Thesial. n
% Sicut eniminuno corpore multa habemiis inembra, etc. » (Rom, XII, 4-6.)
3. c Nam et corpus non est unum membrum sed multa .... — Sed « multo magis quae videntur membra corporis infirmiora esse, necesf sariora sunt; — Et quœ putamus ignobiliora membra esse corporis, • bis honorem abundantiorem circumdamus. r> (I, Corinth, xn, i4-23.)
4. « Et infirma mundi elegit Deus .... — Et ignobiiia mundi et
lève dans sa personne l'homme du peuple, l'artisan : « N'est-ce point là, disait-on du Sauveur, le charpentier, fils de Marie*? » et l'Apôtre aussi avait voulu vivre du travail de ses mains; il avait refusé les secours auxquels lui donnait droit toute une vie de dévouement et il trouvait, le jour ou la nuit, parmi les fatigues de l'apostolat, du temps pour gagner sa nourrifure, afin de présenler son propre exemple aux fidèles, et de justifier cette condamnation, portée contre la stérile oisiveté de tant d'hommes nourris et servis par leurs esclaves : Celui qui ne veut point travailler ne doit pas manger*. Cela ne l'empêchait point de respecter, comme on l'a vu, les différences des conditions sociales et de commander à chacun d'acquitter sa dette envers les autres : tribut, crainte ou honneur'. Ainsi Tesclave n'est pas violemment élevé au niveau du maitre, ni affranchi, môme au nom de la fraternité chrétienne, de tout respect à son égard^ ; mais le maître est
« contemptibilia elegit Detis. » (1. Corinth. i, 27-28. — Cf. Jacques, Ep. CaUi, ▼, 5, et MatUi. vi, 25; xiii, 54-58, etc.)
1. f Nonne hic est faber, filius Mariae... » (Marc, vi, 5; cf. Matth. xin, 55; Luc. ii. 51), et encore : « Quicumque voluerit inter vos major m fieri, sit vester minister. — Et qui voluerit inter vos primus esse, « erit vester servus. — Sicnt filius hominis non venit ministrarî, sed (( ministrare. » (Matth. xx, 26; cf. xvni, 3-5; Marc, ix, 34; x, 45; Luc. XIV, 11 ; Joann. xin, 4, etc. I, Cor, i, 26-30.)
2. <( Neque gratis panem manducavimus in aliquo, sed in labore et (( in fatigatione, nocte ac die opérantes, ne quem vestrum gravaremus. « — Non quasi non habuerimus potestatem, sed ut nosmetipsos for- « mam daremus vobis ad imitandum nos. — Nam et quum essemus « apud vos hoc denuntiabamus vobis, quoniam, si quis non vult ope- « rari, nec inanducet, etc. » (II, The$saL m, 8-12.)
3. « Reddite ergo omnibus débita : cui tributum , tributum ; cui « vectigal, vectigal; cui timorem, timorem; cui honorem, honorem. » (Rom, xm, 7.)
4. « Quicumque sunt sub jugo servi, dominos, sues omni honore « dignos arbitrentur, ne nomen Domini et doctrina blasphemetur. — « Qui autem fidèles habent dominos, non contemnant quia fratres
doucement ramené vers Tesclave, el détourné des rigueurs du commandement par ces sentiments d'humilité qui font la consommation de la vertu, par ces habitudes de travail, réhabilitées en la personne du divin Maître, prôchées et pratiquées par ses disciples.
De même, pour rétablir la liberté parmi les hommes, le christianisme enseigne le dogme de la servitude volontaire. Il les appelle, libres et esclaves, au sentiment de leur vraie condition. « Es-tu esclave? n'en sois pas inquiet, mais, si tu peux devenir libre, profites-en davantage. Celui qui est appelé esclave dans le Seigneur est l'affranchi du Seigneur; et celui qui est appelé libre est l'esclave du Seigneur. » Ainsi l'ordre des conditions est, en quelque sorte, renversé dans l'ordre de la grâce : l'esclave est l'atfranchi, le libre est l'esclave. Plus on est libre, plus on doit servir; l'esclavage a moins de dépendance, moins do devoirs que la liberté : Sed et si potes liber fieriy magis utere^. L'Apôtre encore avait donné l'exemple de cette nouvelle servitude, qui est la destruction non de la per« sonnalité mais de l'égoîsme, servitude de charité et d'amour qui fait que l'on s'abdique, en quelque sorte, soimême, pour gagner un plus grand nombre de ses semblables à la liberté des enfants de Dieu*. C'est comme
« sunt, sed magis serviant, quia ûdeles sont et dilecti , qui benefici « participes sunt. Haec doce et exhorlare. » (Timoth, it, 1-2.)
