Ile de Phils, ibid. (pl
6. Ces symboles sont fréquents dans les bas-reliefs et dans les peintures de rËgypte. (Voyez les monuments et Diod. I, 48.)
Rien, cl*ailleurs, ne montre, dans l'histoire, que les Pharaons aient jamais accompli ces détestables sacrifices. Ce droit de vie et de mort se traduisait en un droit d'asservissement ; les captifs devenaient, en général, esclaves de rÉtat^ On les vouait à ces grands travaux réclamés par les besoins de l'Egypte ou consacrés à sa magnificence. Ces canaux qui contribuaient à assainir certaines parties du sol et à porter à d'autres, avec les eaux du Nil, les principes de la fécondité, ces travaux d'endiguement ou de terrassement, destinés également à protéger contre les inondations, soit en écartant des édifices le fleuve débordé, soit en élevant les Tilles au-dessus du niveau des eaux ; ces temples, ces colonnes, ces obélisques, étaient l'œuvre des captifs* ; et les Pharaons croyaient ajouter à leur gloire quand, après avoir accompli ces merveilles, ils pouvaient inscrire sur la pierre : Ici le bras d^ aucun Egyptien n'a fatigué^. Telle fut, au témoignage d'Hérodote et de Diodore, la politique de Sésostris au retour de ses guerres asiatiques. A ce titre déjà ses conquêtes devaient être populaires, elles rejetaient sur les étrangers ce qui, à leur défaut, pesait sur les indigènes; et l'on devait bénir sa mémoire, comme on maudissait, au rapport d'Hérodote, les fondateurs des pyramides, qui avaient demandé à TÉgypte tant de milliers de bras \
Les étrangers ne se soumirent point toujours de bonne grâce aux rigueurs de cette servitude. Les Israélites, qui, après avoir été accueillis comme des hôtes, s'étaient vus traités en vaincus et condamnés à bâtir des villes, sortirent
i. Telle devait êlre aussi la condition des esclaves donnés en tribut. Dans un bas-relief de Kourna (pi. 158) on voit l'hommage d'un chef éthiopien. Des femmes portant leurs enfants le suivent, et font sans doute partie du présent offert au Pharaon.