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ÉCOLES PAROISSIALES & ÉCOLES ÉLÉMENTAIRES EN GÉNÉRAL

1803 - 1900 Nécessité d'améliorations financières. — Subventions budgétaires (1833). — Inspections gouvernementales, — Le schisme de l’Église (1843). —

Affaiblissement du pouvoir dogmatique de l'Église. — La loi de 1861 : substitution d’une déclaration à la formule ecclésiastique, abolition de la juridiction scolaire des Conseils presbytéraux, amélioration de la situation matérielle des maîtres. — Développement des inspections et des subventions gouvernementales. — L'enseignement élémentaire rendu plus efficace. — La loi de 1872 abolit les écoles paroissiales et établit des autorités laïques et électives : les School Boards. — La nouvelle organisation. — Enseignement primaire rendu gratuit (1889). — Quelques modifications plus récentes. — Tableau synoptique de l’enseignement public en Écosse.

Ayant suivi le développement du système paroissial des écoles à travers près de deux siècles et demi d’exis- . tence, nous pourrions nous contenter de le laisser à ce moment de plein épanouissement, où il reçut une consécration publique, en apparence définitive, par la loi de 1803, avec toutes les garanties pour la conservation de son caractère quasi-ecclésiastique. En effet, nous ne voyons aucune utilité pour nous d'entrer dans les détails minutieux sur les causes et la nature des modifications législatives que lui réservait le xix° siècle. Car, l’on est à l’époque des rapports officiels et des statistiques

abondantes, et les faits de l’histoire de cette période sont déjà facilement à la portée de tous ceux qui s’intéressent au sujet. C’est l’époque qui a été pleinement exposée, et de divers points de vue, dans les ouvrages de Craik, Balfour, Laurie, Sellar, de Montmorency et Clark. Mais, pour,que notre exposé soit raisonnablement complet, il nous faut ajouter un court chapitre montrant les grandes lignes des changements importants dans l’organisation de l’éducation jusqu’à nos jours, et des projets pour l’avenir immédiat.

Le mouvement de progrès devait avoir deux buts bien définis, d’abord l'enlèvement du caractère confessionnel de la nomination des maîtres, ensuite la transmission de toute l’organisation scolaire à des corps électifs et laïcs. L'avenir demande l'élargissement des districts administratifs en vue de la distribution moderne de la population, et l’abolition de la dernière trace de l’organisation religieuse de l’éducation, la paroisse. Parallèlement à ce mouvement de transmission des pouvoirs, devait naturellement se développer le système d’aide scolaire, de la part du gouvernement, par voie de subventions budgétaires.

Pendant au moins une quarantaine d'années après 1803, la tranquillité des écoles paroissiales fut à peu près complète, et leur prospérité augmenta. Les difficultés confessionnelles ne se faisaient pas encore sentir vivement. En 1829, le Parlement britannique abolit tous les effets civils des lois contre les catholiques (1), et la même année, l'Église, par son comité d'éducation, ordonna expressément à tous ses maîtres de ne donner aux enfants de parents catholiques, aucun enseignement auquel leurs parents ou leur prêtre eussent pu faire

(1) 10, Geo, EV, cap. T.

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des objections. Le rapport d’un Comité parlementaire d'enquête avait déjà, en 1818, constaté la paix religieuse de l’école écossaise (1).

La question financière cependant était toujours présente. Les maîtres ne se contentèrent pas longtemps de la provision que leur avait faite la loi de 1803. Le même rapport auquel nous venons de faire allusion constatait qu'au bout d’une quinzaine d'années, la situation matérielle n’était nullement brillante.

En 1821, un comité des maîtres publia un rapport sur l'effet de la loi de 1803, en vue d’émouvoir l'opinion publique. De ce rapport, il appert que le nombre de traitements maximum et minimum était presque égal, et qu'ainsi, le traitement moyen des écoles principales était de 19 livres sterling (fr. 475), somme que l’on considérait comme beaucoup trop faible. Dans les écoles subsidiaires, le traitement était de 5 livres (fr. 125). Le revenu total moyen restait bien au-dessous de 30 livres (fr. 750) (2). Le rapport fut soumis à l’avocat général qui conseilla un appel aux propriétaires fonciers, leur demandant d'accepter le fardeau d’une augmentation des traitements qui serait ordonnée par une nouvelle loi. Cet appel ne fut pas mal reçu par les intéressés, mais, pour citer les paroles de Cockburn, l'avocat même des maîtres, € tous les projets pour l’amélioration de la condition et de la qualité des maîtres paroissiaux que l’on cherchait à réaliser alors, avortèrent par l’impatience des maîtres eux-mêmes, par leur manque d'union et de vigueur, et aussi parce qu’en général, ils ne s'étaient pas tenus au courant des systèmes réformés

(1) Parliamentiary Papers, 1818, IV, p. 57-61. (2) Report of Committee of General Purpose Fund on the Slate of Schoolmasters of Scotland under the Act of 1803 (Mus. Brit.), p. 5-12.

