CHAPITRE
DU TRAVAIL LIBRE DANS SES RAPPORTS AVEC l'eSCLAVAGE AU COMMENCEMENT DU U* SIÈCLE DE L*EMP1RE; DES INFLUENCES POLITIQUES QUI CONTRIBUÈRENT A L 'ÉTENDRE ET A LE MODIFIER.
De nos jours, l'homme de travail est généralement libre ; dans l'antiquité, il était esclave ; au moyen âge, il fut serf: et le servage apparut ainsi, parmi les formes prépondérantes du travail, comme une transition de Tesclavage à la liberté. C'est le fait qui domine aux origines des peuples modernes. Il doit donc porter, dans sa constitution, la trace des deux grandes causes qui ont surtout contribué au renouvellement de la société, je veux parler du christianisme et des barbares; et, en effet, leur action y fut considérable comme nous le verrons par des résultats conformes à ce jugement à priori. Mais le christianisme et les barbares n*ont pas seuls composé la société nouvelle. L'ancienne société en est restée comme le fond, soit pai* les races, soil parles idées qu elle fit entrer dans la transformation du monde ; et sa part peut être grande dans une révolution qui tenait, par le travail, aux bases mêmes de rÉlat, Le servage pourrait donc bien ne pas être une simple combinaison née de la double influence du christianisme et des barbares, mais un fait sorti des entrailles mêmes de Tancienne société. C'est elle, sans aucun doulo,
qui» par ses classes ouvrières, en a fourni les premiers éléments, et il convient de recherchersi, indépendamment de toute cause étrangère, elle n a point particulièrement concouru au développement de cette forme nouvelle, sous laquelle le travail allait se produire et durer si longtemps.
Le travail, disons-nous, se faisait généralement, dans l'antiquité, par l'esclave ; au moyen âge par le serf; il se fait aujourd'hui par l'homme libre, et c'est Tétat normal. Le travail libre est de droit naturel chez les hommes, égaux par l'origine ; le travail des esclaves est un fait imposé par l'homme : c'est Tabusde la force, qui, dans un intérêt tout égoïste, avec ou sans le masque de l'hypocrisie, selon les âges, l'a établi et maintenu. Pour revenir au droit de nature, que fallait-il donc ? Ou que, ce droit étant reconnu et proclamé, 1 Etat réagit puissamment contre les intérêts qui exploitent et protègent l'esclavage ; ou que, même à déraut de cette raison de justice, un intérêt plus fort vint les contenir et les restreindre, sinon les supprimer. Or la jurisprudence romaine, nous l'avons vu, tout en proclamant le droit naturel de l'homme à la liberté, n'en faisait point une loi de l'État, une obligation des familles. Tout en favorisant les roanumissions individuelles, elle n'empêchait pas le renouvellement de l'esclavage : la jurisprudence impériale mène à l'affranchissement, non à la liberté. Ce n'est point de là que soufflera l'esprit qui doit changer la face du monde. Mais, en attendant des circonstances nouvelles dans la situation de l'empire, des intérêts issus de l'organisation même de l'État ne pourront* ils point dominer les pouvoirs qui maintenaient l'esclavage, changer les rapports du travail servile et du travail libre, et, par une action simultanée sur ces deux modes an-
^x LITRE IH. CHAPÎTRE IIÎ.
ciens, diminuer l'intervalle qui les sépare, aider au passage de Tun à l'autre, et commencer ainsi Tœuvre de la transformation ? Voilà comment la queslion se présente, au point où nous avons conduit ces recherches. Quels étaient, dés le IP siècle de notre ère, les rapports du travail servile et du travail libre ; et quelles causes ont pu, dès lors, les modifier dans leur eitension, les altérer dans leur nature? Nous allons établir dans un tableau général quels étaient ces rapports, et marquer, en quelques traits rapides, le principe de ces causes dont nous aurons à étudier les effets, pour chaque section du travail, dans les chapiti*es suivants.
Le travail libre n'avait jamais entièrement disparu, et nulle part, peut-être, excepté à Sparte (encore Sparte avait-elle ses classes inférieures), il ne s'effaça entièrement et d'une manière durable d'un État : car il y a toujours, dans les classes libres, à côté des grands et des riches qui usent ou tirent profit de l'esclavage, des pauvres qui doivent se servir ou mettre leur savoir-faire au service d'autrui. Il n'en fut pas autrement à Rome. Quels que fussent, dans les derniers siècles de la république, les empiétements des grandes fortunes et le déclin de la rare plébéienne, la condition libre retint partout une place à côté de Tesclavage, et elle pouvait ainsi, sous une influence plus favorable, regagner ce qu'il lui avait pris, s'étendre même jusqu'aux fonctions où il l'avait devancée.
