‹ Histoire de l'Empire OttomanChapitre 71 sur 83 · CHAPITRE PHEMIEK · texte numérisé non relu

CHAPITRE PHEMIEK

bh I.A PAIX d'TàSSI a l'avènement de MAHMOUD II ( ITM - 1808).

^1. — Contre-coup de la Hévolulion française à Constantinople. — Amhassades de Descorebei, de Veminac et d'Anhert-Dubayet.

La situation de l'empire ottoman était alors déplorable : presque tous les pachas d'Asie n'étaient plus attachés au sultan que par quelques tributs et des formules de respect; les Persans et les Kourdes menaçaient les frontières orientales; les Mameluks tyrannisaient TÉg^pte; la Syrie était en pleine révolte ; les pachas et les peuples de la Turquie d'Europe n'étaient pas mieux soumis que ceux d'Asie ; l'anarchie était telle, que des bandes de brigands s'étaient formées dans les Balkans, le Rhodope et le Pinde, qui rançonnaient et ravageaient des provinces entières : une de ces bandes venait d'imposer une forte contribution à la seconde ville de l'empire, à Andrinople. Sélim s'occupa immédiatement de la répression de tous ces désordres, et, tout entier à Tadministration intérieure de ses États, il resta neutre dans la grande lutte entreprise par les ennemis de la Révolution française.

m nisroïUK i»k la Tîinyirir.

Lf>tlivnii, ne f^rtmpren.int rit^n \\ no» iinuvetleïi mœurs, laissji têuv de nos rotii- [ïatrioU^ qui élHÎenl é1«tjlis A ConAUntÎTinpIo chanter la Marmlhise. et nif^mf* L (ïlmitnr a IVra un arbn^ «le la lilwpté. Slalgn^ c^lle eom|»bi*ianrf* nu c^tte itidiT-

ftVt^iUY, U npvolulinu n'ru |mm1:i |mis moins un ronp lerritiln à nolrf^influonr^* en jl Orient, en aiïailiHss;utt tiuln* i f^nomnnV calliolique, en suspeiidajil nos relations

lie eommert-e, en livrant nos compatriotes â l'esprit d(^ disi-ussion et A U discorde politique^ en laissant enfin notiT cliplûnuifie incertaine, impmsi<ante. dcvnytt» de ses tra<litions,

f!hoiseu!-liou(1ier déplaisait dejuiis lonpi^mps i\ nos rnaiTli^inds, à cakse t\e sh passion pour les antitpiite^, qui hri laiwnt nt'gliger les illlélTt^ du eonunerce ; mais leur mécontentement Tut au romble cpianil ils le virent résister par tous lej? moyens a leur esprit rêvolritionuture, sr mettre en ri>nvsptuubn( e iïvt*f:les entteTni?« delà Fi-îince, laisser les légiilions d'Autrirlie et de Itussie ilépcindre au divan Vélat de notre pays sr)us les plus odiensos riiulenrs, en IVxcitant A rompre nvec lui tonte relation. Aloi*s une soeiété {H^pulaire se forma à Péra, où Ton a^ita la question des intérêts de la Trance dans le Levant , Tandiassadenr y fiit ac:rn<M'* de trahison, déposé dt^ ses lotirl ions par nn voli* unanime jI7V12), et l'einplaeé parnn mariJiand qui devait porter le titre Je député et repnVnlanl du mmtnerœ t'nmvaîs auprès de la Sublime Porte. Le divan refuîia de reefinnaitre ee rhangenient; maiis» à œlte Lqxique, Choi^enl aviml été déer^He d'acrusatirm par la Omventton nationale, à c^us4' de sa correspondance avee les frères df Louis XVI el les eonis ennemies de la Franee^ il s'enfuit de Oonstanlinople ef alla eherclier un refuge eu Russie.

Sémonville fut alors désigné pour remplacer ChoiseuI-GoufBer; mais rinteriionce impérial, baron de Herberg, (ii aussitôt près du divan les plus vives instances pour que le nouvel ambassadeur ne fui point admis. « La faction sanguinaire des Jacobins, dit-il, voulant souffler partout l'esprit de discorde et d'aparchie dont elle est animée, vient d'expédier à Constantinople un de ses membres les plus /langereux, nommé Sémon ville, bomme tellement njoté par la perversité de ses principes, que plusieurs cours ont déjà décliné ou refusé de l'admettre en qualité de ministre , et même sur leur territoire. Les projets exécrables de cet émissaire, connus de la cour impériale et royale, ne tendent à rien moins qu*à renverser l'harmonie parfaite, si beureusement rétablie entre ces deux empires, pour préparer une diversion favorable à des bordes de scélérats, que Sa Majesté impériale travaille, de ex)ncerl avec ses augustes alliés, à mettre hors d'état de bouleverser l'Europe entière. » La Porte, cédant à ces remontrances, refusa de recevoir notre représentant. Plus tard, quelques différends avec la Russie, qui furent terminés à l'amiable par notre médiation, eurent pour résultat un rapprochement avec la France: d'ailleurs le kapoudan-pacha avait besoin d'ouvriers habiles pour creuser un bassin dans le [wrt de Constantinople et pour construire des vaisseaux ;

