Murat. p
9. Gruter, p. 252, 6; Murat. p. 521 , 3, etc. Les parfumeurs cités plus haut (ibid.) p. 511, 4) en sont au vingt-huitième lustre de leur ère.
la tète d*un même personnages le plus souvent étranger à leur art et choisi pour les protéger de son nom et de son influence. C'est particulièrement le rôle de ceux qui portent, dans leur sein, le nom de patron. Ce titre se retrouve, soit seul, soit associé aux ciutres, dans tous les collèges, sans exception', et il semble qu'il soit là, parmi ces dignités instituées à l'image des villes ou de l'Etat, comme pour en donner la juste valeur et rappeler leur origine servile. Il est donné aux femmes comme aux hommes', même aux enfants des patrons; et, de même qu'il peut y avoir un seul patron pour plusieurs collèges S il y a quelquefois pour un seul collège plusieurs patrons', comme on Ta vu pour les affranchis ou les esclaves. Mais rien de tout cela n'est spécial à ces corporations ; et, loin de les distinguer, c'est un trait qui les rapproche encore de ces formes du régime municipal sur lesquelles elles sont modelées. Partout, en effet, un pouvoir nouveau est
i. QUIKQUBRN. COLLBG. OMNI. FABRUM (MUFât. p. 516, 5) MAC. COLLEG.
FABR. ET Q{uantor ejusdem collegii) mag. et Q(uœtlor) sodal. fullonum. {Ihid. p. 523, 3; cf. ibid. p. 519, 2; Fabretti, X, p. 450, et la plupart des inscriptions citées plus haut, notamment Orelli, n^ 4109.)
2. Gruter, p. 69, 3 ; 343. 9; 397, 2; 350, 6 ; 409. 8 ; 469, 4; Fabretti, X, 436, p. 722; Doni, L\, 10; Murat. p. 511, 5; 512-513 paMim; 518, 6; Donali,p. 226, 4; 232, 3; MafT. Mus, Veron,. p. 477, 10; Osann, SylL p. 538, 10, et beaucoup d'autres.
3. Murat. p. 517, 3 (patrona). et 518, 2 (mater); ce nom est même donné aux filles du patron. (!bid. p. 522. 1.)
4. pATRONO C0LLE6. OMNIUM (à Brescid) (Gruter. p. 480, 5); collegium civiTAn$(à Bénévenl) (Orelli, n^ 4128); omnium corp. lugd. licite coeun- TiDM (Gruter, p. 399, 4); et divers autres exemples. (Murat. p. 520, 4 ; 521. l,elc.)
5. De deux à dix patrons pour les bateliers d*0stie, en diverses inscriptions (Orelli, n» 4104; Reines., X, n* 1, p. 589-595; Gruter, p. 126-127, et Orelli, n* 4054) ; toute une liste de quinze pour un collège de forgerons, prés de Sarzane, dans l'inscription déjà citée de Muratori (p. 522, 1), etc.
venu se placer au-dessus des magistratures empruntées aux traditions de la république. Dans cet aflaiblissement de tous les droits, dans cet abus des charges et des privilèges, le patronage apparaît comme cet antique asile, où des hommes sans nom venaient cherciier un refuge autour des compagnons de Romulus. Les villages, les colonies, les municipes s'y pressent à l'envi*. On prendra le patron, si on le peut, parmi les grands de l'empire; on le prendra aussi parmi les enfants*, parmi les femmes'. (Test trop peu d*un : on inscrira, en tôte des dignitaires de Tordre, toute une liste de patrons ; la ville de Canouse en compte près de quarante ^ Et il n'y a pas seulement des patrons
1. Conventus Clunienm (Morcelli, De M. in$cr. lai, t. I, p. 290); Rimini (Grutcr, p. 1094, 2); Bénévent (Mural, p. S016, 4, et Orelli, n* 3765) ;' Asculum (ihid, 3765); Gapoue (ihid. 3766); Intéramiie {ibid. 3770); Misène (ihid. 3772) ; Préneste (Spon, Miic. ani, p. 194); Crolone (ibid. p. 162); Slrongili (ibid. p. 196); LilyWe (ibid. p. 184; cf. p. 164, 187, 192) ; plusieurs lieux d*Afrique (Morcelli, I, p. 300 et SOT, pour l'an 10 et Tan 27 de J. G. et Orelli, n* 3771); Béryte en Phénicie (sous Glaude) (Bœckh, part. XXVI, sect, iv. n» 4529), etc.
2. PUERO EGRBGIO AB ORIGINE PATRONO ORDIKIS ET POPILI (à PoUZZOleS, CH
toi). (Orelli, n'*3771.) Une autre inscription est consacrée à un patron d'Asculum, mort à 19 ans. (Ibid. 37t8.)