L'esclavage, nous l'avons vu, embrassait le service public et le service privé, et, dans cette dernière section, il formait deux familles, la famille urbaine et la famille rustique. Reprenons, pour l'exposition du travail libre, le cadre*où*nous avons renfermé le tableau du travail des
esclaves; et montrons, dans chacune des fonctions qui s*y rapportent, quelle place les classes libres avaient gardée ou prise, quels développements elles pouvaient acquérir.
Les principales fonctions des esclaves publics étaient : 1*" le service des magistrats et des prêtres ; V les travaux demandés parles besoins de l'État.
Le service des magistrats et des prêtres compta toujours, dans ses diverses catégories, des plébéiens du rang inférieur.
Sylla avait pris pour héraut (ca/o/or), dans ses fonctions augurales, son affranchi Ëpicadus, le grammairien' ; des hommes libres nous sont montrés, par les inscriptions de rempire,dans des offices analogues* ; des noms libres figurent sous le titre de t hérauts sacrés des pontifes et des flamines » sur la pierred'un monument consacré par eux'. Ce ne sont pas seulement les prêtres, en effet, ce sont les ministres inférieurs des cérémonies sacrées qui composent des collèges. Les trompettes et les joueurs de flûte qui faisaient une corporation dans l'organisation rapportée à Numa, qui avaient une centurie dans la constitution de
1. c Cornélius Ëpicadus, Gornelii Syllœ dictatoris lil>ertus, caiator- ■ que in sacerdotio augurali* • (Suét., De ilL gramm, 12.)
2. Q. CABCILIO PBBOCI | KALATOM SACBKDOTIl TITIAUDM FLAYULICII STUDIOSO
ELOQUEHTUB TixiT ARxis xT,etc. (Orelli, 2432); a libris pontificalibus {ibid. 2437 et 2438), etc.
3. KALATOBBS POHTIFICDM ET FUM»nil | P. CORNELIUS IALT88U8, etC, elC.
(Orelli, D* 2431.) Si plusieurs peuvent être affranchis d*origine, aucun du moins n'est lié, par une désignation précise, aux devoirs de cette condition.
Servius Tullius, reparaissent sous cette forme rajeunie* ; et à côté d'eux se rangent d'auti*es corps de même nature, décuries de licteurs curiates, de victimaires, de pvUarii *, tous prouvés généralement libres par leurs titres, comme par les noms de ceux qu'on y voit affiliés '.
Il en était de même du service ordinaire des magistrats. Les magistrats avaient à leur disposition des esclaves publics ^ ; mais leurs appariteurs continuèrent d'être libres. Les scribes, les licteurs, les viateurs et les hérauts ou crieurs publics devaient être des citoyens romains. La loi Comelia en témoigne au dernier siècle de la république pour les crieurs publics et les viateurs, qui tenaient le degi*é inférieur dans cette sorte de ministère : et elle le prouve en même temps quant aux siècles qui ont précédé ; car elle ne fait que porter de trois à quatre, par l'adjonclion d'un membre, le nombre de ceux qui entraient dans cette sorte de décurie' : or si elle prescrit de le prendre parmi les citoyens, c'est que les autres étaient aussi des citoyens.
i. M. JULIUS TICTOR EX COLLEGIO LHICLNUX CORNICINUH (SpOn, Mi$C, Ant,
p. 69, et Donati, p. 232, n" 6). gorni. an. xxxvi | sn?(endwrum) x?in |
HAER. ET GULLEGAB P08UERUNT. (InêCr, Rketllf II* 751.)
2. Yoy. diverses inscriptions sous ce titre : Uctores qui sacrU publia cis apparent; Lictoreê êive curialiia sacris publiciê j et Làctore* populoF^ res. (C. iMcr, lai, t. VI, 1885-1894.) Vicinmariw, (Wiimanns. 1345.)
