Arist., PoL, II, ii
3. Ka/oyoi ^6 cl Kprire; toÙ; p.iv xarà iro'Xiv oixera^ yi^^'jatùrriTOM;, (Cal-
listr., ibid.) Peut-être ce sont eux qui accompagnaient leurs maîtres à la guerre, sous le nom de ôifiâ^ovTe;. (Eustli., ad Dionys, Perieg.^ 535, cité par Hœckh, CVeto.) Cependant c'est à propos des clarotes qu'Ephore mentionne ces salurnates de Cydonie, pendant lesquelles la ville était abandonnée par les citoyens et entièrement livrée aux esclaves, qui restaient maîtres de tout, et avaient même le droit de fouetter les hommes libres, s*il leur en tombait quelqu'un sous la main {ap, Allién., VI, p. 263.) Le fait parait tellement exagéré, que je n'ai pas cru devoir en faire usage dans le texte.
4. Arist., PoL, II, n, 12, et II, vu, 1. Le nom de Hinos, dont parle Fauteur, semble s'étendre aux coutumes des indigènes comme aux institutions des Doriens.
qu'ils cultivaient moyennant un tribut*, et, comme les pcrièques de Sparte, ils exploitaient, sans doute avec non moins d'avantages, Tindiistrie et le commerce. Leurs villes, maintenues d'abord au rang de sujettes par l'intérêt bien entendu des villes doriennes', affranchies à la longue par leur rivalité, devinrent les égales des autres, et leur seraient môme devenues supérieures, si la race dorienne, qui avait oublié ses institutions, oubliant aussi ses préjugés, ne les eût imitées dans la pratique des arts utiles. On trouve des traités de commerce et d'agriculture entre les villes liées jadis par des rapports de dépendance et de domination^; mais elles ne surent pas se maintenir dans celte voie *, et l'île entière, sans distinction de race, tomba dans une anarchie qui l'ouvrit aux pirates, en attendant les Romains*.
Ces formes d'asservissement furent-elles communiquées par la Crète à Sparte, ou importées de Sparte dans la Crète? On a soutenu dans Tantiquité Tune et Taulre opinion *. Mais ce qui fait croire qu'il n'y eut d'emprunt d'aucun côté, c'est que nous les retrouvons, comme à Sparte et en Crète, partout où les Dorions se sont librement établis, dans le Péloponnèse ou au dehors.
1. Arist.,po/. Il, VII, 4, cité plus haut. — 2. Ibid.y vi, 5. Cf. vu, 8. 5. Chi>hull, p. i29, cité par llœckh, ibid.
4. Polybe dit qu'aucun gain ne leur semblait honteux : . . . mots
^o;. (Polybe, VI, xlvi, 5.)
5. Ibid., IV, 'liii-liv. Aristote déclarait déjà que la Crète ne devait son salut qu'à sa position insulaire : « L'éloignement a tenu lieu des lois qui ailleurs proscrivent les étrangers. C'est aussi ce qui maintient les serfs dans le devoir, tandis que les hilotes se soulèvent si fréquemment. » (Polit. j II, VII, 8.)
6. Voy. Ephore ap. Strab. X,p. 481. Aristote (Po/., Il, vn, 1) incline vers la première,
En Messénie, ils n'avaient pu prévaloir. Retranchés d'abord dans une seule ville, ils avaient fini par se fondre avec la population indigène ^ Ils n'avaient pas su cornmander, ils furent mis au joug, à ce joug qui faisait dire en proverbe : « Plus esclave que la Messénie, » AouXircpdç Mcc(TT;vr|ç'. A Argos, au contraire, les Dorions dominèrent, et leur domination, quoique affaiblie et partagée, offre encore l'image de celle de Sparte. Au-dessous de la classe des citoyens, dans laquelle une partie des indigènes était associée aux trois tribus doriennes et formait à côté d'elles une quatrième tribu', nous rencontrons des périèques et des hilotes : des périèques dans les oméates^ condition où se trouvaient confondus avec les Cynuriens et quelques autres peuplades d*alentour les habitants d*Ornée, devenus aussi tributaires, et dont le nom fut appliqué à tous ' ; des hilotes dans les gymnètes, ainsi appelés parce qu'indépendamment de leurs travaux agricoles ils faisaient, comme les périèques, les troupes légères dans les armées \ Mais la race dorienne ne sut pas maintenir intégralement dans Argos cette organisation née de là conquête. Les hilotes révoltés devinrent un jour maîtres de la ville à la faveur de cette guerre funeste contre Sparte, où périrent six mille
1. On voit, dans Pausanias (IV, m, 6), avec quel empressement Cresphonte fut accueilli des indigènes, et combien, en dépit de raristocratie (dorienne sans doute), sa famille sut se faire adopter par eux, en adoptant leurs usages et en prodiguant les honneurs aux divinités du pays. Cf. Éphore, ap. Strab., VIH, p. 7)61.
2. Cod, Bodlei., 554, cité par Otfr. Mùller. — 4. Voy. Olfr. Mùller, Ht, IX, i.
îo'vTi; ôpviiirai xoù TripîoDcoi. (Ilérod , VIII, 75.) Ijbs Oméates fureul asservis à Argos, vers l'olympiade 50 (580 ans avant J. C), selon Otfr. Mtiller.
A. McTA^b ^t iXiuOspcdv xal ^oûXcdv ci Aaxc^ai{ji.ovicav EcXcort; x«t
Àp-yiito^ Fup.^'îiTi;. (Poil., Onom,, III, 85.)
POPULATIONS ASSEllVIES. — SEhVAGE EN GRÉcE. 131
citoyens ; et, chassés enfin à la seconde génération, ils s'emparèrent de Tirynthe, d'où ils tinrent longtemps en échec la fortune d'Argos délivrée*. Les périèques, après une telle secousse, auraient pu lui être non moins dangereux, si le peuple n'eût pris à leur égard un parti décisif. Les villes qu'ils conservaient, Lysies, Ornée, Midée, furen! détruites', et les habitants, transférés à Argos, se virent admis, dans les rangs décimés des Doriens, au partage des droits de la cité' : résolution qui dénatura les institutions doriennes, mais ouvrit à la république une ère nouvelle de prospérité et de force*.
Corinthe, qui se trouvait tout à la fois la tête du Péloponnèse par sa position militaire, et, comme ville de commerce, le centre du monde grec, fut, malgré toute influence de race, plus commerçante que guerrière ; et, sous Tempire de ces habitudes, les institutions doriennes durent s'altérer bien plus rapidement encore. Néanmoins, avec les nombreux esclaves que ce régime y rendait nécessaires, elle avait aussi ses périèques et ses hilotes : on peut voir des hilotes dans les cynophyles^ esclaves des champs*; et des périèques, peut-être, dans ces cinq régions (xwixai) entre lesquelles se partageait le territoire, Uerœum, Pirée, Cynosurie, Tripodisque et Mégare : car Mégare, tout en
l.Hérod., VI, 83. Cf. VII, 148.
2. Paus., VIII, XXVII, 1. Tirynthe et Mycènes, qui furent comprises dans la même mesure, avaient été jusque-là indépendantes. (Voyei Otfr. Mûller, 1, vin, 7.)