QUAM LIBERTATIS UBI TU LUCEM ACCEPERIS
FESSA SENEGTJS SPIRITUM IBT DBPONERK
QUOD INNOCENTIS AR6UMBNTUM EST MAXIMUM
(Gruter, p. 637, n" 5.) Spon, qui lui emprunte la seconde partie rie ce texte en la corrigeant (p. 376), croit que c'est un
fragment de quelque poète. La beauté des vers le ferait croire. On peut laisser le distique à rafiFranchi.
C'est , comme on le pense bien , principalement dans le palais du prince qu on devait retrouver des affranchis remplissant des fonctions domestiques. Ds y tiennent les pruniers rangs, et y figurent même à des degrés moins élevés. On y trouve des décurions de portiers ou de chambellans ( Spon , Miscell. p. a 1 4 ; Murât, p. 899, 4; 1901 , 4« etc.), et de simples chambellans, de simples portiers décorés des noms d'Octave, de Tibère et de Claude (Spon, p. aaa ; Murât, p. 924, a et 3; cf. p. 8g4, 9 ; 9a 5, 6, et 938, i4); des préposés aux voiles du sanctuaire impérial et des introducteurs ordinaires (pRiBPOsiTi yblariorum; AR ADiUASiOM.) (Murat. p. 916, 4 et 6); des intendants du palais (dispensât., progurator), et de simples contrôleurs de la cuisine ou delà boulangerie (gontrasgript. pistorum; sgriba cogorum) (Murat. p. 897, 1 et 3 ; ao4a , a et 4) ; des décurions de prégustateurs du nom de Caîus Julius; des procurateurs de prégustateurs du nom de Tibère Qaude , et leurs subordonués (Murat. p. 907, 3; Gruter, p. 58i , i3; Murat. p. 90a, a, et Gruter, p. 60a, 4); des serveurs (dapifer) (Murat. p. 916, 3); un C. Julius, chargé de verser le vin (a potione) , et un autre, Teau chaude (a galida) (Murat. p. 928, 4 et 16) ; un troisième, échanson de Livie (a lagdna) (Spon, p. aog, et Murat. p. 9a8, 17); un C. Claude, déclamateur de festins (ghi- ROMOMo) (Murat. p. 894, 6); un autre, chargé de veiller au repas des centurions de garde (a cjena gentdr. ) (Murat., p. 895 , 1 ) ; des chefs et précepteurs de pages , et des Livius , des Julius, valets de pied (Spon , p. aa7; Murat. 896, a; 901, 7; 913, 4; 928, 5 et 6); des décurions de porteurs et de simples porteurs (legtigarii) (Spon, p. aa3); des maîtres de bains et de simples baigneurs (mag. a balneis, ungtor.)
(Murât, p. 900 et 901 , 1); des architectes (mensor. ^dificiorum), et des préposés aux aqueducs, etc. (gastellari. ab AQUis) (Murât, p. 92^, 4i 6 et 8) ; Tintendant des jardins de Salluste (viLLicus in HotiTis SALLtJSTiANis) (Grutcr, p. 60a, 4)« et un simple jardinier (ab hortul.) (Spon, p. aaa) ; un intendant du garde-meuble (ab supellegtile) (Gori Col. Liv. n*" lag) ; des préposés aux diverses sortes de vêtements : habits de chasse (a veste yenatoria), habillements d'intérieur ou de cérémonie, ornements impériaux, robe triomphale (a veste
GUBIGULAR., A VESTE PRIVATA, A VESTE IMPERAT0RIA PRIVATA, A VESTE PURPUR. , A VESTE SCENIGA , AB ORNAMENTIS ; PRJEPOS. VESTIS