3. COLLEGIO iiBiciNUM. (Nuratori, p. 531, 1, et Doni, IX, 23.) tiriuiibs ROMANI QUI SACRis puBLicis pra£st(o) 8UNT (à Caracalla). (Gruter, p. 3G9,
2.) COLLEGIO TIBIGLXDIl ET FIDICIKUM QUI 8. P. P. 8. (OrelH, n* 2448.) L. AH- TOXIUS EPITHYNCIUNUS , LICTOR DEC. CURIATlAE QUAE SACRIS PUBLiaS APFARET.
(Orelli, 3217.) sutorius m. l. pamphilus uctor ci7Ru(ius) sacris pobugii p. B. QuiRiTiDH. (GruLer, p. 632, 1.) m. aurelio cabsari ... decoriales fullauii. (Orelli, 2436.) colleg. yigtiharior. qui ipsi (Hadriano) et sacer- DOTiBus et mvgist. ET sBHATui APPARENT. (Fabrettl, YI, xiii, p. 450, et Orelli, n- 2453.)
4. « Stipali servis publicis. » (Yarr. ap. Àulu-Gelle» XQI, 13.)
5. fl Gos. quei. nuuc. sunt. iei. ante. k. decembris. primas. « de. eis.quei. | ciyes. romanei. sunt. viatorem. unum. legunto.
ESCLAVAGE ET TRAVAIL LIBRE. dl
Les licteurs, dès le commencement de la république» appartenaient à l'ordre des plébéiens, et un décret d'Octave (37 avant J. C.) défendit d'en confier les devoirs à des esclaves* ; et pour les scribes, on en connaît des exemples fameux: témoin ce fils d'affranchi, le célèbre Cn. Flavius, qui fut lui-môme édile curule, et se vengea du mépris des nobles en publiant ces formules des pontifes dont il avait, en sa qualité de scribe, pénétré le secret*.
Ces serviteurs libres de l'administration se rangeaient, comme on Fa vu, dès la république, en décuries. Ëlus originairement pour un an, mais, à la longue, perpétués dans leurs offices, ils pouvaient se substituer un remplaçant , ou en d'autres termes se subroger un successeur*; et déjà alors leurs charges se vendaient, comme d'autres analogues se vendent encore de nos jours. Tout citoyen était
« qiiei. in. | ea decuria. viator. appareat. quam. decuriam. viatoc rum. I ex. noneis. decembribus priineis. qusestoribus. ad. œra- « rium. I apparere. oportet. oportebit. Eidem. ces. ante. k. dec cembr. | primas, de. eis. quei. cives, romanei. sunt. prœconem. « unum. I leçunto, quei. in. ea. decnria. etc. i (Col. i, 1. 7 et sui- Yanfes.) La même formule revient plusieurs fois encore. (Lex Comelia de XX quœ$lor, (an 673 de R., 8i av. J. G.). Voyez Haubold. Ant.jurù tnonum, p. 86, et le texte publié de nouveau par Hommsen, Corp, inscr. lai. t. I, p. 108, n* 20*2.)
i. ...|iiin ^oùXev J«e^.^lxtîv. (Dion Cass. XLVUI, 43, p. 559.) (57 av. J. C.)
2. T. Live, IX, 4G. C*est dans le champ d'un autre scribe que Ton trouva les trop fameux livres de Numa. (Ibid, XL, 29.)^ Voyez diverses inscriptions sous ces titres : Seribœ quœêtorii irium decuriarum. (C. Jnscr. lat, t. V[, 1802-1815.) Seribœ librarii dec%iriœ œdilitiœ curuli$ {Ibid, 1836-1854.) sgriba LiBR(arttM) AED(t7ittm) fL{ebi$), (Ibid, 1855.) scHiB. LUR. TRiBOMcl. (Ibid. 1856.)
3. Voyez la loi Comelia de xx quœUoribuê, col. n, t. 34-28. Les vtcarii, ou appariteurs subrogés, flgurent avec les anciens titulaires (veieres) dans une ancienne inscription de Tibur reproduite par Orelli (n* 3202) : hoc monimentum apparitoruh praecomum AEDaiUM vbterch
VICARICM EST ET P08TSR1SQUB EORDM.
