‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 141 sur 196 · Ibid., §§ Ï7 et 38, p · texte numérisé non relu

Ibid., §§ Ï7 et 38, p

3. Âug. De opère monach, § 33„!p. 837. (Cf. Reguia ad tervoi Dei, §§ 1 et 3, 1. 1, p. 1371-1373. A la un, par une autre de ces saillies où

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Cette rude leçon donnée aux moines fainéants, sain! Augustin eut roccasion de la répéter dans plas d'un discours à ceux qui, renonçant au inonde, voulaient d'abori renoncer au travail. Il insiste toujours sur le commandement de saint Paul : Si quis non vidt operari^ non mattducet; et il y joint encore l'exemple de TApAtre qui, prédicateur de rÊvangile, soldat du Christ^ planteur de la vigne, pasteur du troupeau, avait bien le droit de vivre de la parole de Dieu : ce qui ne Tempécha point de refuser un salaire si bien gagné pour se donner comifie modèle à tons ceux dont les prétentions voudraient s'élever plus haut^ Le travail n'était donc pas seulement la loi de l'homme déchu ; c'était encore sa condition depuis que le Sauveur l'avait relevé, c'était la règle de la vie parraite, comme les saints la voulaient établir dans les monastères, pour senrir d'exemple aux fidèles liés au monde par leurs devoirs. Aussi le travail faisait-il de la classe inférieure la classe la plus rapprochée, par son genre de vie, de la perfection de l'Évangile ; et saint Jean Chrysostome en relevait les avantages dans un discours où, selon son habitude, il unit avec tant d'art les textes sacrés à sa démonstration : « Ne proclamons pas trop le bonheur des riches, ne méprisons pas les pauvres, ne rougissons pas des métiers et ne croyons

S. Augustin oublie volontiers la règle et la mesure, il se prend à leurs longs cheveux, et demande s*ils veulent aussi faire vivre les barbiers dans le repos, ou s'ils prétendent imiter encore les oiseaux de TÉvan* gile, et craignent d'être déplumés et de ne plus savoir Toler. {De opère monach., §39, ibid.^ p. 835.)

1. Aug. ibid., § 4, p. 801-802. Cf. in Joann. Ev. tract, cxxn, 3, t. III, p. S453-245S, et Hieron. Ep. xt, t. IV, P. ii, p. 24 : « Manu quotidie et < proprio sudore quierimus cibum, scientes ab Apostolo scriptum esse : « Qui autem non operatur non manducet, » C'était, dit le saint, la pensée qui dirigeait Asella dans son travail : « Operabatur manibus suis, « sciens scriptum esse, » etc. (Ibid, xxi, t. lY, P. u, p. 53.)

pas qu'il y ail de la honte dans les occupations manuelles, mais bien dans Toisiveté et dans l'inaction. S'il eût été tionteux de travailler, saint Paul ne Teût pas fait et ne s*en fût point tant vanté dans rÉcriture ; si les métiers étaient une flétrissure, il n'aurait pas déclaré ceux qui ne travaillent point indignes de manger. » Et, poursuivant, il montre l'excellence du travail qui continue Tœuvre de Dieu dans le monde; qui, dans l'homme, n'est pas seulement une expiation du péché, mais un préservatif contre ses atteintes, une source pure de bonnes œuvres et de vertus ^

Il n'est pas besoin de dire avec quelle sollicitude l'Église recommandait l'homme de travail et l'homme de louage aux attentions des fidèles : a Car qui • sait, disait saint Ambroise en commentant l'histoire de Tobie et de l'ange, s'il n'y a point de même un ange en lui'? » A plus forte raison faisait-on au riche un devoir d'accomplir envers son mercenaire toutes ces obligations de droit rigoureux dont le fort, en un temps d'oppression, s'affranchit volontiers à l'égard du faible; et, tandis que Libanius plaide pour les maîtres comme pour les paysans, saint Jean Chrysostome prend surtout en main la défense de ces pauvres campagnards, mourant de faim au milieu des produits de la terre, travaillant sans relâche pour se retirer les mains vides, et laisser le propriétaire remplir ^es greniers et ses caves des fruits de leurs veilles et de leurs sueurs : trop heureux s'ils ne lui restent pas liés par quelque dette, exposés à mille vexations, à mille

t. Chrys. in illud, Salut. Prise., § 5, t. III, p. 178-180. Cf. ad Stag. a dœm.vex, hom.t § 3, 1. 1, p. 159, c. 3. D$ Tobia, xxir, § 91, t. I, p. 621.