ALBJE TRiUMPHALis (Murat. ,919, 6; 901, 5; 935, a; 926, a; 914, 10; 2o43, 1; cf. Spon, p. 22a; Gruter, p. 678, 7, 8 et 9; Donati , suppl. à Murat. p. 3 1 3 , 4 > etc.) , et de simples ouvrières en robes, d'humbles ravaudeuses de Livie (Murat, 923, 2; 930, 8; 928, i5; 929, 1, 962, 7; cf. Spon, p. 233; Gori, n* 86) : Livie et les princesses du palais faisaient le neuf (Suét. Au(f, 73); une Julia habilleuse de Livie, une JuHa habilleuse de César (de Timpéralrice, sans doute : julia. . . gjes. ornatrix) (Murat. p. 921, 12; cf. 925, 21, et 969, 7); des médecins du prince ou de ses chambellans (Murat. p. 893, 7, et 890, 3) ; des oculistes et des sages-femmes (Murat. 927, 5 ; 929 , 8 et 9) ; des secrétaires latins et grecs avec leurs aides (Fabretti, p. 345, 1 ; Gruter, p. 687, 1; Murat. 923, 2; 926, 21 ); des biblothécaires pour les deux langues (Mural, p. 910,6; 927, 4 ; 939 , 2) ; celui qui étudiait pour Claude ou avec Claude (a studiis ) (Spon , p. 2 1 1 ; cf. Murat. p. 896 , 3 , et 2o43 , 2 ) ; des hommes d'afiPaires de toute sorte (agommentariis rat. vestium sciENic. ET GLADIAT. ctc. (Spon, p. 207-209 ) ; jusqu à cette charge de ministre des plaisirs (ex ration, volup.), inventée par Tibère (Murat. p. 898, 7; cf. Suét. Tib. 42). Plusieurs fonctions sont quelquefois remplies par un même affranchi , même des fonctions de telle nature ,qu on ne les laisserait pas volontiers cumuler chez
soi : barbier et prégustateur (tonsor et prsgustator c^saris) (Murat. p. 91 1 , n° 12). Il y en a bien d'autres exemples (Grut. p. 576, 8; 578, 1, 4 et 6; 682, 9; 586, 6, etc.), et quelquesuns non moins bizarres pour le palais impérial; aussi est-on souvent tenté de croire que ces charges , successivement exercées, ont été réunies seulement comme souvenir dans Tinscription du tombeau. Citons-en une où le cumul réel des fonctions serait surtout étrange (Gruter, p. 578, n"* 1 ) :
M. DLPIO AU6. LIB. | PHiEDIMO DIVI TRAJANI AU6. | A POTIONE ITEM A LA6UNA ET | TRICLINXARCH. LICTORI PR0X1M0 ET | A COMMENT. BENB- FICIORUM VIXIT I ANN. XXVIII « ETC.
Néron, dans un besoin d*argent, éleva la part qui lui était due, delà moitié aux 5/6 (Suét. Ner. 32) : on doit lui savoir gré de n'avoir pas pris le tout. — Si le patron avait eu sa partlégîr time par donation pour cause de mort, par fidéicommis, ou par toute autre mesure prise dans la pensée de le satisfaire, il n'avait plus rien à réclamer (1. 3, S 5, D., XXXVIII, 11, De bonis libertorum). Du reste, Taffranchi n'avait le droit entier de faire un testament, que s'il était libre de toute obligation (opéra) envers son patron. (L. 4i (Papin.),D., XXXVIII, i^De operis libertorum.)
NOTE 5o, PAGE 4l4-
Une inscription d'Orelli nous montre un affranchi époux de sa patronne, et (le cas est à noter) il résulte du rapprochement des nombres qu'il avait dû l'épouser âgée de 25 ans (n** 3oa4):
TI. CLADDIUS HERMES | CLAUDIAM M. TI. FILIA. DEMPOSUI ( sic ) IN LOGDM I PARËNTIUM SDORDM PATRONAM OPTIMAM , ITEM C0NJU6EM FIDB- LISSIMAM CDM QUA VIXT | ANNIS XXII M. I. D. II, SINE DLLA iEMDLA- TIONE I INDUL6ENTIA EJUS, CDJDS BENEFIGIO FIDB ET | OPINIONE MlHI ADQUISIVI, QUAM DID VIZERO | TC? AUTEM OPTIMA DOMINA SANCTÏSSI MA
486 NOTES ET ËCLÂIhCISSEMENTS.
OPTAREM I DJBOS DT TALE. EXSITOM MEOM ALIQUI. IIEORUM FAGIAT | VIUT ANNIS XXXXVII M. I DIEB. II.
