‹ Histoire de l'enseignement secondaire dans le Rhône de 1789 à 1900Chapitre 13 sur 51 · V. — Conclusion sur la période napoléonienne · texte numérisé non relu

V. — Conclusion sur la période napoléonienne

Il y avait toujours eu à Lyon, avant comme après 1789, des institutions privées où des maîtres libres donnaient Tenseir gnement secondaire. Les lois révolutionnaires qui établirent un enseignement d'Etat, pas plus que les arrêtés des pouvoirs locaux qui établirent un enseignement communal ne limitèrent leur liberté d'enseigner. Il n'est pas possible de dire quel fut leur nombre ou leur degré de prospérité de 1789 à i8o3, car les renseignements précis font défaut. Mais la loi de floréal, qui organisa les lycées, se préoccupa — c'était la première fois — de la place que devaient légalement tenir, à côté de ces établissements d'Etat, ceux que l'initiative des communes ou des individus pouvait faire vivre. Elle stipulait que l'enseignement du second degré (intermédiaire en Ire les écoles primaires et les

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écoles spéciales) serait donné par les lycées et les écoles secondaires. Celles-ci étaient communales ou privées. Le gouvernement de Napoléon eut deux attitudes successives à leur égard. Jusqu'à 1808, il se contenta de les surveiller en les laissant libres de vivre à peu près à leur guise; en 1808, il les obligea de faire partie de l'Université, et les soumit à une réglementation spéciale qui supprima leur indépendance.

(( Ceux des publicistes, disait Fourcroy, lors de la discussion du projet de loi relatif à Tinstruction publique, le 3o germinal an X, qui pensent avec Smith que Tinstruction doit être abandonnée aux entreprises particulières, trouveront dans cette partie du projet la réalisation de leurs idées. Ceux qui croient, au contraire, que le gouvernement doit offrir à tous les moyens d'instruction, reconnaîtront qu'il a fait à cet égard tout ce qu'il peut faire dans les circonstances où il est placé. Il aurait fallu plus de deux millions de dépenses annuelles pour établir, aux frais du trésor public 25o écoles secondaires... Une nouvelle espérance se présente à la pensée du législateur dans l'établissement de ces écoles secondaires par les communes ; il voit naître entre ces institutions et celles des particuliers, une louable et noble émulation, garant certain du succès des uns et des autres. »

Notable économie, émulation louable, le gouvernement ne voyait que des avantages à sa combinaison. Dans le Rhône, on était d'autant plus disposé à entrer dans ses vues, que les institutions privées d'éducation avaient subsisté, et que, à Lyon, l'opinion générale n'aurait pas vu sans regret disparaître toute trace d'enseignement public municipal. Les institutions particulières continuèrent donc à vivre comme par le passé, et la ville organisa son école secondaire.

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