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on demanda ces ouvriers à la France; celle-ci s'empressa de les expédier, et avec eux une compagnie d'artillerie légère, qui fut obligée de prendre la voie de terre. Enfln le Comité de salut public envoya, avec le titre de chargé d'affaires, le citoyen Descorches, ex-marquis de Sainte-Croix, patriote très-ardent et habile négociateur. A cette époque, la guerre des rois contre la Révolution française était commencée, et la coalition cherchait à se renforcer de la Turquie. Les ministres étrangers, et principalement celui d'Angleterre, excitaient le divan à rompre avec la France, en lui promettant leurs bons oflices pour amener la Russie à ab nidonner ses deniières conquêtes. Descorches avait done, pour mission de combattre les calomnies et les sollicitations des puissances coalisées. Grâce à ses représentations, la Porte, qui n'avait d'ailleurs aucun intérêt à entrer dans la ligue des rois absolus, persista dans sa neutralité et contiima à couvrir de sa protection les marchands et les établissements de la France.

La Convention, satisfaite de ce résultat, laissa Descorches à son poste de chargé d'affaires, en lui enjoignant d'entretenir le divan dans ses dispositions amicales, de faire respecter les anciennes capitulations et surtout de maintenir le protectorat de la France sur les chrétiens d'Orient. Les instructions du Comité du salut public furent entièrement copiées sur celles que le gouvernement des Boui bons avait données à ses agents pendant deux siècles. Descorches remplit sainission avec plus de zèle que de succès ; il soutint avec dignité l'honneur et les intérêts de la France, et lui conserva l'affection de la Porte; il lit célébrer à Constantinople toutes les victoires, toutes les fêtes révolutionnaires; il s'efforça de maintenir l'ordre dans nos consulats, et fit même passer quelques secours d'argent aux religieux de la Syrie; mais ses demandes et ses démarches n'étaient pas soutenues par le pavilloii français, qui n'apparaissait plus que rarement dans les mers ottomanes. Les autorités turques se hvrèrent sans crainte à leurs habitudes d'oppression; notre commerce tomba en décadence ou nous fut enlevé par les Anglais et par les Grecs ; la légation d'Autriche prit sous sa protection les églises de Constantinople ; la légation d'Espagne celles de la Syrie, et les droits et l'influence de la France dans le Levant semblèrent suspendus.

Dès que la Convention eut vaincu la coalition et conclu les traités de bàle, elle voulut faire reprendre à la France sa position en Orient, et envoya (i6 avril 1795) à Constantinople M. de Verninac Saint- Alaur, comme chargé d'affaires extraordinaire, avec mission de remettre l'ordre dans notre commerce et nos consulats, de renouer l'alliance avec la Porte, de revendiquer tous nos droits sur les chrétiens d'Orient. Verninac fut reçu en audience solennelle par le sultan, et, selon les habitudes militaires de la France républicaine, il se lit précéder par un détache* meai de greuadjers fr^iiçatï^, la baïonnette au bout du fusil; ce détachement tf' arrêta daus U df^uxièrne cour du Sérail, et présenta les armes aux membres du diviuk iltïtte iLMivË^iuté \\v duplul pas : la renommée de nos victoires avait traversé

AU IirSTOIBE TIE LA TlHOriE

lesi^aloinnies de iu>s eniinmib, el l«s Turcs étaieiil «vides de voir ces (juri

avaienl fait tremblui^ Ttiurope»

(Cependant la niissioii dv Verntiiac tiVul pas un plein snccfc : il s'imaginail r(u'il allait rcTolntiotiner la Turquie « cotnme lo» armt^e^ n^publicaines avaient révûliJtinnnc les peuples df rOL-cidt^nl, el i\ lvI efiîl il fil imprimer et distribuer une ga/elt^' eu bnigue rrau^MiMi. tm il t^xpoHnil les prhuipt;» du gouvernement d*^ h Franrc t^l Honnait de» coiisejlf* au divan. Ce.s nifiuieres d'agir déplurent au îiuUan, et Vernina*!. tniverst!d'aillr.'nrs dans >?es ne^odutions par TAugleterre, s^eo rt'tounia (17\k;| sanii avf>ir rien Tail pour notre couiun^rce ni pour les catbolique:» d' Orient T mai** après avoir ar radie A l'nrj>neil musulman une conressioTi que Louii^XlV avait vainement denuuidéc. TeEivoi à Paris d'une amba!i^;ïde turque, qui doréuavaul serait permauenle ; Tambaï^t^adeur nonnué Cul Esapyd-AlJ, qui resta en Fmuv jusqu'en i8U2.

