Aug. De opère fiumod^., t. VI, p
du travail des mains, et il le prouve à ces champions intéressés de la prière, par l'exemple de l'Apôtre, par les nombreux témoignages qu'il en a donnés. Il leur en dit le mode, il leur en dit le temps, et leur demande s'ils ont pour eux l'excuse, dont TApôtre n'a point voulu pour luimême, d'aller de Jérusalem en lUyrie prêcher l'Évungile. Puis, passant des textes dont ils repoussaient l'application à ceux dont ils invoquaient le bénéfice, il les prie de lui dire si ces oiseaux du ciel, qui ne sèment ni ne moissonnent, ne s'abstiennent poinl aussi, selon l'Écriture, d'amasser dans les greniers. « Pourquoi donc prétendre avoir des mains vides d'œuvres et des granges pleines des produits des autres? pourquoi des hommes à leur service? les oiseaux du ciel se font-ils servir^ ? » Et, continuant de les poursuivre de sa mordante ironie, il leur souhaite aussi des ailes quand ils s'abattent, comme les oiseaux, sur les champs d'autrui, afin qu'à l'approche des gardiens ils puissent leur échapper comme un essaim de passereaux, au lieu de leur rester entre les mains comme des bandes de voleurs*. Il conclut donc pour le travail. Si Ton a quitté la richesse pour la vie monastique, il faut rompre encore avec ce reste d'indolence ; si l'on a quitté la pauvreté, il ne faut pas y venir avec la pensée d'améliorer sa position : « Car il ne convient pas, ajou(e-t-il, que, dans un lieu où des sénateurs viennent s'appliquer au travail, les artisans restent oisifs ; que, dans un lieu où des maîtres viennent fuir les délices de leurs domaines, les paysans fassent les délicats'. »
1. Ihid., § S5, p. 823, a. . . « Vere volatUia cœli, sed par superbiam « in altum se extollendo, et fenum agri, sed carnaiiter sentiendo. »