Pollux, ibid, Etienne de fiyzance, v. Xtc
6. Le pays de^ Cylicranes, selon Scythinus de Ghio, avait été ravagé par Hercule, le héros dorien, qui y fonda lui-même Héraclée (de Trachinie). « Les habitants du pays d'Uéraclée prés de l'Œta et de Trachis, dit au contraire Polémon, sont partie Cylicranes venus de Lydie avec
l'aristocratie, maîtresse du temple et de l'oracle, la plaine voisine de Cyrrha*.
Les mêmes coutumes se retrouvaient plus ou moins entières dans les colonies. Les colonies, en effet, ne peuvent pas présenter toutes les mêmes rapports. Si plusieurs, celles de Crète, par exemple, grandes et fortes émigrations d'une race qui se plut toujours au mouvement, s'imposèrent aux rivages où elles descendirent, d'autres, nées du. commerce ou de quelque nécessité intérieure, furent heureuses de s*y faire accepter comme des hôtes. Cependant plusieurs présentent des distinctions analogues. Héraclée du Pont, colonie de Mégare, s'était rallié les peuples indigènes. Les Mariandyniens lui avaient fait leur soumission, comme les pénestes aux Thessaliens, à la condition expresse de n'être pas vendus au dehors : d'où les anciens ont conclu, témérairement peut-être, qu'ils pouvaient l'être à l'intérieur'. Us semblent même plutôt tributaires que fermiers pour le territoire qui leur est laissé, et leur tribut était considéré non comme une redevance à des maîtres, mais
Hercule, partie Athamanes. Les Héracléotes ne les admirent point au droit de cité, les traitant comme de race étrangère. On les appelle Cylicranes, parce qu'ils portent l'empreinte d*une coupe (xoXiÇ) sur répaule. » (Polém. flp. Athén., XI, p. >l62,a.)L'étymologie peut paraître hasardée. Je ne garantirais pas davantage celle de Nicandre de TJiyatire, qui rapporte leur nom à Gylix, un des compagnons d'Hercule (ibid.). Une colonie nouvelle fut fondée par les Spartiates à fléradée pendant la guerre du Péloponnèse. Le despotisme qu'ils y exercèrent la firent déchoir rapidement.
1. Esch. c. CtésiphoUf § 107, p. 68, 58. Harpocrat., Lextc, s. v.
2. Kai TOUTtt TÛ Tpoicfo Mapiocv^vol fi.tv ÈpooeXtcâTAi; ÛTrcTà'^r.aav, ^là TÉXou; v«roaxo|"vci 6v)Ttuativ irap<x^^^ aùroî; rà ^covta • irpca^ioiaTciXauitvoty uTi^ivô; auTÛv (aiabeu. irpaotv IÇu rii; âpoxXittTÛv x^9^t ^^* ^^ aOr^ aov«v Tf, î^i* x*»P*- (Posidon. ap, Athén., VI, p. 263.) Strabon (XH, p. 542), en rappelant ces conditions, les compare aux ronoites des Cretois et aux pénestes des Thessaliens.
134 IIVRE I. CHAPITRE III.
comme une offrande à leurs gouvernants («vaxTeç) : d'où le nom de Dorophores (ScDpo^époi) K Byzance, autre colonie de Mégare, tenait dans la mémo dépendance les Bithyniens d'Europe, et, comme les Mariandyniens d'Héraclée, ils étaient comparés aux hilotes'. À Épidamne, colonie de Corcyre, les métiers étaient imposés à des esclaves publics'. A Syracuse, sous les diverses alluvions d'émigrants qui vinrent de la même métropole constituer le fond de la population dominante, on retrouvait des indigènes asservis dans les Cillicyriens ou Callicyriens^. ApoUonie, sur le golfe ionique, et Théra« sont citées par Aristote comme des villes où les hommes libres commandent à une multitude d'esclaves'^; et Cyrène, colonie de Théra, nous montre comme Syracuse, avec les restes de plusieurs colonisations successives, une race vaincue, plus spécialement attachée aux familles des premiers fondateurs, des premiers et principaux maîtres : les périèques, nom vague donné aux cultivateurs dépendants de la race dorienne, qui finirent par être rangés, avec lesThéréens, dans une des trois tribus constituées par Déinonax\
1. Euphorion et Gallistrate ap. Âthén., ibid. Le nom d'aval était celui dont un homme libre appelait son chef; celui de ^wmôvnç, donné par l'esclave à son maître, était réservé par Thomme libre pour les dieux. Un guerrier dit à Uippolyte : Âv*Ç, Oicù; «yàp ^KnroTa; xaXiIv xp*'»^* (Eur., HippoL, 87.)
(Phylarque ap. Athén., VI, p. 271.)