3. pATROKAE MUKicip. ET coLLEGn FABRUM (Murat. p. 517, 3). Gf. Ofelli, 3773 (à Intéramne). Une inscription a conservé le décret des décurions d'une ville du pays des Yestins, qui défère ce titre à une femme (242 de J. G.): ...placrre universis conscriptis nummuk variae c(lariuimœ) T(eminœ) SACEROon veneris | felicis pho splrndorb DiGNrrATis suas patro-
CINIUM PRAEFECTURAB NOS | TRAB OPPBRRI PETIQDB AB BJU8 CLARITATB ET BU- VIA BBNIGNITATB DT BUNG | ROlfORBM SIBI A MOBIS OBLATClf UBBNTl BT PB050 AFIIMO SDv<CIPERB | BT SIKGUL06 UKIVERSOSQUE NOS RKMgUB PDBUCAM IfOSTRAH IN CLI I ENTELAM DOIfUS SUAB RBCIPBRE DIGNETUR ET IN QUIBUSCOMQUB | RATIO EXEGBRIT INTERCEDENT! AUCTORnATE DIGNITATIS 8CAE TUTOS DE | PBNSOSQUE
pRAESTET, etc. (Grutcr, p. 443, 7.)
1 . Trente et un de I*ordre des clarissimes et huit de Tordre des chevaliers. Le total des membres de la curie devait s'élever, d'après les nombres divers donnés par l'inscription (223 de J. G.), à environ cent soixante-quatre. Voyez Orelli, n* 3721.
de villes : il y a des patrons de provinces, des patrons de peuples * ; — il y a des patrons de patrons '.
Ce rapprochement des familles ouvrières, celte organisation commune, cette protection cherchée sous la tutelle des grands de la ville ou de l'Etat, semblaient promettre quelque garantie à leur liberté, quelque valeur à leurs privilèges. Des artisans, des marchands, du moins, arrivaient eux-mêmes aux dignités de leurs villes', et la loi y joignait des distinctions propres à relever encore leur condition à leurs yeux. La pratique des métiers^, comme la direction des travaux d'intérêt général ou la gestion des affaires publiques, pouvait conduire au rang de comte ^ ; le prince en assurait aux artisans les avan-
1. PATROXDS MOTlRBMSiail AQU1LEIEN. BRIXIANORDH ET INIVgRSARUM URBIUM
AFULUK GAUBRiAEQDE. (Aog. Mai, Coll, Vatic. (in-4*), t. V, p. 286, 1.) —
nCTROmO PROBO VERETI ATQUE HI^TRI PBCULIARES EJUS PATRONO PRABSTAIf-
TI88IM0. (Ibid. p. 388, 1.) — XV popolorum cmbriab patrqno mdnicipi. (Suivent les quinze noms.) (Spon, Mise, ant. p. 185.)
2. D. M. T. FARIOXTIO T. P. SABIKO PATRI PIEIfTISS. PATR050 PATRONORUM.
(Gniter, p. 409, 4, et Orelli, n* 3769.) Dans l'inscription suivante d*Orelli, des patrons du municipe s*adressent, avec le reste du peuple, à la fille d*un patron commun.
3. UviR QoiifQOBNN. FL . PTTDBAS MARMORARios, à Naples, SOUS le régne de Commode. (Murât, p. 954, 1 ; cf. 960, 3.) Nous ne parlons pas de ceux qu*on trouve parmi les maîtres de quartier, les augustales, etc. (Ibid. p. 953, 5; 959, 3, etc.)
4. « Hi quos aut vulgaris artis cujusiibet obsequium, aut operis pu- • blici cura temporalis injuncta, aut rerum publicarum procuratio levis 4 commissa adeo commendarit, ut comitivae primi ordinis dignitate 4f donentur. » (L. un, (413), G. Th., VI, xx, De comit. ord, primi artium dhertarum.) U y en a des exemples : « Vir clarissimus cornes et me- 4( chanicus. » (Symm. Ep, V, 76 ; X, 38 et 39.)
tages, à moins qu'ils Q*ea craignissent les honneui^ et ne préférassent à toutes les obligations qu'ils entraînaient les profits de leur simple mtVice^Mais les profits qui devaient surtout inviter les classes populaires au travail étaient, par différentes causes, rendus bien faibles, bien douteux. L'esclavage n'avait point entièrement cédé la place au travail libre, et ces fabriques impériales, où les hommes libres eux-mêmes se trouvaient comme enrôlés et retenus héréditairement, lui faisaient, à défaut même de l'esclavage, une concurrence redoutable qui fermait à ses produits les plus larges issues '. Ajoutez les charges dont le travail libre se trouva grevé, comme par compensation des profits que le fisc eût tirés du travail exclusif des manufactures publiques : charges introduites par Caligula, et surtout par Vespasien dans le système des impôts de Rome *, étendues par Alexandre Sévère à diverses sortes de métiers^, et généralisées par Constantin. Ce fut le chrysargyre, impôt maudit, où le peuple crut voir s'engloutir tout ce qui restait d'or et d'argent dans l'empire.