l.e général Aubcrl-Dul>ayet suecéda à Veniiuae gouii le titre d'amhasi»»deur iiVMti. On piùlend que, lors de sa réception, le sultan Sélini lui dit ; rt J'iicceple avee plaisir It^s assurauceï^ d'amilié du Direeloire \ je peux \ compter, car la République Iranvaise n*éponsera jamais une archidueliesse d'Autriche, i» Le nouvel aiubassudrur obtint du divan le rélabbssement de Tambassade frau- V^'iise dans tous ses dj^oils et privilégies ^ la reslilultou des églises et établissemenls catholiques de Galata. deSmjrue el de Syrie. 1 assuiauee que lesdcrniÈres copitulalionsde 1740 seraient respeelêesdaiis tiuib's leurs parties. H avait amené des ingéniruj^, des oITieiers^ des inslrucleurs de loutes armes, des soldats et des ouvriers d'artillerie pour instruire les canonniers turcs et diriger les fonderies et les arsenaux, enlin jusqu'à des pièces de campagne, montées sur leure affûts el attelées. Avec ces secours on forma un corps de huit cents canonniers, dont les manœuvres excitèrent Tadmiration des Turcs; un escadron de cavalerie fui organisé, armé el exercé à ieuropéeime ; enfin on composa, avec des renégats étrangers, un bataillon d'infanterie qui devint le noyau des nham-gedittes, ou armée de nouvelle ordonn<ince. Nous verrons plus loin ce que devinrent ces innovations.

§ II. — Chniiifeiiieiit de pulitiqiie «le la France. — eiojeli» «le C4Hiquèle de l'iîgyple.

Aubert-Dubayet, voyant les bonnes dispositions du sultan pour la France, le sollicita de faire ce qu'avaient fait tant de fois ses ancêtres, de se déclarer contre l'Autriche. Sélim ne repoussa pas cette proposition ; mais il se fit alors dans la politique du Directoire un revirement qui devait avoir les plus funestes conséquences.

Les défaites presque continuelles de la Turquie, les désordres toujours crois-

sants de spn administration , les idées d'indépendance qui agitaient l'Albanie, la Servie, la Grèce, la Syrie, les révoltes continuelles des pachas, portaient l'Europe à croire que cet empire touchait à sa fin. C'était aussi l'opinion du Directoire, qui avait repris les doctrines de Choiseul et de Vergennes : il croyait qu'il fallait non-seulement s'apprêter à prendre une part dans le démembrement de l'empire ottoman, mais encore se faire cette part à l'avance, seul, sans le concours de la Russie, malgré toute l'Europe. Le rétablissement de la puissance française en Orient était, disait-il, une des nécessités de notre lutte avec l'Angleterre.

Des plans avaient jadis été proposés à Choiseul et à Louis XVI pour la conquête de l'Egypte : le Directoire les discuta, ainsi que les rapports faits récemment par le chef de bataillon du génie Lazovrski, chargé d'une mission en Turquie, et par les citoyens Magallon , consul au Caire , et Prix-Réal, négociant dans cette ville. Le premier n'hésitait pas à conseiller au gouvernement français de renoncer à l'alliance de la Porte et de s'approprier les provinces qui échappaient à sa domination; il assurait que le sultan était hors d'état d'opposer le moindre obstacle à une entreprise contre l'Egypte, où sa domination était illusoire; qu'une rupture avec la Turquie ne devait entraîner aucun embarras ; que la faiblesse des ressources de cet empire, l'épuisement de ses finances, les vices de son gouvernement, tout enfin présageait m chute prochaine. Les deux autres, victimes des avanies journalières que les Mameluks imposaient aux Français, avaient de même, en adressant leurs plaintes au gouvememeni, suggéré l'idée d'une conquête dont ils faisaient ressortir la facilité ; ils entraient dans lès détails les plus minutieux sur le climat, les productions, les mœurs, les chances de succès, le débarquement des troupes, les marches, les vivres, etc.. Le ministre des relations extérieures, Delacroix, adopta avec empressement ce projet d'une expédition en Egypte, et la présenta au Directoire dans les premiers jours de ventôse an IV. Il n'y eut d'opposition que de la part de Laréveillère ; mais on ajourna l'exécution. Talleyrand, qui succéda à Delacroix, voulait qu'on attendit la paix générale et qu'on fit alliance avec l'Autriche et l'Angleterre contre la Russie, pour partager, sans cette dernière puissance, l'empire ottoman.

