In Ep. I ad Cor. homil. zl, 5, t. X, p
détounient leur impatience vers une meilleure liberté, cet élat de servitude n'était, dans la société, qu'un état provisoire, accepté par le christianisme avec l'obligation d'y mettre un terme, quand il aurait préparé les princes à le commander, les peuples à le souffrir. C'était donc déjà son devoir d'encourager l'affranchissement et d'y aider par tous les moyens dont il pouvait disposer. On citait, dans la première période des persécutions, Hermès, préfet de la ville et martyr, qui, un jour de Pâques, avait affranchi douze cent cinquante esclaves; Ovinius, martyr des Gaules, cinq mille; Mélanie la jeune, huit mille^ : nombres exagérés, sans doute, mais qui n'en prouvent que mieux, chez les auteurs de cetemps-15, la tendance à prêcher l'affranchissement en masse. Cette forme de libération complète, radicale, est toujours sous-entendue par les Pères dans le précepte de la perfection chrétienne ; et la preuve en résulte des exemples où le conseil est appliqué. Saint Augustin, rendant compte de la vie de ses clercs, nous montre effectivement que c'était la loi et la coutume de son Église. L*un n'a point encore vendu ses biens et les possède par indivis avec son frère : dans ces biens sont compris plusieurs esclaves communs qu'il se propose d'affranchir après le partage. Le diacre d'Hippone n'a pas de biens : mais, avant d'être clerc, il avait acquis, au prix de ses sueurs, quelques esclaves qu'il va, en présence des fidèles et sous l'autorité de l'évêque, rendre à la liberté ; et il en est ainsi de tous ceux qui en possédaient'. Ces exemples, donnés par les prêtres, se continuaient parmi
1. Pignon, De urm (tm<to). La mère du jeune martyr Galliopius, apprenant que son fils venait de confesser la foi, courait à sa prison: mais auparayant elle avait affranchi cinquante esclaves qu*elle possédait, en leur donnant leur pécule. (fioUand. avril (7), 1. 1, p. lxxxiv, § 6.