‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 45 sur 196 · I. Les esclaves d*un usage purement domestique · texte numérisé non relu

I. Les esclaves d*un usage purement domestique

II. Les esclaves qui mettaient plutôt au service de leur maître, soit 1* leur habileté en affaires (procureurs, intendants, agents divers) ; soit 2"" leur intelligence et leur talent (médecins, grammairiens, artistes) ; soit 3* leur industrie et leur travail (charpentiers, forgerons, etc.).

La première classe, par la diversité des fonctions qu'elle renfermait, comptait des serviteurs de tout rang, depuis l'humble mediastinusj relégué aux soins les plus vils du ménage, jusqu'à Tesclave de choix, élevé quelquefois par le maître pour lui tenir compagnie et charmer ses loisirs '. Si longtemps que durera Tesclavage, le premier ne sera pas remplacé ; le second ne le sera que par lui-même, si, tiré de la servitude par l'affranchissement, il préfère la vie d'une splendide maison avec ses fonctions demi-serviles au douteux avenir d'une pleine liberté. Les auteurs de l'empire nous montrent bien encore, dans la demeure des grands, d^assez nombreux serviteurs * ; mais ils prouvent aussi, et les inscriptions témoigneront également,

1 . MAAOm ALCMNO | C. CALPflURNIOS LADSUS | — • DOMINO DILBCT08 | QOOQUO IRET 8BJIPBR CONES | POCULI MHISTBR | DOCTUS PAUB8TRAB PUER | — ABQUB8 |

sBPin.Tca HIC SUN I NATU8 AHHOS ocTo ET DBCBii. (Orelli, 2882 et beaucoup d'inscriptions déjeunes esclaves nés à la maison (vemœ), par exemple : GRATTIA CTPAEB FBCIT SIBI ET | C. NARULBIO SUATI YmO 8U0 | BT AOA- THOCLI TERNAB 8U0 | CAR18S0I0 QUI nitt ANlt. | IH IIBH8E8 Tffl BT SUIS | OM-

1IIBU8 P08TERI8Q. BORUM | (C. Ifisc. lût. t. VI, 4574.) Cf. thid, 46i1, autre rema de 17 ans.

2. Âpul. Met. H, p. 37 (Deux-Ponts); J. Capitol. Ver. 5 ; Amm. Marc. XIV, 6, p. 25, et XXVm, 4, p. 527 édition Valois). Vopiscus dit d^Aurélien (Awrel, 49) qu'il fixa pour les eunuques un nombre proportionné à rétendue des terres sénatoriales, parce que leur prix sVlevait à un taux exagéré.

pour cette période comme pour la précédente, que les aflranchis s'y confondirent souvent avec eux (21).

Dans la seconde classe, il dut en être de même de la première subdivision. Des aflranchis, alors même que cette condition ne leur était point imposée par PaAranchissement, durent tit>uver avantageux de continuer la gestion des affaires de leurs maîtres, recevant à titre de part ce qu'ils avaient jadis comme pécule ; le nombre en est considérable dans les inscriptions qui nous sont restées ^ La seconde ne se borna point à retenir des affranchis, elle attira des hommes d'origine ingénue par les avantages ou les honneurs que la faveur du public ou l'estime des princes attachait à ces professions. Sénéque parle avec sentiment et dignité de ces titres de la médecine et de l'enseignement à la considération et à la reconnaissance des familles*; et le pouvoir s'en était fait l'interprète par divers privilèges. César avait donné le droit de cité aux médecins et aux professeurs ; Auguste ajouta Timmunité pour les premiers, et les autres obtinrent de semblables avantages de la muniGcence des princes suivants '. L'exemple de Néi*on, qui prononça deux discours, mit en

i, Voy. les tables des divers Tolumes du Corpui IntcripL /ai. aux mois Procurator^ DUpemalor, a raUonihui, ab epùtolU, etc. On voit encore quelquefois, attachés à ces services dans le palais des princes» des esclaves qui ne manqueront pas d*être un jour affranchis : muuldbs P0TU8 AUOG. RH. (Augustofum noitrorum) VBR(fia) cust(o<) TABDL(amm). (Wilmanns, 1402.) callistus aug. h. Disp(en«a<or). {Ibid. 1415; cf. 1414, etc.) Voy. encore la note Sa à la 6q du volume.

S. « Quare et medico et prseceptori plus quiddam dcbeo nec adver- • sus illos mercede defungor? Quia ex medico et praeceptore in ami- « cum transeunt, et nos, non arte quam vendunt, obligant, sed benigna <( et familiari voluntate. » (Sén. De benef. VI, 16.) Sénéque lui-même et Fronton pourraient être cités pour exemple.

3. Suét. Cœs. 42; Dion, LUI, 53, p. 725 (12 av. J. G.), etc. Yoyex ciaprès, ch. TI.

vogue la rhétorique plus queCicéron ne sut faire. Jamais, dit-on, elle ne fut plus florissante à Rome, et Suétone nous a montré qu'elle pouvait mener de la position la plus infime à la dignité sénatoriale ^

Il en fut des arts d'agrément comme des arts utiles, car le peuple ne paye rien si généreusement que son plaisir. Les gladiateurs (c'était un art d'agrément pour le peuple romain), les acteurs et les mimes, affranchis souvent par sa faveur, laissaient librement à Tarène ou au théâtre une habileté ou un talent dont ils étaient seuls, dès lors, à recueillir les avantages*. La plupart gardaient bien la marque dégradante de leur ancienne profession ' ; mais plusieurs s'élevaient aux honneurs ou à la fortune. Une femme, Dionysia, pouvait gagner 200 000 sesterces ; Roscius 300 000, profits qu'il dédaigna quelquefois ^ : et les honneurs ne leur manquaient pas plus que la fortune. On sait de quelle considération jouissait ce Roscius, l'ami de Cicéron ^ Pylade et Baihyllc, affranchis d'Auguste, se parta-

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