Pendant ce temps la même pensée du démembrement de la Turquie occupait Bonaparte au milieu des merveilles de sa campagne d'Italie : des champs de Rivoli et d'Arcole, il regardait l'Orient, cette contrée des grands empires, d'où viennent, disait-iL les grandes gloires ; et, dès que l'occasion s'en offrit, il se hâta de mettre une main sur ces pays du Levant, où la puissance française était presque entièrement à restaurer. La ruine de la république de Venise lui permit de s'emparer des iles Ioniennes, de Parga, de Butrinto, de Larta, de Vonizza et de Prevesa, c'est-à-dire des dernières possessions des Vénitiens en Grèce et en Épire. L'apparition des soldats français sur cette côte peuplée de catholiques, où les descendants des colons normands et angevins existaient encore, y fit une profonde sensation, sur-

m fllSTOlBE DE lA TURQUIE,

toul parmi les (irt^cs, qui cûinmriiçnienl à nourrir quelcjuei* icléi^s d'im)cpeni)anoD; elle eut même l'appurence de |>ré[Kn'jïtifs liosliWs contre l'empire oltoman*, «Lf* ile« Ioniennes, énivil Ronapurle îîu Din^ctoire [Iti août n97), ï^ont plus intéressantes pour noua que toulfi l'Italie ensemble. Je t:viw que si nuu» éliouK olïligi'*H d'opter, il vîindruil mieux riisliluer Tltalie ïi TempeiTur et jçarder ces îles, qui sont une sourre de prosprrilr el de rirfusîies pour notre conimeree. L* empire des Turc» j^'eexoide tous les ynivs : h p^>sî!iesbjon de ces iks nous mettra k nièinr de le soutenir autaut que œh e.st possible, ou d'eu prendre m>tn> part. Les tempH ne sont p:is tiloignés où nouis sentirons que, pour détruire véntiiblement V Angleterre, il faut nous emparer de l'Egypte. Le vaste empire ottoman , qui dépérît tous les jours, nous met dans l (ibligatiou de i>enser de bonne heure à prendre de« moyens pour conserver notre commerce du Levant *. »

Pendant les négociations de Camj>o-Formio, Bonaparte sVntoura de tou.s les do* euments qui pouvai^iuiréclaireisur Tétat de l'Orient ; il étudia et chargea de notes les nombreux ouvrages qui traitaient de celte matière; il se Ht envoyer pnrTalleyrand les piéees des affaires étranpèj-es, les mémoires et plans proposés à Louis XI V et à ChoiseuL le* rapports de Lazowski et de Ma^allon. 11 fit pareourir \es échell&« du Levant par un ageni très-babile, Toussielgue, qui s'arrêta à Malte et lui envoya des rapports trc-s-détaillês ^\iv les points principaux, de la Méditerranée. Il entama aussi des j^Iations avef^ les Snuliotes, accoutumés depuit^ longtemps n respecter le nom de la France, et qui luttaitiotpour leur liberté œntre le(ameux Ali, pacha de Janina ; il leur fit même passer des armes. 11 envoya au\ Maïnotes des émissaires grecs, avec une lettre pour « le chef du peuple libre de Maïna, » dans laquelle il prodiguait à ces brigands le nom de Spartiates. 11 fit souder sur ses projets d*indépendance le même Ali-pacha, et lui proposa un traité d'alliance. Enfin il s'occupa par-dessus tout de Malte. « Pourquoi ne nous emparerions-nous pas de Tilede Malte? écrivait-il à Talleyrand (13 septembre, 1 797) ; quatre cents chevaliers et au plus un régiment de cinq cents hommes sont la seule garde qu*ait la ville de la Valette. IjCs habitants, qui montent à plus de cent mille, sont trèsportés pour nous et fort dégoûtés de leurs chevaliers, qui ne peuvent plus vivre et meurent de faim : je leur ai fait exprès confisquer tous leurs biens en Italie.

* ParTordee du divan, le patriarche de Gonstanlinople publia une instruction palemclle, où il disait que rbérêsie latine avait causé tous les maux de rOccident, nnnis que TÉpiise d'Orient avait été prélérée de Dieu, qui avait suscité la puissance dominatrice des Ottomans à la place de l'empire romain, pour la protéger contre l'hérésie, et il analhématisait les nouvelles idées de liberté, comme venant de la jalousie du démon en haine des prospérités de TÉglisc d'Orient.

* Talleyraii^ lui répondit le 23 août : e Rien n'est plus important que de nous roeUre sur un bon pie«l en Albanie^ eh Grèce, en Macédoine et autres provinces do. Tempire turc d'Europe, et même dans toutes celles que baigne la Méditerranée, notamment l'Egypte, qui peut nous devcnirun jour d'une grande utilité. Le Directoire, en approuvant les liaisons que vous avez établies avec le pacha Ibrahim et la naUon albiinaise. drsire que vous fas«(iez connaître le peuple français au reste des provinces turques (fune manière qui. tAt ou tard, puisse tourner k leur profit et an nôtre, et au désavantage de nos communs ennemis. >>

SÊLIM III. m

AvecTile de Saint-Pierre que nous a cédée le roi de Sardaigne, Malte et CoHbtt, nous serons maîtres de la Méditerranée. S'il arrivait qu'à notre paix avec TAttgleterre nous lussions obligés de céder le cap de Bonne-Espérance, il faudrait alors nous emparer de l'Egypte. On pourrait partir d'ici avec 25,000 hôddtttes, esœrtés par huit ou dix bâtiments de ligne ou de frégates vénitiennes, et %*^\\ emparer. I/Égypte n'appartient pas au Grand Seigneur... Je désirerais, citoyen ministre, que vous prissiez quelques renseignements et me fissiez connaître quelle réaction aurait sur la Porte notre expédition d'Egypte. »