donc en mesure d'y arriver, et, dans le nombre, plusieurs qui n'avaient guère d'autre recommandation que leur argent ; mais cela n'ôlait rien à leur importance. Cicéron, en accusant de concussion deux scribes de Yerrôs, cherche à prévenir les tempêtes qu'Hortensius voudrait soulever contre lui, au sein de leur ordre, « le second de l'État* ; » il rappelle les hommes respectables et purs qu'il a comptés parmises membres, il le proclame uun ordre honnête*; ailleurs il le range après l'ordre des chevaliers, dans cette foule d'ingénus de tous rangs prêts à combattre Calilina* ; et, plus tard, il n'aura garde d'oublier leur décret, parmi les manifestations qui le rappelaient de son exil *. Tel est toujours l'état de la société dans les commence-
i. « Qui, nummulis corrogatis de nepotum donis ac de scenicorum « coroUariis , quiim decuriam emerunt, a primo ordine explosoram « in êecundum ordinem civitatis evenisse dicunl... Mirabimur turpes « aliquos ibi esse, quo cuivis licet pretio pervenire. i (Cic. U, in Verr. 111, 79.) Une inscription, reproduite par Reinesius, conlient une liste de citoyens qui ont ainsi aclieté une décurie, dans les années 752, 753, 754 et 758 de Rome. Plusieurs sont affranchis d'Auguste : c. «lus nii[ginuê),, c. julius divi aug. l. diontsius.. g julius hilario.. g. julius
AGAMEHlfO . . G. JULIUS PARTHENIO. (ReinCS. X, 5, p. 597.)
2. « Quid eorum scribarum mentionem faciam, quos constat sanfl ctissimos homines atque innocentissimos fuisse. . . Ordo et honestus « quis negat ? Est vero honestus, quod eorum hominum ftdei tabulse « publics periculaque magistratuum committuntur. » (Cic. II, in Verr. m, 78-79.)
5. « Quid ergo hic équités romanos commemorem .... scribas item « universos... Omnis ingenuorum adest multitudo, etiam tenuissi- « morum. » (Calil. lY, 7.)
4. Cic. Pro domo sua, 28. Cet ordre, le second de TÉtat, comme Ta dit Cicéron, était loin d'avoir dans son estime un rang voisin des chevaliers. Le titre de scribe n'empêchait pas d'arriver aux plus hautes charges ; mais l'orateur en parle avec regret, comme d'exemples qui sont le résultat des révolutions populaires, et qui deviennent la cause de révolutions nouvelles, par les espérances qu'elles font naître chez les ambitieux. (De offic. II, 8.)
ments de Tempire, et les mêmes appariteurs, ou d'autres de même condition, se trouvaient attachés aux nouvelles fonctions administratives créées par le régime nouveau : préposés aux travaux publics, à l'entretien des routes et des aqueducs, intendants des rives du Tibre ou des distributions de blé^ Les inscriptions mentionnent bien encore des esclaves aux degrés les plus bas, dans le service des distributions ou des jeux, comme dans les soins tout matériels du culte*; mais aux hommes libres appartiennent exclusivement les fonctions qui, jusque dans leur infériorité,retiennent quelque chose de l'autorité publique, (uxensi^^ ou appariteurs, depuis le scribe jusqu'au simple crieur*. Un père dont la fille était recherchée par deux tri-
1. Suét. Aug. 37. Voyez le sénatus-consulte reproduit par FroDtin, De aquœduct. 100 : < Qui aquis publicis praeessent, quum ejus reî « causa extra urbem essent, lictores binos et servos publicos temos, H architectes singulos, et scribas,(et) iibrarios, accensos praeconesque « totidem habere, quot habent ii per quos frumentum plebei datur. b
2. Ce sont, avec des noms divers de personnes, les mêmes fonctions qui ont été signalées au t. II, p. 87.
3. L. uamus secuudus ACCEns(ti«) patron(o) sud licinio surab prim. SECUHDO TERTIO consuLATu Elus (corTCspondant aux années 98, 102 et 107 de notre ère) Vlvm aug. col. tarracon. (Orelli, 3127), et beaucoup d'autres citées par M. Mommsen (De apparitoribw magUtratuum Romanorwn. Wiein, Muséum, nouvelle série, 1848, t. Vi, p. 3). Cf. C. Irucr, lai. t. VI, 1960-1966. Cicéron conseillait de les prendre parmi les affranchis : i Accensus sit eo numéro, quo eum majores noslri esse vo- « luerunt: qui hoc non in benelicii loco, sed in laboris ac muneris, « non temere nisi libertis suis deferebant : quibus illi quidem non « multo secus ac servis imperabant. • (Cic. Ad Q. fratrem, I, i, p. 534. Ëd. Lemaire.)