Voyez encore, xlvii, d** 8029 et 4633, et Muratori, Inscr. p. i558, n** 9. Ces exemfdes sont rares pourtant. On Yoit bien plus souvent les afiranchies épouser leurs patrons. (Murât, p. i5ao, 5; i5a8, la; i53o, 7; i5&7, i3; 1657, 8; i558, 7; i56i, 4; i56a, 10.)
NOTE bly PAGE 4i5.
Ce fut par récompense qu un S. C. permit à Taffrancbie Hypsala, qui avait fait découvrir les Bacchanales, d*épouser un ingénu (T. Liv. XXXIX, 19). Ce fut, au contraire, par une sorte de nécessité et pour élargir les voies du mariage , qu Auguste permit aux ingénus, et même aux dievaliers, d^éponser des affranchies. (Dion Cass. LIV, 16, p. 745, 1. 86, et LVI, 7, p. 8i3, 1. i5.)
NOTE 5a, PAGE 4 16.
Tite-Live , à Tendroit même où il nous retrace Torganisation de centuries de Servius Tullius (I, 43), nous rappelle qu*elle n existe plus depuis longtemps sous cette forme, et nous fisiit entrevoir la nature du changement qu'elle subit : ce n'est pas ]e lieu de Texposer dans cet ouvrage. Niebuhr, qui, du reste, parait l'entendre fort arbitrairement , en rapporte la date à la censure de Fabius (3o5 avant J. C). Le censeur Tib. Sempro> nius Gracchus (168) alla plus* loin. Il renferma tous les afiranchis proprement dits (qai servitatem servissent) dans la tribu Esquiline. (Tite-Live,XLV, i5.)
En 296, ils sont compris dans un enrôlement général {centuriati) à Tapproche des Gaulois; on enrôle de même, après Trasimène , ceux qui avaient des enfants , comme attachés par
un lien de plus à la cité. (T. Liv. X , a i ,et XXII , 1 1 . ) En 181 , en 17a, on les fit entrer dans la marine. (T. Liv. XL, 18; XLII, a7.) Âppien adonc tort d^avancer qu*on les admit pour la première fois au service militaire dans la guerre sociale (B. civ. I, 49) ; mais il faut dire que , depuis cette époque, ou même depuis que Marins avait enrôlé les prolétaires (Sali. Jag, 86, et Plut. Mar. 9), on les prit plus ordinairement.
NOTE 54 1 PAGE 4aO.
Cet appui qu*o£Frait TaCTranchi à son patron dans les comices est une des raisons prêtées par Denys d^Halicarnasse à Servius Tullius, pour faire accepter aux patriciens Tintroduclion de ces nouveaux citoyens dans le tribus romaines. Sans rapporter Targument à Servius, on peut y voir un fait vrai encore, au temps de Thislorien (IV, a3). Un Qaudius, avant les guerres puniques, avait tenté de s*emparer de Tltalie avec ses clients. (Suét. Tiber. a.)
Beaucoup d'affranchis remplissent des fonctions qui tiennent encore du service du prince et vont se ranger dans le service de rÉtat ; secrétaire (a gommentariis , a diplomatibus) , ministre des requêtes ( a gognitionibus ) , ou des grâces (a comment, benbfic.) (Spon, p. 307-209; Murât, p. 885, 4 ; 91a, 8. ) Un grand nombre figurent dans Tadministration du domaine privé : gustos. ration, patrimon.; tabular. pa-
TRIMON. GiESARUM; PROGUR. HER. GAOUG. ET PATRIMON. (Murat.