Le coup de main projeté sur Malte ne fut pas exécuté ; mais Poussielgue, i^tît s*y était rendu avec le titre d'inspecteur des échelles du Levant, s'elTorça de la préparer en gagnant les chevaliers aux inlt'^réts de la France. D'ailleurs, Tordre était tellement déchu, que cette possession ne pouvait manquer de tomber entre des mains étrangères. En effet, Malte était convoitée à cette époque, non-seukment par la France, mais par l'Autriche et par l'Angleterre, et l'ordre sigAa même avec ces deux puissances deux traités qui la mettaient dans leur dépendance.

^ 111. — Expédition d'Egypte. — Kuplure de la France avec la Porte. — Paix de i80i.

Le Directoire et Bonaparte avaient conçu leur projet sur l'Orient au tûAien ûtf^ embarras de la guerre ; dès que la paix de Campo-Formio eut été signée, l'etpéditiûA d'Egypte fut facilement résolue. Ce fut une grande faute : l'ancien gouvernement de la France se préparait à prendre sa part de l'empire ottoman, s'il s'écroutett, mais il s'efforçait d'empêcher cette catastrophe ; tandis que le nouveau gouvernement, en enlevant brutalement à cet empire une de ses provinces, précipitaR {à ruine, rompait une alliance qui avait survécu à tant de désastres, enfin mettait pour la première fois en présence les Turcs et les Français : aussi les considérations politiques eurent-elles moins de part à cette détermination du Directoire let de Bonaparte que les considérations d'une ambition vulgaire.

Cependant l'expédition avait de grandes chances de succès : l'empire ottoman était si faible, nous avions sur lui un tel ascendant, qu'il était facile de lui faire entendre qu'elle avait pour but de chasser les Mameluks, de rétablir notre coMmerce, de chercher un passage dans Tlnde. Nous nous présentions en Égy^fte comme amis de la Porte, comme protecteurs de Tislamisme, et nous donnions pour preuve la prise de Malte, par laquelle nous vengions le croissant d'une ttï^gue série d'outrages. Une fois établis, nous aurions négocié pour obtenir une cession complète, et avec de l'argent nous l'aurions obtenue. Mais à .cette époque Aubert-Dubayet mourut, et on laissa les fonctions de l'ambassade à un simple chargé d'affaires, Ruffin; de plus, Talleyrand, qui devait aller à Goilstantinople

m IIIsrniRE PB l\ TIIBUUIE^

pnurt'dainT U' divan sur Itib c^u»t.»h tîl le biil du ri'\|>i*ditimi, j)tmr apï*or î*on uTÏliirion *^l le nmiiiUHiirdana sa neiirrniUé, crnigTiil Iw* Sopl-Tourset fit ttoinoier h «a |dac« De^orches, qui ^nrtv^t Irop Inrd et n^ohtjnl [ins méitii^ iini^ audieticn* Knlin uous dwions hou ver dt^ nombreux auxilijnrps dans les pciiulutîons rhn^ Itrnnt's qui, df^puis si lon^^k'iups, allendaimit dr nous Wir délivnuiix' . im eOct,

I Kf;\pk* iTiilcnihiil encore â udtt; époque pK's d un miiIHou de eliretions ; e1 en Sjiiu les Marcniles et K;s Ihuseâ, rnuiifi Mms Téniir Heschin [«uvaienl dorini^r 41>*tH.IU soldalii. Mais U crnisiide nouvelle éliiit laite itvet- des idf't^ qui n eUii^nit point filles des* peuples qu'on voulait tnnquérir : toute expédition de la Franoe ru Orient ne peut réussir tpiavtr l«i a-oh pour baiiniéri', et relie de 1798 éUiil loin d'avoir lii moindre intipiralion relijijieuse Itonaparte, pur *«es prodama* lions uialiométiuies. exeitu h délianee des rlirétiens d'Kgyplo ei de Syrie ; tl îm* prononça le nom de Jéni!*ideni que pour din- quiM^ette ville n'était pas dans «a tijiue d'opérations ; se*i soldats se nioquaitml é^ak'merd de la Itilde et du Korain ; i^ res|>ev;tèieiit mieux les inosquiW que le;* monastères; à la prisse de JafTa iU enveloppèrent dans le même cliâtimenl musnlmans et chrétiens : aussi les catholiques lie la Syrie, qui avaient d'abord pris les armes, i-estèrent iuimobiles, et Beschir ne promit sa coopération à rtïmaparle que lorsque Saînt-Jean^d Aore aerail pris \