4. C. MATICS AHPHI0 PATRONCS | PRAEGO EX TRIBUS DECUrIs | QUI. CENS. PR.
APPARBEB soLBHT. (C. InscT, iot. t. V, 1945. Cf. 1947-1955, et pour les Tiateurs, ihid. 1916-1942.) — Nous supprimons toutes les autres inscriptions que nous avions recueillies, renvoyant au mémoire cité de M. Mommsen, où l'on en trouvera un plus grand nombre, classées selon Tordre de ces diverses fonctions. Voyez encore le chapitre particulier
Oi LIVRE III. CHAPITRE III.
buns, sept avocats, dix poètes, donna la préférence à un crieur public ; et Martial trouve qu'il n'agit point en sot^ ; ce Irait est forcé, surtout en ce qui touche les préteurs ; mais le préteur avait des charges, le crieur des proflts. Les plus humbles fonctionnaires pouvaient, en effet, arriver à la fortune. L'un d'eux, qui fut accensus des consuls, viateur des édiles plébéiens, scribe des édiles curules, lègue une somme de 50,000 sesterces pour la décoration d'un temple ; et la pierre du frontispice gardait le souvenir de samunificence et de ses honneurs administratifs*. Ils pouvaient aussi arriver aux honneurs. Si parmi les crieurs publics, les vialeurs et les licteurs on trouve beaucoup de gens de métiers' , il y en a parmi les scribes qui lurent faits chevaliers ou exercèrent des charges d'assez grande importance, comme celles de préposé des routes et de vigintivir, ou des sacerdoces et des commandements militaires\
consacré au service des magistrats dans Doni VII, i, Reinesius, rh. x, Orelli, cil. si, 1. 1(, p. 56 et suivant ; Mommsen et collaborateurs, C, Inscripi, laiin. t. I-Vfl ; Wilmanns, Exempla intcripL lai. in uium prœcipue academicum, excellent manuel qui offre un choix de textes pris dans le Corpus inscr, latin, de Berlin et dans les recueils antérieurs* 1. Dignum quid fatuo, Servere, fecit.
(Martial, VI, vn.)
2. T. TBTTIBNUS FELIX AUQUSTALIS | fiCRIRA LIBRAR. AEML. CURDL. | VUTOR AEDIL« PLEBI8. AGCB!ISU8 | CONSULI II-S LM N. LEGAVIT | AD BXOBNAHDAM ABDEM POMONIS | EX QUA SOMMA PACTUM EST FASTIGIUM | INAURATITM PODIUM
PAviMERTA MABM. opus TBGTORicM. (Gruter, p. 94, n* II.) — Un Dorypborus, afrranchi,qui reçut de Commode Tanneau d*or, avait été licteur curiate des augures, . . . scribe des édiles : scrib. aedu.ic. et tribwic.
SCRIB. LIER, ABDIL. CDRIJL. prOEC, QUABSTORIUS, SACERDOTAL. VIATOR AOOURUM
/tcioR GURiAT. (Wilmanns, 1302.)
3. VUTOR QU(t) Ck{es) ET COS. ETPR. APPA(rUlt) IDEM VESTURIUS TENTUA'
RiTis (tenuiarius). (Doni, VIII, 35.) — tutichylas hic positus qui fuit
MARGARIT(an'lM) fflC HABUIT DEC. VIAT. CONSULAREM ET COLLEG. DB!tT (dendl'O-
phororum)Kou. q. q. p. p. (quinquennalis verpeiuus) fuit. (Orelli, 4076.) Voyex Hommsen, mémoire cité, p. 16 et 55)
4. L. AELIUS M. F. M. MEP. QUIR« RECTOS SGRIBA QOABSTORIOS, SGRIBA AEDl'
Les crieurs publics, d'ailleurs, et les licteurs s'appellent aussi uD ordre ^ comme Cicéron le disait des scribes pour les flatter ; et les licteurs le proclament fièrement à la face de Tautel qu'ils élèvent à leur Jupiter Stator* !
Ces fonctions continuèrent donc d'être libres, bien que pour la plupart elles aient cessé d'être l'apanage des ingénus. Valèi*é-Maxime signalait déjà cette origine dans un vialeur des tribuns, nommé Gcmellus, pour relever le contraste de sa condition et de son état '. Au temps de Néron, on constatait dans le sénat que toutes les charges inférieures des cités ou des temples étaient envahies par des affranchis*, et c'est ce qui résulte des inscriptions de l'empire •. — Mais, si celte origine eût pu rester en elles
UTIDS DONATUS EQUO PUBLIGO AB IMP. CÂE8ABE TRAIANO HADRUNO AUG. etC (Murât., p. 1096, 1.) — L. FABIUS BERH0G(6Re<)EQU0 PUBUCOSCRlBAAEDIL.etC.