1. « Nisi forte emolumentis contenti, qus tempore milUiœ percepe- « runt, spreto nomine, (hanc) dignitatem consularis viri duxertnt re- « spuendam, ne conlationis onus sustineant, vel frequenlare senatum c aiiosque hujusmodi conventus, qui honoratorum frequentiam flagi- « tant, compellantur. i (Suite de la loi citée dans la note précédente . )
2. Voy. Gulher. De officiiê dom, Aug. III, 20, 21, et M. Naudet, Admin. de Vempire rotnain. Un aiïranchi est dit praepositi's opiFicims boMus AiGusTANAE. (Fabrelti, 2V, 260, p. 297.)
5. On connaît les contributions que Caligula exigea des portefaix (le I de leur gain journalier) et même des courtisanes, et Timpôt plus honnête de Vespasien. (Suét. Calig. 40, et Vespaê. 23)
4. c Braccariorum, iinteonum, vilrearionim, pellionum, plaustra- « riorum, argentariorum , aurillcum et caeterarum artiuro vectigal « pulcherrimum instituit. » (Lampr. Alex. Sever. 24.) Il en exempta Rome en une circonstance. (Ibid. 52.)
Appliqué aux personnes qui vivaient d'industrie, il s'étendit à presque toute la population des villes, renouvelant, sous une autre forme, la capitation dont elles avaient été exemptées ^ Il s'appliquait aux curiales en masse, comme devant tirer parti de leurs biens par le commerce'; il s'appliquait à tous ceux qui n'avaient pas de patrimoine : quiconque n'avait pas de patrimoine vivait nécessairement d'industrie selon la logique du prince; Ëvagre dit qu'il n'épargna pas même les mendiants (66). Quand le travail servile faisait défaut, quand le travail libre trouvait tant d'obstacles et si peu de sécurité aux abords de l'industrie, on comprend que la décadence ne se soit point arrêtée devant les immunités des princes. Ces immunités ne rejetaient les charges civiles sur les classes supérieures que pour réserver les familles ouvrières à des obligations non moins lourdes à porter. Aussi la production allait déclinant, et le prix des objets d'usage ou de consommation s'élevait dans une progressoin bien plus rapide encore, comme il arrive dans les temps de disette; et la preuve que le mal ne date point de Constantin nous est donnée par la mesure prise par Dioclétien déjà pour y remédier. Je veux parler de cette loi de maximum qui est restée, dans l'inscription fameuse de Stratonicée, comme le cri de détresse du vieil empire païen et comme l'aveu de son impuissance*. Pour arrêter
1. L. un, (315), C. J., XI, xlviii, De capiUil, civium censibux exi" menda.
2. Gel abus est attesté par Julien, qui exempta de l'impôt les curiales, a à moins qu'ils ne s*occupassent de commerce, Nui forUdecnf rionem aliquid mercari comlilerU. » «(L. 4 (563), G. Th., XIH, i, De imtr. conlatione.) Voyez le commentaire de Godefroi dans le ParatiUon et sur la loi 1 de ce titre.
5. Cette loi, connue par deux inscriptions, celle de Stratonicée, la principale, et celle d*Aix, apportée dÉgypte, a pu être complélée, au
240 LIVRE III. GHAPITRjL ¥1.
ce rcnchérisscmenl universel qui portait le prix de chaque chose à quatre et jusqu'à huit fois sa valeur, le prince en fixe la limite la plus haute par un tarif où il compread toute chose vénale, journée de travail ou objet de commerce ; tarif unique, applicable à toutes les provinces de Tempire, sous peine de mort : Nul, dit-il, n'aura le droit de trouver le châtiment trop sévère, puisqu'on est libre d'y échapper, en ne violant pas la loi ^. Mais une telle loi, inutile en tanl qu'elle règle les salaires, est impuissante en tant qu'elle veut limiter le prix des denrées. Elle est inutile quant aux salaires : car, dans cette détresse générale, ce n'est pas l'ouvrier qui peut se montrer exigeant; elle est impuissante quant aux prix des denrées : car, si les prix s'élèvent par l'abaissement de la production, il n'y a pas de loi qui puisse les ramener à Tancien niveau, d'une manière durable.