p. 890, 7; 896, 1 ; 898, 8; aoii2 , 7)» ou du trésor particulier du prince, aug. ser. exagtor (^«jreditatium leg. pecuLioR., celui qui recueillait les héritages , legs et pécules dévolus à Tempereur (Murat. p. 891, n"* 6); tib. GLAUDiGiES. aug. SERVI. viG. ARGAR. (Gfuter, p. 58o, n** 10); aug. ser. argar. XX HiEREO. (Fabretti, t. I, p. 37, n' 181; cf. i83, et Murat.
p. 884» 5); PROG. KALENOAR. (Murat. p. 889); PROGUR. GAS-
TRENsis (ibid. p. 91a, 5). D^autres sont employés aux détails divers de radministration qui relevait de lui, soit à Rome, .soit dans les provinces : nomenglator a gensibus (ihid. p. 88g, 5), A REGiONiBUS, préposés (généralement affrancbis) établis par Auguste dans chacune des quatorze régions de la ville (Murât, p. 894* 8 (extrait du Columbarium de Livie) , et 896, 4 et 5) ;
OISPENSATOR, AGTOR A FRUMENTO (ibid. 89!!, 11 CtSg^i 7); PROGUR. PORTUS OSTIENSIS (ibid. 894i 5); TABUL. OPERUM PUBL. (ibid. p. 900, 7);TABDL. PROV.JUOiBiB; PROGUR. FARI ALEXANDRIN!;
PROGUR. ALEXANDRiiB; AGTOR. xxxx GAL. (administrateur d'un impôt du quarantième , en Galatie ) ( Murât, p. 884 • 6 ; 890 , a; 912, 5, etc.). Aucun ne se rapporte expressément à Auguste, mais beaucoup portent les noms de Tibère et de Qaude. Nous avons trouvé, parmi ces employés divers, non pas seulement la qualification d'affranchis, mais encore celle d'esclaves. Il ne faudrait pas tirer une conséquence trop rigoureuse de cette désignation ; des af&ancbis retinrent souvent le nom d*esclaves , et il faut ranger dans la première classe la plupart de ceux que nous avons cités plus haut : ils portent le signe évident de Taffranchi dans ce double nom, emprunté à leur patron , qu'ils joignent à leur ancienne qualification d*esclaves. Les exemples en sont communs dans les palais des princes (Murât, p. 883, 6; ga3, 1; 907, 3; 908, 6; 991, 7, etc.) et aussi chez les particuliers (p. 932, a et 3; i5aa, 3) ; quelquefois ils joignent expressément le nom de libertus à celui de servus ou de verna: aug. n. ser. l. a laguna (Murât, p. 912, 6); Tun d'eux même y a joint celui SingenvLus: felix
G^S. I SER. INGENUUS | IN A REGIO | NIBUS DRBIS (Gori, n* l3).
Si ce n'est pas un surnom , il faudrait y voir une réhabilitation complète, semblable à celle qu'Auguste accorda à Menas, le seul affranchi que ce prince ait admis à sa table (Suét. Aug. 74) ; au reste, plusieurs n'ont que leur nom et leur titre d'esclaves, sans qu'on ait aucune preuve qu'ils soient affranchis :
SECUNDO XX HER. VIL. (Murat. p. 976, 1 1) ; D. M. PIERO I CMSA- RIS VERN. I A GOMMENTARIIS FISGI ASIATIGI (Spon.p. !lo8); DAPHNUS I GiESARIS N. | SER. DISPENSATOR FISGI | GASTREN-
sis I VERNIS SUIS KAR. | FEGiT (Murat. p. 8ga , 5); cf. Orelli, n° A679, inscription fort altérée, où il propose de lire : sagaris AMIANTI AUG. SER. VERNiB ARGARI. PROVINC. AGHAI^E VIGAR.
Un esclave de ce nom se retrouve, comme trésorier de Livie, dans le Columbarium (Murat. p. 886, 5). Un autre, par le nom de sa femme , semble appartenir à ces premiers temps de Tem-
pire:0. M. I JULI^ JUSTiE ANTIOGHUS AUG. | N. LUGGUNIANUS ARK. PROVINGIiE I AFRIGiE GONJUGI KARIS. FEGIT. (Murat. p. 906 , k.)