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corvées gratuites \ Ce travail, le salaire auquel il donne droit, c'était pourtant Tunique soutien du pauvre : et n'était-ce pas le tuer que de lui ôter les moyens de vivre? Aussi les Pères font-ils de ces abus de pouvoir presque un crime d'homicide; et, si la loi des princes n'a point de peine pour ce genre de meurtre, ils en appellent à une sanction plus haute. L'homme, mercenaire en ce monde, ouvrier dans la vigne du Seigneur, devait s'attendre à trouver auprès du divin maître la mesure dont lui-même aurait usé V

En prouvant la nécessité, la vertu, la noblesse du travail, les Pères ne faisaient point de distinction. Ils condamnaient les professions dangereuses, mais ils jugeaient égales toutes les fonctions utiles dans Tordre des métiers comme dans Tordre des services : car TÉglise est souvent comparée à un corps dont les membres, avec leur usage divers et leur beauté propre, ont pourtant même destination et mémo vie'. Ainsi, au dernier rang du clergé, les fossoyeurs qui, à l'exemple de Tobie, ensevelissaient les morts, étaient recommandés aux évèques comme des frères, en leur

1. c Cieux, troublez-vous d'étonnement; terre, frémis, » s^écrie le saint, avec l'auteur sacré, en retraçant ce tableau. (Chrys. in MaUk, hom, Lxi, 3, t. VII, p. 614.) Cf. Libanius, De patroc. vicorum, cité plus haut, p. 27 1, et la lettre de S. Augustin en faveur de colons menacés de payer une double redevance, à l'intendant d'abord, puis au maître, qui tenait le paiement pour nul parce qu'il ne l'avait pas reçu. (Ep. ccxi.vn, t. Il, p. 1327.)

3. «... Uoc est enim interficere hominem, vit» suae ei débita sub- H sidia denegare. Et tu mercenarius es in hac terra : da mercedem « mercenario, ut et tu possis dicere Domino, quum precaris : Da « mercedem , Domine , sustinentibus te. » (Ambros. De TMa, xht, 02, ibid,)

3. Chrysost. in Ep. ad Epheê. iv, hom. x, 1, t. XI, p. 75-76. Aug. Scrm. GCLxvii, § 4, t. V, p. 15b3, c.

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qualité de servifeurs deJ. C.^; ainsi les veuves âgées, qu*entretenait rÉglise, prêtaient leurs services aux clercs malades et sans parents, comme ces saintes femmes qui accompagnaient les apôtres et veillaient à leurs besoins* ; et ces exemples étaient toujours suivis dans les classes les plus élevées. De pieuses matrones, au temps des Pères de rÉglise, renonçaient encore à tous les avantages de la beauté, de l'âge et de la richesse, pour se confiner aux derniers rangs du service domestique', pour se consacrer elles-mêmes au service des malades et aux soins les plus rebutants, comme le faisait la pelite-fiUe des Fabius \ et encore Flaccilla, femme de Théodose*. Nulle fonction qui parût vile aux yeux de TÉglise, nulle qui ne fût honorée par Texemple des saints ou des martyrs : il y avait des martyrs et des saints même dans celles que TEglise réprouvait comme suspectes*. Les grands du monde, les évéques,

i . Uieron. De vu ordinibus Ecclesiœ, t. V, P. i, p. 99. Disons, du reste, que Ton doute de raulhenticité de ce Irailé. ^ Des clercs employés aux mêmes soins sont désignés sous le nom de copiaiœ (I. i (ôbl), C. Th., XllI, I, De lustral, conlat.); d'autres, à Alexandrie, for^ inaient une corporation chargée du soin des malades : on les appelait, û cause des dangers auxquels ils étaient exposés dans les contagion?, parabolanL (L. 42, G. Th., XVI, u, De epUcopis.)

2. Hieron. Ep, xxxi?, ad Nepotianum, De vita cleric, t. IV, P. ii, p. S60; Âug. De opère monach,, § 5, t. VI, p. 803, c.

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