Par toutes ces causes rex^H^ditii^ii éehnuu ; mais il resta quelque chose de 1« croisade de la Révolution : l'Asie occidentale fut renmée par rnrrivêc dea Francis; tous tes aouTtinirs aucieos se rérviU^wit ; toutes les sympathies de TOrient pour la France furent ranimées ; la valeur française rentra en possession de la renommée qu'elle avait autrefois dansée pays; notre gloire nouvelle rendit plus éclatante notre gloire du moyen âge. Aussi les souvenirs de la conquête républicaine se nu>lent maintenant aux souvenirs de nos conquêtes chrétiennes dans Tespril des Orientaux ; les noms de Godefroy, de Saint-I^uis, de Bonaparte, de Kléber, sont également populaires sous les tentes des Bédouins et dans les monastères du Liban; les noms d*Ascalon et du mont Thabor, de Damiette et des Pyramides, sont également impérissables.

l/expédilion d'Egypte eut donc pour résultat général de ranimer rinfluence français;' en Orient, de tirer ces contrées de leur immobilité, de les faire entrer de nouveau dans la sphère d'action delà France, de les habituer comme jadis à voir l'Europe arbitre de leurs destinées, à regarder les Français comme la grande nation de l'Occident. Mais tout d\ibord elle fut désastreuse pour notre commerce, nos établissements religieux, nos relations avec la Porte. En effet, à la nouvelle

* « \\ est constant que pendant tout le siège de Sainl-Jcaiid'Acrc notre camp fut rempli d'habitants du pays, qui invoqu:iient le ciel pour le succès de nos armc.«, et qui ne manquaient jamais, à chaque assaut, «le hii adresser leurs Terve nies prières. Beaucoup d'entre eux s'agenouillaient la face tournée vers It Tille.

II fV'l vrai aussi que la ville de Damas fit offrir ses clefs à Bou.i|»ar le. » [Mémoires de Bourrienne, t. Il, p. 215.

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du débarquement des Français, la stupéfaction du divan hit extrême, et le minfstre anglais, appuyé des ministres de Russie et d'Autriche, en profita pour exciter i*orgueil musulman à se venger d'une telle insulte. La cour de Constanlinople hésita : elle attendait une explication de la France, elle se croyait trompée par les «'imbassadeurs des puissances coalisées. Quant à BuHin, il se trouva dans la position la plus critique : étant sans instructions, il essaya d'abord de nier l'expédition, puis de l'expliquer. Le général Bonaparte avait annoncé par une proclamation que la France, ancienne alliée de la Porte, envoyait des troupes en Egypte, non pour détruire, mais pour affermir la domination du Grand Seigneur contre les Mameluks : « Ceux-ci, disait-il, depuis plus d'un siècle n'avaient cessé d'entraver les relations commerciales de la France en Egypte, et de persécuter les négociants français... La Porte, à d'autres époques, avait supporté le bombardement d'Alger et de quelques autres ports barbaresques, » etc. Buffin fit valoir tous ces motifs ; les vopnt repoussés, il tenta de faire craindre à la Porte les suites d'une rupture; mais tout cela fut inutile, et le sultan, après avoir longtemps hésité, déclara la guerre à la France, et fît conduire Buffin aux Sept-Tours (12 septembre 1798).

Tous les Français établis à Constantinople furent emprisonnés dans les châteaux asiatiques du Bosphore, et même dans le bagne de Constantinople. Oubliant toute dignité, M. Spencer-Smith, représentant de l'Angleterre, s'empara du palais de l'ambassade de France, et s'y établit. Nos comptoii*s de Grèce, d'Asie, de Syrie, furent complètement ruinés; les vaisseaux anglais se présentèrent dans l'Archiiiel, à Smyrne, à Beyrouth, forçant les autorités musulmanes à arrêter les marchands français. Une flotte russe, partie de Sébastopol, passa à Constantinople et vint bloquer les îles Ioniennes, tandis que Ali-pacha s'emparait de Butrinto et de Prevesa, que nous avait données le traité de Campu-Forniio. Nos missions et nos monastères du Levant, abandonnés depuis six ans par le gouvernement français, qui avait cessé de leur envoyer des subsides . implorèrent la protection du roi d'Espagne : ils ne continuèrent à subsister qu'au milieu d'une misère profonde et K(»utenus par ce zèle religieux qui ne craint pas le martyre.

La conquête des Iles Ioniennes, de Malte et de l'Egypte, avaient donné à la France la domination de la Méditerranée : les défaites d'Aboukiretde Saint-Jeand'Acre la lui enlevèrent. Bonaparte vit que c'en était fait de l'empire qu'il avait rêvé en Orient et de ses grands desseins sur l'Egypte ; mais, toujours convaincu que la puissance ottomane touchait à sa fin, il était préoccupé de la pensée de ne pas laisser tomber cette province entre des mains hostiles à la France. « Les Anglais ont frémi, écrivait-il à Kléber (21 août 1799), de nous voir occuper l'Egypte. Nous montrions à l'Europe les vrais moyens de les priver de l'Inde. Ils ne sont pas encore bien rassurés, et ils ont raison. Si quarante ou cinquante mille familles européennes fixaient leur industrie, leurs lois et leur administration en Egypte, l'Inde serait