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d'enseignement, qui rendaient d’autres écoles plus populaires (1). »

Une époque nouvelle, pourtant, s’ouvrit avec la création des subventions budgétaires pour l’éducation, en 1833. Comme nous l’avons dit ailleurs, les grandes villes et les Highlands seuls en profitèrent pendant quelques années, et toute la somme fut dépensée pour aider à la construction des bâtiments d’écoles.

En 1839, par suite de l’opposition de la Chambre des Lords à des réformes pour l’Angleterre, la Reine Victoria créa le Comité d’Éducation faisant partie du Conseil Privé. Ce Comité avait des pouvoirs qui lui permettaient de transformer l’éducation, sans se soucier de la Chambre des Lords, et, pendant trente ans, il dirigea l’éducation aussi bien en Écosse qu’en Angleterre. Chargé de la distribution des subventions, il n’était responsable que vis-à-vis de la Chambre des Communes, qui seule vote le budget. Il inaugura un système de subventions pour augmenter les traitements des maîtres, sous certaines conditions posées par lui-même. La principale était que toute école désireuse de bénéficier de cette augmentation de revenu, devait se soumettre à l’examen régulier d’un inspecteur du gouvernement, qui jugerait si le travail de l’école justifiait l’aide demandée. Le conseil de contrôle (propriétaires et pasteur), devait d’ailleurs garantir préalablement, par impôt local ou autrement, le maintien du traitement, indépendamment de l’aide du gouvernement, à un montant qui dépasserait d’une somme égale à la subvention (fr. 375), le minimum légal de traitement.

Ainsi, le système d’inspections gouvernementales,

(1) Note manuscrite d'Henri CocxBurN, dans le volume du Musée britannique contenant ce rapport.

avec des rapports publiés, fut institué, et, par son développement régulier, contribua plus que nulle autre chose à hausser et généraliser le niveau d'enseignement primaire. Pourtant, ce régime, n'étant pas obligatoire, ne se répandit que lentement, et en 1867, seules, 334 écoles paroïissiales avaient voulu jouir de ses avantages et en remplir les devoirs (1). « Les autres restaient satisfaites de leur revenu paroissial et poursuivaient leur chemin, libres de toute intervention autre que celle de leur propre presbytère. Les propriétaires consentirent libéralement à ce maintien du statu quo, et dans beaucoup de cas, contribuèrent aux frais des écoles plus que la loi ne l’exigeait (2). »

L'évènement historique de l’année 1843 souleva plus nettement la question confessionnelle. Cet évènement fut le grand schisme dans l’Église Établie, qui fit que 470 pasteurs quittèrent du jour au lendemain cette Église et formèrent l’Église Libre. Les maîtres d'écoles devant être membres de l’Église Établie, 380 d’entre eux (dont 80 maîtres d'écoles paroissiales), qui adhéraient à la partie schismatique, se trouvèrent dépourvus d'emploi. Avec une énergie remarquable, la nouvelle Église se proposa de créer 500 écoles sous sa propre direction et au bout de quelques années, une telle école exista à côté de chaque «congrégation » de l’Église Libre. L’éducation, en général, en profita par le renouvellement d'intérêt spirituel et intellectuel. Les nouvelles écoles rivalisaient avec les anciennes, tout en suppléant à leurs défauts. Le pays gagna par l'augmentation énorme du nombre des écoles, quoique leur distribution laissät à désirer au point de vue de l'efficacité de leur œuvre.

(1) Bazrour, Educ. Systems, p, 137, note 3. (2) Ibid., p. 134.

L'existence d’une nouvelle Église d’une si grande importance contribua puissamment à la demande générale de mettre un frein à la domination absolue de l'Église Établie, et une longue lutte dans les villes mit les choses au point. Le progës intenté par le presbytère d’'Elgin contre la municipalité de cette ville, qui avait refusé d'admettre la surveillance ecclésiastique dans la nomipation de ses maîtres, dura de 1850 à 1861, et se termina par une victoire légale pour l’Église (1).