Auguste avait confié à des affranchis Tadministration intérieure des quartiers de la ville et le culte des dieux Lares, dont il plaçait les images aux carrefours. (Schol. Horat. SaL II, III, 281.) C'est Torigine des augustales, sur lesquels nous aurons à revenir plus tard. (Voy. M, Egger, Examen des hisL d'Auguste, appendice, II, p. 357 ®^ suiv.) 11 avait formé de la même manière le corps des vigiles noctumi, (Dion Cass. LV, a6, p. 799, 1. 80.) Il avait dû fiBÛre des levées d'affranchis en deux circonstances graves ; mais il s'était encore attaché à les tenir en dehors du reste de Farmée. (Suét. Aug, a5; Dion Cass. LVI, 23, p. 822,1. 56; VeU. Paterc. II, gxi, 1.)
Le patron donnait à ses clients un repas complet [cœna recla), Néron réduisit cette contribution à la simple corbeille (sportula), et elle put être donnée en argent, à raison de 100 quadrantes (25 as = I franc 25 cent.); mais Domitien rétablit Tusage du repas complet, et il en est fort loué par Martial. (Suét. Ner. 16, et Domit. 7; Martial, III, vu.) Juvénal fait allusion à ces au-
mônes des patrons (Sat I, gS-ioa , i20-ia5) , et Martial donne l'exemple, en sa personne, de cette mendicité dont on ne rougissait plus ; il fait une épigramme sur la misère de son vêtement, pour en solliciter un neuf (VI, lxxxii; cf. VIII, xxviii). Nous empruntons ces textes au curieux et savant mémoire de M. Naudet, Des secours publics chez les Romains.
Nous avons dit plus haut dans quelle estime était à Rome la grammaire , à mesurer Teslime sur le prix que Ton payait un bon grammairien. Du reste, l'argent qu^on y mettait était quelquefois d*un excellent rapport. Des chevaliers en faisaient spéculation : Tun d'eux, selon Suétone, ne recevait pas moins de 4oo,ooo sesterces par an de L. Apuleius : « L. Apuleium ab « Eficio Calvino, équité romano prœdivite, quadringenis annois «conductum, mullos edocuisse. » (De illastr. gramm, 3.)
Vers la fin de la république, un chevalier romain , Fabianus Blandus , donna à son tour des leçons de rhétorique. Sénèque le rhéteur constate que, le premier, il fit sortir cet enseignement de la classe des affranchis , où le mépris de Rome Tavait laissé jusque-là. Il n est pas besoin de dire que Tauteur ne partage point ce mépris : « Minime probabili more turpe erat do- «cere quod honestum eratdiscere. » (Controv. II, praef. p. i6a.)
On cite des comédies trabeatœ de Meltssus ; quelques petits poèmes de Valérius Caton, de Tullius Lauréa, aâranchi de Cicéron (Suét. ///. gramm. 21, et 11 ; Plin. H. N. XXXI, m, a); une diatribe où Lénœus s'emporte en injures contre Sal- Insie , pour avoir mal parlé de Pompée , son ancien maître. (Suét. ibid. i5.) Voy. Gevers, De servil. cond. hom. art, coleniibus.
NOTE 60, PAGE 44a-
L'introduction du genre des mimes à Rome, par le captif Publius Syrus, se fonde sur un texte de Pline (XXXV, lviii, 1 ). C'est à tort , ce me semble, que les commentateurs hésitent à reconnaître ce personnage dans le Publius dont il parle, parce que Pline dit que ses ancêtres ont pu le voir : Videre proavi. Publius Syrus florissait sous César, Hine sous Vespasien. De Tépoque de Pline à Y arrivée de Publius à Rome (et il s*agit de son arriyée), il y a donc plus d*un siècle : c*en est assez pour compter deux ou trois générations. Le titre qu*il donne à Publius , mimica scenœ conditor, ne permet point le doute.