aussitôt pênhi« pour les Anglais, bien plus eocore par k force des choses que par celle des amies. Vous savet apprécier aussi bien que moi combien la possession de rEg\pte est importante à la Fniuce : cet empire turc, qui menace ruine de tous cotés, s*écroule aujourd'hui, et févacnation de TEgypte serait un malheur d'autant plus grand, que nous verrions de nos jours cette belle pruTiiK-e passer en des mains européennes. L'intérêt de ce qui se passe ici est vif, et les résultats en seront immenses |M)ur le commerce, pour la civilisation ; ce sera l'époque d*oii dateront les grandes révolutions ^ »

Il fallut pourtant, malgré les efforts héroïques de nos soldats, songer à Tévacualion de TÉg^pte, et Bonaparte, dos qu'il eut en main le gouvernement de la France, chercha à se servir de cette évacuation pour renouer notre alliance avec la Porte Pendant qu'il négociait à Paris avec l'ambassadeur Esseid-Aly, qui, malgré la guerre, n'avait pas quitté la France, il fit passer à Constantinople, par les ministres d'Espagne et de Prusse, des propositions pacifiques. La Porte les accueillit avec empressement : elle avait vu dans quel piège elle était tombée en se traînant à la suite de ses plus mortels ennemis, contre son unique alliée; elle avait été forcée d'envoyer dans l'armée de Souwaroff, en Italie, un contingent de troupes ottomanes ; elle s'indignait que les Busses se fussent emparés des îles Ioniennes et dominassent le Bosphore ; que les Anglais se fussent établis dans l'Egypte et la S\rie, sous le prétexte d'en chasser les Français. Les préliminaires furent signés à Paris le 9 octobre 1801 , sur la base de l'évacuation de l'Egypte et du rétablissement des anciens droits et privilèges de la France dans le Levant. Ces préliminaires furent suivis de Iniilés particuliers avec les régences d'Alger et de Tunis (17 décembre ISOi, ^io février 18(^2), par lesquels ces Étals barbaresques, qui avaient pix)titc de la guerre pour recommencer leurs anciennes déprédations, s'eugageaient à respecter, comme p^ir le passé, le commerce fi'ançais.

Pendant ce temps la paix d'Amiens se négociait : l'Angleterre voulait faire aduietlre la Porte dans le traité, comme partie contractante, aiin de l'enchaîner dans >ou alliance ; mais le premier consul persista à faire une paix séparée avec la Turquie. Cette paix fut conclue le 25 juin 1802 : l'Egypte était évacuée par rannée française et restituée li la Poi1l\ ilout li! étaient maintenus dans leur inlégrilé, leU qu'ils r' Ioniennes étaient érigées eu république iiiJé|n Porte, ((^etle nouveauté avait été l'objet d'na U

• Voici coniiiieut, à Sainte-Hélène, tl ri^ipi I expédition dis Français en Orient ■ i ►■! '\*tt^^ l'année qni allait donner do nouvelle? I- -tin es Antilles, et concilier la liberté de- n-ii ^ vnice entraînait la perle de tous les iLiftN.r Les Français une Tois maîtres des poiir d'Uni devenait un lac français. »

taritoire

ire et \eA poasesdons ,nt ïu guerre. Le^ Uï pi\»tectjoii 1 întte la France 1

SÉLIM IlL i5l

Russie, de laquelle Bonaparte tendait à se rappi^cher. ) La P(u*to devait restituer les biens confisqués aux sujets français pendant la guerre, mettre.cn lil)erténos agents, marchands, religieux, etc. Enfin les traités qui existaient avant la guerre étaient renouvelés, et particulièrement les capitulations de 1741), avec de nouveaux articles qui réglaient le droit incontestable, pour les bâtiments français, d'entrer dans la mer Noire et d'y naviguer librement. RufBn sortit des Sept-Tours et reprit ses fonctions de chargé d'aflaires jusqu'à l'arrivée du général Brune, nommé ambassadeur (janvier 18071).

^ IV. — Rf^forme de Tarmée. — Pasvan-Ogloii. — Ti'ouble» »li» la Servi*».

Pendant que la France contribuait à l'ébranlement de l'empire ottoman par l'expédition d'Egypte, cet empire était agité par des tentatives de réformes qui amenèrent des troubles intérieurs, principalement dans la Servie.

Les vieiixOsmanlis et les ulémas avaient vu de mauvais œil les innovations faites par le général Dubayet, et, lorsque celui-ci mourut (1797), ils firent dissoudre les corps nouveaux et renvoyer les instructeurs. Mais le kapoudan-pacha, Hussein, prit à son ser\ice les soldats congédiés et parvint à en réunir six cents, qu'il faisait manœuvrer devant son palais. Ses caresses et s^ largesses amenèrent même quelques musulmans à entrer dans ce corps; mais les janissaires, d'abord par leurs moqueries, ensuite par leurs menaces, arrêtèrent ces engagements. Le kapoudan-pacha n'en continua pas moins l'exécution de son plan, et, lorsque Saint-Jean-d'Acre repoussa les attaques de Bonaparte, la place comptait, parmi ses défenseurs les plus utiles, ces mêmes nizam-gédittes que Hussein y avait transportés dès qu'il avait appris la marche de Vannée française.