Mais si une victoire pareille avait inspiré la loi de 1803, il n’en était plus de même en 1861. Il était bien établi que l’Église avait de grands pouvoirs de par la loi, mais le pays était arrivé à un point de son développement où un pareil état de choses n’était plus admissible. 11-fut donc reconnu d’urgence de passer une loi modifiant ces privilèges exclusifs, en accord avec les idées du temps. Les inspections gouvernementales, d’ailleurs, avaient signalé des défauts dans l’organisation des écoles et l’état des maîtres, auxquels la législature devait porter remède (2). Dès 1854, le Parlement avait fait plusieurs efforts pour faire aboutir un projet de loi, mais d’autres discussions absorbèrent le temps nécessaire pour son élaboration (3). La décision judiciaire dans le cas d’Elgin seule suffit pour donner à ces tentatives une poussée efficace.

Les principales décisions de la loi votée le 6 août 1861 (4) étaient les suivantes :

Le traitement d’un maître paroissial devait être désormais entre 35 livres et 70 livres (875 à 1.750 Îr.), ou, dans le cas de deux écoles légales pour une paroisse, de

(1) Voir chap. VII.

(2) Craix, Siate and Education, p. 130.

(3) SezLar, Manual of Education Act (1872), introd., p. 1. (4) 24 et 25, Vict. cap. 107.

950 à 80 livres pour les deux. D'ailleurs, la maison du maître devait maintenant avoir quatre pièces au lieu de deux. On accorda aux propriétaires le droit de nommer une maitresse d'école pour l'instruction élémentaire ou industrielle. Le contrôle des conseils presbytéraux sur les nominations fut complètement aboli. Les candidats sur lesquels tombait le choix des propriétaires seraient examinés seulement par des délégués des Universités, rétribués par le gouvernement. Le presbytère gardait son droit d’inspecter les écoles annuellement, mais ces inspections perdaient du même coup tout leur caractère inquisitorial. La juridiction ecclésiastique, en cas d’immoralité ou de cruauté de la part d’un maître, fut transférée aux shérifs. Enfin, l’obligation des maîtres de souscrire à la confession de foi de l'Église Établie disparut, et on lui substitua une «déclaration », qui était compatible avec toutes les croyances presbytériennes et qui pouvait, à la rigueur, être signée par des anglicans ou des catholiques (1).

La loi, ainsi, sonnait le glas de l’ingérence du clergé dans la direction de l'éducation d’État, et le respect qu’elle exigeait aux principes fondamentaux de la religion réformée ne faisait que répondre aux désirs de l'immense majorité de la population, toujours profondément religieuse et fidèlement presbytérienne. La subs-

(1) La déclaration était ainsi conçue :

« Moi, À. B., en présence de Dieu, promets et déclare solennellement et sincèrement que, en tant que maître de l’école paroissiale de X, et dans l’accomplissement de cette fonction, je n'essayerai jamais directement ou indirectement d'enseigner ou d'inculquer aucune opinion contraire à l'autorité divine de l’Écri ture Sainte ou aux doctrines contenues dans le petit catéchisme approuvé par l'Église d'Écosse ; et que je m'y conformerai fidèlement dans l'instruction que je donnerai à ladite école; et que je n’exercerai pas les fonctions dudit office au préjudice ni au renversement de l’Eglise d'Écosse comme elle est légalement établie, ni à celui de ses doctrines et privilèges. »

titution de la « Déclaration » à la Profession de Foi ne s’appliquait pas aux bourgs royaux. Dans ces derniers, les maîtres furent libérés de tout engagement religieux.

En même temps les efforts publics, pour rendre l’enseignement plusssérieusement efficace, redoublèrent. L'action administrative venait de Londres et la tentative de soumettre le pays tout entier xux mêmes règles que l'Angleterre, produisit en Écosse des fautes et des froissements qui donnèrent, par réaction, une nouvelle énergie à l'intérêt pour l’enseignement. Un comité parlementaire, étudiant l’action des subventions budgétaires, constata, en 4861, le peu d’attention donnée en Angleterre aux connaissances fondamentales de l'écriture, de la lecture et de l’arithmétique. En conséquence, le Comité d’Éducation imposa, le 9 mai 1862, le « Code révisé » pour porter remède à cet état de choses.

Le nouveau principe introduit était le paiement des subventions d’après les résultats obtenus dans les écoles. Le rapport d’un inspecteur, après un examen individuel dans les trois branches élémentaires, et en tenant compte de l’assiduité enregistrée de chaque élève, devait déterminer la somme exacte à attribuer à chaque école.