1. Ces mois magis utere (uâXXcv xp^oxt) ont été pris comme se rapportant à l'esclavage ; ils se rapportent à la liberté : Profites-en pour servir, sans doule, mais non pour rester esclave; pour servir de cette servitude plus élevée qui est marquée au verset suivant : « Qui enim M vocatus est in Domino servus, libertus est Domini, similiterqui liber k vocatus est, servus est Christi. » (I, Corinth, vu, 22.) Cf .Ram, vi, 18, 22 : i Liberati autem peccato, servi facti estis justitiac . . • servi autem « facti Deo. »
2. « Nam quum liber essem ex omnibus, omnium me servum feci, « utplures lucrifacerem. » (I, Corinth, n, 19.)
6 LIYRE III. CHAPITRE I.
le titre même de son apostolat*. Il lui est donc bien permis, dans cette naissante Église qui l'honore comme un père, de communiquer ces Iionneurs à ses frères en servitude, liés à lui par le nœud môme de la captivité*; il les i*ecommande tout spécialement ' et les associe à leurs maillées» comme « une Église domestique, » dans les compliments qu'il échange \
C'est dans cet esprit que la foi nouvelle, tant que ces distinctions devront durer parmi les hommes, prescrit ù chacun sa règle de condiiile. Elle réunit maîtres et esclaves, sur le modèle du Christ, dans la pensée du Christ. Au nom de riIomme-Dieu dont ils sont les membres, elle demande aux uns de Tobéissance, aux autres de la douceur ; elle veut, par Taccomplissemcnt même de leurs devoirs, développer en eux la charité qui est l'âme du Sauveur, afin que dès lors l'union soit complète et que les chaînes tombent comme d'elles-mêmes : « Esclaves, obéissez à vos maîtres de la terre avec crainte et tremblement dans la simplicité de votre cœur, comme à Jésus-Christ ; n'agissez pas seulement sous leur regard, comme occupés de plaire au monde, mais comme les serviteurs du Christ, faisant la volonté de Dieu, de bon cœur et de bonne volonté, servant
1. (( Ëgo vinctus Christi . . . vinctus in Domino. » (Galat, m, i, et
IV, i.)
2. a.Salutate, Andrean et Juniam concaptivos mecs. )> (Rom, xv, 7.) — (( Epaphra carissimo conservo nostro. » (Coloss, i, 7.) — « Memen- (( tote vinctorum» tanquam simul vincli, et laborantium, tanquam et « ipsi in corpore morantes. » (Uebr. xiii, 3.)
3. u Gommendo vobis Pliseben sororem nostram, quae est in ministerio Ëcclesicne, quœ est inCenchris. » (Rom, x\i, i.)
4. « Salulate Priscam et Aquilam, adjutores meos in G. J. . . — Et h domesticam Ecciesiam. » (Ibid, 3-5.) — « Salutant vos in Domino u mullum Aquila et PhsciUa, cum domestica sua Ecclesia, apud quos « et hospitor; » (I, Corintfi. xvi, 19.) «ctNympham, et quae in domo <( ejus est Ecclesiam. » (Colosê, iv, 15.)
ÉYAMGILE ET PHILOSOPHIE. 7
pour le Seigneur, non pas seulement pour les hommes, et sachant bien que chacun recevra de lui selon ses œuvres, qu'il soit esclave ou libre. Et vous, maîtres, agissez de même à leur égard, laissant les menaces, sachant que leur maître et le vôtre est au ciel, et que, devant lui, il n'y a point d*acception de personnes ^ »
Elle recommande ailleurs encore l'obéissance aux esclaves, môme envers les mauvais maîtres : car il faut obéir non pour les maîtres, mais pour Dieu'; mais elle rappelle aux maîtres aussi à quelles conditions leur est laissée provisoirement cette puissance. J^a résignation de l'esclave est une vertu ; la modérations des maîtres est un devoir, et il importait de ne point leur laisser oublier Pautorité suprême qui domine la leur : « Maîtres, dit encore TApAtre, rendez à vos esclaves ce qui est juste et convenable, sachant que vous avez aussi un maître au ciel '. n Le maître doit donc déjà reconnaître, au-dessus de son droit, le droit de Dieu, se former à obéir avant de commander : et ce commandement, ainsi restreint, n'est déjà plus le despotisme. L'esclavage est condamné en principe ; il est limité dans Tusage général par ces tempéraments qui en diminuent les rigueurs ; il est même supprimé dans la vie plus parfaite. Ce précepte : « Vends tes biens et donnes-en le produit aux pauvres, » impliquait sans doute, l'affranchissement des esclaves, ces pauvres qui ne possèdent rien, qui ne se possèdent même pas \