive avec la Prusse, dont les armées devaient entrer en campagne au printemps ; enfin la Suède lança sur la Russie une armée qui menaça Saint-Pétersbourg, et une flotte qui livra un combat glorieux.
Malgré ces diversions, la Turquie ne voyait point ses dangers diminuer, lorsque la mort de Joseph II |20 févrjer 1790) vint heureusement modifier la politique de TAutriche, qui accorda d'abord un armistice et signa ensuite (Septembre 1790) des préliminaires, convertis en traité de paix à Sislova (4 août 1791 ). Par ce traité, les Ottomans ne perdirent que le vieux Orsova et le territoire limité par l'Unna. Mais, d'autre part, la Suède fit la paix avec la Russie à Verulœ (14 août 1790), et Ismaïl, menacée depuis longtemps, fut emportée d'assaut par les Russes (22 décembre 1790) : un massacre de trois jours ne laissa échapper de cette ville qu'un seul homme, qui apporta la nouvelle de ce désastre. La population de Constantinople, qui après la défaite de Rimnick avait manifesté son mécontentement par des incendies et des menaces, demanda alors la télé de tiazi-Hassan, et Sélim, effrayé, Taccorda.
La Révolution française venait d'éclater. Une telle commotion offrait aux ennemis de la France l'occasion tant cherchée de ruiner la puissance des Bourbons et leur influence européenne. Tous détoumèrenl leurs regards de l'Orient, à l'exception de la Russie, qui vit dans les préoccupations des autres puissances, le moyen de ruiner la Turquie. Mais alors l'Angleterre, la Prusse, l'Autriche, intervinrent en reprochant à la czarine « de continuer une guerre qui empêchait les puissances européennes de s'occuper des affaires de l'Occident. » Enfin, des négociations ouvertes à (îalatz, au mois d'août 1791, amènent le traité d'Yassi (9 janvier 1792). La Russie obtint définitivement la Crimée, une partie du Kouban, où elle devait bientôt créer Odessa, la Bessarabie et la place dOczakof; le Dniester fut reconnu pour limite des deux empires, et l'on stipula une indemnité de douze millions de piastres en faveur de la czarine. Dans ce traité, les principautés danubiennes n'étaient plus désignées que comme des provinces turques, et les capitulations de 1393 et de 14Ht) étaient passées sous silence.