Le système répondait aux besoins de l'Angleterre mais, appliqué à l'Écosse, il mit en évidence le contraste entre les traditions des deux pays (1). Les écoles paroissiales en Écosse avaient toujours donné une éducation variée depuis les éléments jusqu’au niveau secondaire, eten avaient fait leur gloire. L'effet immédiat du Code était de mettre une prime sur la connaissance des éléments moindres et, en concentrant l’attention en vue des sub-

(1) Crarx, State and Education, p. 136 ; Laurie, Report Dick Bequest (1890), p. 29.

ventions, d'entraîner l'oubli des parties plus avancées. Le pays tout entier protesta, et en 1864, le système fut modifié pour l'Écosse. L'examen individuel resta, mais on attribua les subventions seulement d’après les bons résultats, sans faire des réductions, comme préalablement, suivant le nombre des élèves défectueux dans les éléments. Nonobstant les protestations fréquentes, le paiement par résultats individuels resta la base de l’attribution des subventions jusqu’en 1890 ; mais dès 1871, la situation s'était améliorée par l’extension du principe à tous les sujets définis d’une éducation élémentaire ou secondaire.

En 1870, l'Angleterre obtint pour ses écoles le système

administratif qui régna jusqu’à la fin du siècle, et sous l'impulsion du même mouvement, on vit évoluer en Écosse le système qui existe actuellement. Pendant trois années (1864-1867) une commission parlementaire fit une enquête détaillée sur l'éducation en Écosse. . Le résultat de cette enquète fut la constatation de ce fait que, tout en procurant l’éducation à un nombre satisfaisant d'enfants (1), le système des écoles était en grande partie défectueux. Dans les districts ruraux seulement, 1.133 des 4.451 écoles étaient paroissiales, et grand nombre des institutions subsidiaires (« souscription », sociétaires ou particulières) étaient très incapables et ne donnaient aucune éducation réelle.

Quant au plan à adopter, les fidéicommissaires étaient unanimes. Dans chaque paroisse, en Écosse, il y avait des écoles soutenues par les impôts locaux; les écoles « volontaires » étaient nombreuses, beaucoup d’entre elles étant déjà subventionnées par l’État; et il existait

(1) Sur une population enfantine de 510.000 enfants, 418.000 fréquentaient une école ou une autre.

un bureau du gouvernement prêt à favoriser le développement de toutes les écoles de la Grande Bretagne. Mais les champs d’action des systèmes n'étaient pas identiques, et, ni séparés, ni conjoints, Ces derniers ne suffi- Saient pas. Il fallait étendre leur action, et pour cela on recommandait de les combiner, de forcer toute école paroissiale à se soumettre au Bûreau d'Éducation, et, comme en Angleterre, d'accueillir toutes les écoles d’origine volontaire qui voulaient accepter les conditions nécessaires, et ensuite par contrainte de combler les lacunes existantes. On calculait qu’un impôt de 2 pence (0 fr. 208) (par livre de loyer) à la campagne et de 2 1/2 pence dans les plus grandes villes suffirait pour la réalisation de ce projet (1).

Le projet aboutit à une loi le 6 août 1872. Pour les détails de cette transformation importante, on peut consulter les ouvrages déjà cités ou le Dictionnaire Pédagogique. Indiquons-en seulement les principes essentiels. :

D'abord, un système universel fut imposé au pays. Dans chaque paroisse et dans chaque ville, le pouvoir administratif de l'éducation publique fut transféré à des conseils d’école (School Boards) de cinq à quinze membres, élus par les votes de toute personne majeure justifiant de possessions foncières, ou d’un loyer annuel de 4 livres sterling. Ces conseils locaux furent investis du droit de centraliser et administrer tous les fonds destinés à l'éducation publique. Ils payaient les maîtres, fixaient et recevaient les contributions dues par chaque élève, et encaissaient les subventions de l’État réglées par les rapports des inspecteurs. Pour augmenter leurs

(1) Nous avons emprunté presque textuellement le sommaire que Bazrour donne de ce rapport. (Educ. Systems, p. 131).