Constantinople les accueillit alors avec enthousiasme, et le sultan voulut que dès ce moment le trésor public se chargeât de leur solde et que leur nombre fïit augmenté. Les janissaires et les ulémas recommencèrent aussitôt leurs murmures ; mais le sultan, soutenu par Hussein et par le mufti Vely^Zadé, qui avait été sou compagnon d'enfance, résista à leur malveillance.

On profita de l'absence de l'aga des janissaires et des principaux chefs de ce rurps, alnrs en Syrie avec le grand vizir, pour publier un hatti-shérif, qui séparait le corps (les topchys de celui des janissaires et instituait sur de nouvelles bases It's corps <]4*8 marins, des bombardiers et les ingénieurs militaires. Deux escatirons de cavalerie à l'européenne et deux régiments d'infanterie^ de chacun dix (Uiinpa^iie^ de 80 à IfH) hommes, devaient être créés à Constantiiu>ple uiéme. 4>n attacliu une compagnie d'artillerie à chacun des régiments, ainsi qu'un iman une musique militaire. Pour entretenir ces nouveaux corps, ou décida que tous aiul^ (iefs, à mesure qu'ils feraient rekmr à la 4^ouroniie, seraient adminis-

t5!2 HISTOIRE DE LA TURQUIE.

très au prolit des nizam-gédittes ; enfin on appliqua à leur solde le revenu des douanes, des droits sur le tabac et de nouveaux impôts sur le vin, la soie, le coton, etc. Deux belles casernes furent construites, Tune en Asie, près deScutari, Vautre en Europe, sur la route de Péra à Buyukderé.

Le pacha de Karamanie, Abdurraman-Kadi, reçut Tordre de lever dans les provinces asiatiques de nouveaux régiments : il le fit avec tant de zèle, qu'en moins de trois ans il eut huit régiments de nizam-gédittes.

Nous reviendrons sur les conséquences de cette réforme, qui eut une grande influence sur les troubles dont la Servie tut alors le théâtre .

La SeiTie, tombée sous la domination ottomane à la suite de la bataille de Kassova, avait eu son territoire partagé en timars ou fieis, accordés aux sipahis. Cette constitution du sol ne tarda pas à amener l'oppression, et les Serbes, devenus rayas, cherchèrent naturellement protection auprès des janissaires, qui, soldés par le trésor, n'avaient point à peser sur la population et qui étaient partout les adversaires des sipahis. D'ailleurs, jusqu'au commencement du dixseptième siècle, le cinquième de la population masculine de la Servie était entré dans le corps des itchoglans et ensuite dans celui des janissaires, ce qui avait naturellement établi des liens entre ce corps privilégié et la nation serbe.

Cependant le paysan serbe n'était point attaché à la glèbe : propriétaire réel de la terre, il la cultivait à sa guise et n'avait qu'à payer ses redevances pour jouir librement de ses récoltes. H nommait ses knèsou maires, qui étaient chargés de maintenir l'ordre et de répartir l'impôt. Les Turcs, groupés dans les villes ou dans les bourgs pour résister phis t'aciienient à une population nombreuse, laissaient entièrement la campagne aux vaincus. Mais, si la loi était douce, l'usage avait établi des exigences qui blessaient l'orgueil des Serbes : ainsi un raya ne pouvait entrer à cheval dans une ville, et jamais il ne devait laisser voir d'armes ; enfin il cédait partout le pas au Turc. Aussi le brigandage, si fréquent chez les peuples (les montagnes, s'était alimenté de tous les mécontents, et de nombreux corps de he>duques protestaient contre radmhiistralion turque. Lors de la guerre qui éclata, en 1787, entre l'Autriche, la Russie et la Turquie, beaucoup de Serbes s'engagèrent dans les corps hongrois et y acquirent des habitudes et des connaissances militaires qu'ils ne tardèrent pas à employer contre ceux que l'amour de la liberté et la haine religieuse leur désignaient conune des ennemis et des oppresseurs.

Après la conclusion de la paix avec l'Autriche (179(1), le pacha de Belgrade, Kbet-Bekir, obtint une anmistie pour les &)rbes qui avaient pris les armes, et. voulant réprimer les janissaires, dont les prétentions devenaient insupportables, il se mit à la tête des sipahis. Deli-Achmet, chef des janissaires, fut assassiné; un firman bannit ses soldats du pachalik de Iklgrade et confisqua leurs biens. Les Serbes et les sipahis, satisfaits, appuyèrent l'administration du pacha, dont le

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