Ce double résultat nous est constaté par l'histoire. L'histoire ne nous dit pas que l'édit ait soulevé les ouvriers ; elle nous rapporte les effets qu'il eut dans la classe marchande. Plusieurs, qui ne se résignèrent pas à se ruiner pour obéir à la loi, tombèrent sous le coup de ses défenses et y perdirent la vie. Les autres n'eurent garde de hasarder davantage leur fortune ou leurs jours. On cessait de vendre, on cessait encore bien plus de produire, et celte
moyen de fragments, tant du texte latin que de la version grecque trouvée en divers lieux de l*Asie Mineure et de la Grèce, par M. Ph. Le Bas, par rarchitecte allemand Schoubert et par M. Fr. Lenurmant. Notre savant confrère, M. \V. H. Waddington, qui a accepté le premier la tâche de continuer la publication du grand voyage de M. Ph. Le Bas, Ta donnée à part avec un commentaire. (Édit de Dioclétien^ élabUssanl le maximum dans Vempire romain, Paris, 1864, in-folio.)
1 . « Nec quisquam duritiem statui putet ; quum in promptu adsit « [terfugium declinandi periculi, modesli» observantia. » (L. 4U-50, ap, Ang. Mai, Coll. Valic. in4% t. V, p. 301.)
rareté de la marchandise en élevait encore la valeur. La loi devait donc être vaincue, et Lactance reconnaît qu'elle tomba en désuétude"^. Le tableau que le prince retrace, dans le préambule, de l'état de choses antérieur à la promulgation de l'édit est donc l'image fidèle des temps qui la suivirent; et son tarif, loi de maximum^ dans son intention, reste comme une table de minimum dans Thistoire. Il nous marque à quel taux le prix des objets ne descendait pas. Or ces prix, qui avaient été si énormément exagérés par les premiers commentateurs de l'inscription, sont encore, même réduits à leur véritable valeur» au niveau des prix que les mêmes choses peuvent avoir dans la généralité de la France. Il fallait, avec cette industrie étouffée dans son germe, avec si peu de ressources, que les classes ouvrières de Tempire supportassent les charges qui pèsent sur les nôtres aujourd'hui (67) !
Le peuple réclamait donc d'autres mesures de soulagement. C'était l'objet des distributions publiques, et, par une sorte de contraste, loin de s'interrompre, elles s'étaient accrues dans la période qui vit s'établir et s'étendit l'impôt sur l'industrie. Aux anciennes distributions de blé, Sévère avait ajouté des distributions d*huile qui furent suspendues par Héliogabale, rétablies par Alexandre '. Au triomphe d'Aurélien, on avait donné au
1. • Idem quum variis iniquitatibus immensam faceret caritatem, « legem pretiis renim venalium statuere conatus est. Tune ob exigua « et vilia multus sauguis eiïusus, nec vénale quicquam metu appare- « bat, et caritas mullo deterius exarsit; donec lex nécessita te ipsa, « post multorum exitium,soheretur. • (Lact. De mort, pertecuiorum^ VII, 9.)
S. Spart. Sept. Sever» 23; Lampr. Alex. Se». 23. Spartien dît que Septime Sévère laissa de quoi fournir aux distributions d'huile peu»
lU-ld
t242 LIVRB III. CHAPITRE TI.
peuple des couronnes de pain pesant deux livres : il voulut que ce bienfait se continuât, et cette distribution journalière se substitua à la distribution mensuelle de biè ^ ; il y joignit une distribution de lard'; il voulait même y joindre des distributions de vin, et déjà on avait songé aux moyens : le plan était arrêté, les dépenses prévues. Il recula devant un mot du préfet du prétoire : « Si nous donnons du vin au peuple, il ne reste plus qu^à lui servir des poulets et des oies'. » Sans aller jusque-là, Aurëlien prétendit au moins que du vin lui fût vendu au-dessous du cours ; et ces ventes à bas prix firent place aussi à des distributions gratuites dès le règne de Constantin^.
Yoilà bien, sans doute, des compensations aux misères des classes inférieures, et ces institutions semblent entrer de plus en plus dans Téconomie du régime impérial. Malgré plus d'une interruption, plus d'un changement dans leur forme, elles traversent toutes les crises de lempire, et toujours on en revint à Tun ou h l'autre de ces deux modes : distribution gratuite ou vente à bas prix d'une plus grande quantité '. Après trois ou quatre siècles d'épreuve, avec les perfectionnements que l'expérience
dant cinq ans, et de blé pendant sept ans, à raison de 75000 modii par jour. A-t-il laissé du blé ou de Targent pour Tacheter ? La seconde supposition serait seule admissible. Nous renvoyons pour tout ce qui concerne les distributions et les secours publics, au mémoire spécial de M. Maudet, déjà cité.
1. Topisc. AureL 55. Le poids du pain fut même augmenté d*ane once.