(Cardinali, Dtp/om., p. 327, et d'autres exemples; Orelli, 2178 et
3252.) — I.. RUFUHD8 TMB. LLO. im FLATUE CCR. VIAT. OST. ET CAMPANAB , 8GRIB. AEOa. CORUL. (DOUÎ, VI, 36.) — L. SABIDIO T. F. PAL. MAXIMO SCRIBAE
Q. [quœ$torio] bexprim. bis prabf. fabrux pontifici salio curatori faki
HERCUUS TRIBUHO AQUARUV, Q. Q. PATROKO MUNICIPII. (Giom. ArCOd, LXXVI,
p. 323, etc. Voy. Mommsen, mémoire «ité, p. 29 et 36.) i. ORBO nEcuRUE JULUs pRAEC. cos(tf/a rium). (Orelli, n*4921.) 2. jOTi sTATORi 800 ORDO LicTORUM m DEGURiARim COS. (Relnesius, I, 19, p. 43.) Ce nom, décerné à Jupiter au Capitule, au milieu du combat des Roroains contre les Sabins, étiit aussi le nom d'une certaine espèce de licteurs : stator practorius, etc. (Reines. VUI, 4; Orelli, 2780, 3422 et 5524.) G^était hardi à eux de prendre pour leur chef d'ordre ce Jupiter Stator 1 5. H, I, 8.
4. « Hinc plerumque tribus, decurias, roinisteria magistratibus et « sacerdotibus, cohortes etiam in urbe conscriptas. » (Tac. Ânn, XHI, 27.) Par cohortes il entend les vigiles dont nuus parlerons tout à l'heure.
5. Voir les chapitres signalés plus haut dans les recueils que nous avonscités. M. Mommsen a noté, d'après toutes les inscriptions réunies dans son mémoire, que tes crieurs sont tous des alTranchis, excepté un; les viateurs et les licteurs aussi, pour la plupart; les scribes des
un signe de flétrissure, ni les che\aliers ni le sénat luimême n'auraient eu le droit de le dire tout haut ^
Après les services publics, viennent les travaux publics, et ils occuperont des esclaves bien longtemps encore. Une troupe ainsi composée avait été mise par Auguste à la disposition des édiles, quand il leur rendit le soin de veiller aux incendies*. Deux autres familles étaient attachées à Tadministration des eaux : Tune formée par Agrippa, et léguée au même prince, qui la donna au peuple ; l'autre, entretenue aux frais de Tempereur' ; et elles contenaient tous les genres d'offices : intendants des réservoii*s et des châteaux d'eau, surveillants, paveurs, couvreurs, etc. ^. Mais les esclaves employés d'abord aux incendies furent, dès le règne d'Auguste, remplacés, on l'a vu, par des affranchis et des soldais': ces fonctions, jadis serviles,
édiles plébéiens et des tribuns, de même ; mais pour les scribes des édiles curules et des questeurs, trois seulement ne sont pas d*origine ingénue. (Ibid, p. 56.)
1. c Et plurimis equitum plerisque senatoribus non aliunde origi- « ginem trahi. » (Tacite, i4nn. Xlll, 27.) Les sénateurs durent quelquefois, par mesure de sûreté, remplir les fonctions de scribes dans leur ordre. (J. Capitol. Gord. l!2.) On trouve même le titre de ab actis senaUu, porté par de hauts personnages : l. cestio uallo ckrri | mo justo juv. .
110. NATALI I lUIviRO VUR. CURANO. TRIB. LATICLAVIO LEG. TUI. AUG. | QUAE8T0RI URBANO AB | ACTIS SENAT. ABDIL. CURDL. | PRAETORI LEG. AUGO. LCC. XXVPR0C08. PROV. | GUE MARBOHEjfSIS PRAtF. | AERAR. 8ATDRMC0. . | PATRONO
coLONUE. (Gudi, Inscr, p. 120, 3.) Il faut Tentendre, sans aucun doute, du garde des archives.
2. Dion Gass. LIV, 2, p. 751, 1. 54. Voyez ci-dessus, t. 11, p. 86 et U8.