fonds de la somme nécessaire à leurs dépenses, ils étaient autorisés à faire prélever, par la voie de P’administration de la taxe des pauvres, l'impôt qu’ils jugeaient nécessaire. En revanche, ils avaient des devoirs sérieux. Après constatation faite, ils étaient tenus à bâtir des locaux et entretenir des maîtres suffisants pour tous les enfants auxquels l'éducation n’était pas « efficacement » distribuée autrement: ils devaient accepter sans condition toutes les écoles déjà existantes qui voulaient cesser d’être indépendantes ; ils avaient la responsabilité d’obliger tous les enfants de cinq à treize ans à fréquenter avec profit l’école. (Le bureau de lassistance des pauvres défrayait ceux qui n’avaient pas le moven de payer les frais de l'école). Les conseils étaient maîtres absolus de toutes les écoles ainsi réunies sous leur administration et, seul, le gouvernement avait le droit de les inspecter. On leur laissait pleine liberté de faire enseigner les éléments religieux à leur gré individuel, mais de façon à ce que cela ne gênât aucunement l’enseignement laïc, et en laissant tout le monde libre d’assister ou non aux leçons religieuses. Nulle soumission à une formule religieuse ne pouvait être exigée des maîtres, mais un certificat d'aptitude à enseigner, donné par une école normale, une Université, ou un autre Corps reconnu à Ce propos par l’État, était de rigueur. Dans le Conseil Privé, un comité pour l'éducation en Écosse fut constitué avec lequel seul les conseils locaux devaient entretenir leurs rapports gouvernementaux.

Ainsi, au point de vue de l’éducation, l'Écosse fut de nouveau reconnue comme pays distinct dans le Royaume- Uni. Sans mettre la main sur l'initiative privée, un système universel et représentatif fut créé, qui, par ses grands avantages, réussit en quelques années à faire

fondre en lui presque toutes les écoles déjà subventionnées par l’État (1), c’est-à-dire, presque tout l’enseignement «eflicace. » Beaucoup d’écoles particulières suivirent leur exemple, de sorte que l’immense majorité des écoles passèrent sous un régime de surveillance publique et d’entretien aux frais nationaux. Le lien entre l’Église et l’école fut définitivement et complètement rompu, l'instruction religieuse devint facultative et dirigée par les désirs des parents, le principe de l'obligation à l’enseignement fut imposé, l'ignorance devint un crime. De plus, cette mesure législative, devançant celle de l'Angleterre par l'imposition de l’uniformité et de l’obligation, la dépassa aussi en faisant un règlement pour l'éducation secondaire. Cette partie a attiré notre attention dans le chapitre sur les villes.

Le nouveau système donna une satisfaction générale et l'éducation reçut un élan sans précédent sous lequel elle a prospéré sans échec jusqu’à aujourd’hui. En 1874, les subventions gouvernementales commencèrent à être déterminées et graduées d’après un principe moins restreint. Dans les examens individuels, les inspecteurs étaient chargés de remarquer autant l'intelligence développée par l’enseignement, que les résultats mathématiquement démontrables. L’assiduité des élèves, d’ailleurs, ainsi que l’organisation et la discipline des classes, devaient compter pour beaucoup dans la gradation des subventions. Quatre années plus tard, la limite de l’âge scolaire fut fixée à quatorze ans, à moins d’avoir obtenu de l’inspecteur un brevet élémentaire.

Une des dernières étapes dans la démocratisation de l’enseignement, fut accomplie en 1889 par l’abnégation

(1) Exception pourtant faite pour les écoles confessionnelles des Églises anglicane et catholique.

et le dévouement publics des députés écossais. En cette année, le gouvernement attribua tous les revenus testamentaires à la réduction des impôts locaux. L’Écosse, ayant reçu sa part de cette allocation, décida, au lieu de réduire les impôts, de consacrer toute la somme à rendre l’enseignement élémentaire complètement gratuit. Grâce à cette heureuse idée, le Comité de l'Éducation écossaise put, sur-le-champ, libérer de tous frais l’enseignement public, jusqu’à l’Age de 12 ou 13 ans. Se servant du même procédé à propos d’autres cessions budgétaires, on réussit, en 1893, à rendre l’enseignementégalement gratuit jusqu’à l’âge de quinze ans. Il est à noter que lorsqu’en 1892 le parlement vota pour l'Écosse certaines sommes, qui auraient pu la dédommager de son sacrifice pour l’éducation, elle en consacra, sans hésiter, la plus grande partie à l’œuvre de l’enseignement secondaire.

En 1890, une modification souhaitée fut obtenue dans le principe de l'attribution de subventions directes du gouvernement. À partir de cette année, le paiement d’après les résultats individuels, disparut, et désormais l'intelligence générale d’une classe, l’assiduité, les mérites des méthodes d'enseignement employées, seuls décidaient du montant de chaque subvention, sauf dans le cas de certains sujets, dits « spécifiques », de l’instruction secondaire.

On pourra, par la table suivante, se rendre compte de la variété des moyens d'enseignement publie en Écosse, à l'heure actuelle.

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