Pour les peintres : heragla augustje l. pigtor (Gori, Colomb. Livim Augustœ» n*" ia6). Un Antiochus Gabinius, affranchi de Gabinius, est cité, par Gcéron, parmi les élèves de Sopolis, célèbre peintre de portraits à Athènes (ad Ait, IV, 16, p. 5a6); et il y a qudques autres désignations de peintres affranchis. (Vulpi, Tab, ont illastr, p. 17; Muratori, p. 985, n° 5.) Pour les sculpteurs : un artbte grec qui avait passé de Mécènes à Auguste (Gori, n* iSy) ; un autre avait pour fonction de remettre aux statues des yeux, «ce dont il s*acquitta fort bien tant qu*il vécut, » dit Tinscription : ogulos rbposuit statuis QUAADVixiTBENB(Spon, Misc, ont p. ^Sa; cf. OrdQi, n** 4i85); quelques ouvriers en or (awrificei) ^ deux, entre autres, dont les noms se lisent aussi sur des pierres gravées par eux. (Gori, n" 1 15 et 1 16; cf. n" 1 14 et 117-1^2 , et M. Raoul- Rochette, Suppl etc, p. 78.) Les architectes sont et devaient être en plus grand nombre. Un Chrysippus, formé par son maître, est mentionné par Cicérou, qui Tavait employé [ad Att. XllI, 29, et XIV, 9; cf. a«{ Div. VII, i4); et les inscrip-
tions nous montrent encore un affranchi de Néron (Fabretti« p. 721 , n** A3i ), et d*autres de la maison impériale (Marini, Att, degli A rvaî. t 1 , p. 2 56 ) . etc. Nul de ces artistes n'est resté dans rhistoire. Parmi les sculpteurs, on doit pourtant une mention spéciale à deux affranchis dont les noms se rattachent à des œuvres qui existent encore : Polytimus auteur du jeane chasseur du Musée du Capitole (Mus. Capit, t. III, tab. lx, p. 1 a a- 123], et Marcus Cossu tius Cerdon, artiste grec comme le précédent, auteur des deux jeunes satyres trouvés dans les ruines de la villa d'Antonin le Pieux, et placés aujourd'hui au Musée britannique. (Voy. M. Raoul-Rochette , Supplément au catalogue des artistes, p. a 5g et passim.)
NOTE 6a, PAGE 446.
« Omnes medîcinam Rom» professos et liberalium arlium «doctores. . . civitate donavit. » (Suét. Cœt. Aa.) Gevers, tout en avouant lui-même qu'on ne trouve dans les beaux-arts aucun nom d'esclave, n'en avance pas moins que la classe servile eut une grande part à leur développement ; car les beaux-arts fleurirent encore et les Romains les dédaignaient : restent donc les esclaves. Mais, entre les esclaves et les citoyens, il oublie les étrangers, les Grecs libres; ce qui sufiSt pour ôter toute valeur à ses conclusions. Du reste, il ne songe pas à en faire honneur à l'esclavage ; il ne parle que des classes asservies ; mais il a le tort de n'y point distinguer les hommes libres d'origine , et d'y confondre trop souvent des hommes qui restaient probablement libres aussi de condition , par exemple ces architectes qui suivaient Adrien dans ses voyages (Aur. Victor, i4)» etc.
Relevons, à ce propos, une erreur qui nous est échappée à nous-méme en parlant de la Grèce ( note 4o , à la fin du premier volume). A l'exemple de Sillig (Catal. artij.), nous avions témérairement appliqué à Mnésiciès^ l'architecte des
Propylées, dans un passage de Plutarque, ce que l*auteur dit, quelques lignes plus bas, d*un jeune ouvrier, nommé par Pline esclave de Périclès (vema carus Pericli) ; et, confondant les personnes, nous avions cru devoir admettre que Mnésiclès était né , au moins , dans Tesclavage. M. Raoul-Rochette , dans son Supplément au catalogue des artistes, p. 36i, montre qu*il n*y a point un rapport nécessaire entre les deux parties du texte de Plutarque ; et il prouve d*ailleurs , par une inscription lue à la base des Propylées , que Mnésiclès était citoyen d'Atbènes , du dême d'Œnoé. Nos conclusions générales n'ont donc point à subir cette exception.