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LA SERVIE

de ses institutions municipales, qui lui assurent une sorte d'indépendance, de ses milices locales (20,000 hommes), qui sont seules chargées delà garde du pays, etc. Aujourd'hui, depuis que la Servie et le Monténégro sont indépendants de Tempire ottoman, elle semble entièrement isolée de cet empire, l^a Bosnie est riche en pâturages, en fruits, en grains et surtout en Irnis de construction ; elle a des mines de fer, de trùs-belles espèces de gros l)étail, des moutons donnant une laine renommée, une bonne race de chevaux, etc. Elle fait un commerce assez considérable avec TAutriche.

g IV. — La Scme.

En continuant la description des afllucnts de droite du Danube, nous rencontrons, après la Save, la Morava. Le bassin i\o cetle grande rivière, qui comprend presque toute la Semé, se divise en deux parties naturelles : le bassin des Moravas-aflluents, le bassin de la Grande-Morava, celle-ci étant composée de deux cours d eau, la Morava-serbe ou occidentale, la Morava- bulgare ou orientale.

La Morava-serbe naît dans un contre-fort des Alpes de Bosnie, coule d'abord du sud au nord dans un pays tout montagneux, puis se recourlie brusquement de Touest à Test, en laissant à gauche Oujitza, petite ville défendue par un vieux château, dont les Serbes s'emparèrent sur les Turcs en 1809 et 1813; elle est bordée de masses montagneuses dont nous parlerons, traverse des plaines étroites et fertiles, passe près de Krouschewatz, et se réunit à la Morava orientale en traversant un profond défilé que domine la masse du mont Jastrebatz. — Elle reçoit de nombreux affluents, dont le principal est Vlbar.

Le bassin de Tlbar est la partie la plus remarquable, sous le rapport militaire, de la Turquie d'Europe, dont clic occupe à peu près le centre. 11 forme une sorte de terrasse d'où les cours d*eau s'échappent par de profonds défilés, haute et belle plaine qui fait contraste avec le caractère Apre et tourmenté des montagnes voisines, que coupent des coteaux arrondis et de riches pâturages, et qui est habitée par une race d'hommes aussi belle que valeureuse. Ce plateau est, par sa pente méridionale, le nœud dé toutes les hauteurs ou chaînes qui composent la charpente de la Turquie d'Europe : il domine les routes ou les entrées de la Bosnie, de la Servie, de la Bulgarie, de la Macédoine, de l'Albanie ; de là on rayonne dans toutes les directions et l'on tient les débouchés des principales villes de l'empire ottoman. ?ious en reparlerons.

L'U>ar descend des contre-forts du Tchar-Dagh ; il coule dans une suite de défilés bordés d'escarpements, passe près de Pristma, ville de 7,000 à 8,000 habitants, mal fortifiée, et qui devrait être la citadelle principale de l'empire : elle tient principalement la route de la Bosnie dans la Macédoine. — Il laisse à droite la

i« ' DESCRIPTION DE LA TURQUIE,

célèbre plaine de Kassova, qui a 9 à 10 lieues de long sur trois de large, avec une haufeur moyenne de 500 à 600 mètres, plaine totalement déboisée, cultivée ou couverte de pâturages et qui a été le grand chemin de tant d'armées : c'est là qu'ont été livrées, la bataille de 1389, où Amuratli V\ vainqueur des Bosniaques et des Serbes, fut assassiné, et celle de 1448, où Amuralh II vainquit les Hongrois. — L'Ibar passe ensuite à Voutzitrin et à Mitrovitza, où il entre dans une vaste échancrure de montagnes ; puis il reçoit à gauche le RaskOy torrent qui coule dans une gorge profonde et passe à Nom-Bazar, l'ancienne Rascia, ville de 8,(i00 habitants, laide, tortueuse, défendue par un vieux château, et qui est la clef du plateau de l'ibar : là se croisent les routes de Nissa (Servie), d'Uskioup (Macédoine, de Scutari (Albanie), et de Bôsna-Seraï (Bosnie). Le pays dont Novi- Bazar est le chef-lieu est la RasciCy célèbre dans l'antiquité et dans le moyen âge par Il valeur de ses habitants et par sa position enclavée entre la Bosnie, la Servie, l'Albanie et la Macédoine. L'ibar, après avoir passé à Maglitch, finit àKarauovatz.

La Morava-bulgare naît dans les monts Kourbetzka, derrière l'ibar, et n'est séparée de ce cours d'eau que par des mamelons couverts de broussailles ; elle couli* dans la plaine de Ghilun, plaine élevée de 400 mètres, qui est le prolongement de celle de Kassova, où les pentes sont insensibles, où les eaux s'égarent, et qui esl néanmoins le partage des eaux de la mer Egée et du Danube. Elle passe à VramOy à Kleisoura, à Precopliay petites villes sans importance, mais situées entre des montagnes cultivées qui présentent l'aspect de la Suisse ; enfin, après avoir reçu la Nissava, elle tourne à l'ouest, et se réunit à l'autre Morava, en traversant, comme celle-ci, un profond défdé que domme le mont Jastrebatz, élevé de 1,200 mètres.

Son affluent principal est la Nissava^ qui naît dans le Veliki-Balkan ; elle traverse une vallée bordée à droite par les- monts Snegpol, masses boisées de 1,500 mètres, qui la séparent de la Morava-bulgare : dans cette vallée débouche la grande route de Sophia. Elle passe ensuite à Moiistapha-Palanka, arrose Nissa ou Niscli, l'ancienne Naïssus, patrie de Constantin, ville importante située dans une belle plaine, où passe la grande route d'Autriche à Constantinople ; elle a 16,000 habitants, n'est entourée que d'un rempart de terre, mais a une petite citadelle réguhèrement bastionnée et en bon état.

Les deux Moravas réunies forment la Grande-Morava, qui court du sud au nord en traversant d'abord, pendant 25 lieues, un défilé compris entre les monts Retagn à droite, et les monts Kotlenik à gauche ; puis, au-dessous de Ja- (jodin, petite ville où passe la route de Belgrade à Nissa, elle entre dans une vaste plaine, presque entièrement découverte et déboisée, coupée de riches cultures; de nombreux villages, de grands affluents, sur l'un desquels est Kragouchevatz, siège do gouvernement de la Servie ; enfin, elle forme quelques marécages et finit dans le Danube au-dessus de Seniendria.

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