Térence, Adelph. V, m
2. Piaule, Trin. H, 1, 222, et la note de M. Naudet; cf. sur les suivantes des femmes, Athénée, VI, p. 267, c,
3. Philoxène et Archesirate, ap. Athén. VH, p. 310, a, IX, p. 409, e, et XV, p. 685, d,
A. Térence, Sun. I, u, 165; Athén. XII, p. 515.
En dehors du service domestique, Tusage avait répandu les esclaves dans tous les travaux de l'agriculture, de Tin* dustrie et du commerce.
Dans les États aristocratiques, nous l'avons vu, tous les travaux sans distinction étaient abandonnés à des races asservies, parce que (ont s'y rapportait à la guerre, et que les exercices militaires demandaient du loisir. Dans les républiques commerçantes, les travaux de la campagne devaient èlre à peu près dans les mêmes conditions, parce que tout s'y tournait naturellement au commerce et à Tindustrie. 11 en fut ainsi à Corinlhe; cette ville, si infidèle d'ailleurs au génie dorien, partageait à cet égard les sentiments de Sparte. Athènes, au contraire, retint fort longtemps son caractère agricole. Jusque sous l'administration de Périclès, quand la ville élevée par la politique, enrichie par le commerce, ornée par les arts, attirait dans son sein la Grèce entière, rAthénien aimait la vie de la campagne, et Thucydide nous a retracé avec la sombre énergie de son pinceau la douleur des familles s'arrachant à leurs foyers, aux approche desPéloponnésiens, et croyant abandonner déjà la pairie quand elles quittaient leurs vieux bourgs. Elles n'y revinrent plus comme autrefois. Une révolution réelle s'était accomplie dans la vie du peuple d'Athènes, et, si beaucoup de citoyens retinrent encore la possession du sol, ils employèrent plus généralement des esclaves à la culture*. Xénophon, au livre des Économiques^ nous montre Ischomaque et sa femme dirigeant une exploitation agricole, mais, sous leur surveillance, le régisseur et les hommes de peine, la femme de charge et les femmes de service, se partageant les travaux*.
i. Xénoph. Écon, iv et suiv. Arist. Écon. I, 2, cités par Bœckb, I, 8. 2. Xénoph. Écon,, passim.
L'esclave, qui avait presque exclu l'homme libre des travaux des champs, lui faisait une plus redoutable concurrencedans ces soinsdel'industrie et du commerce qu'Athènes semblait avoir voulu spécialement se réserver.
Les développcmenis qu'ils avaienl pris et la considération même dont ils jouissaient dans Athènes amenèrent ce changement. Le citoyen qui s'était enrichi par le travail ne renonça point entièrement aux moyens qui l'avaient acheminé vers la richesse ; mais, pour étendre et dominer encore le champ de ses opérations, il y prit une position plus élevée. Il ne travailla plus, il fit travailler ; il ne vendit plus, il fit vendre, et fut imité par le noble, qui, n'ayant plus de privilège hors de la forlune, ne crut pas déroger en adoptant la plus sûre manière de maintenir, avec ses richesses, son rang politique. Fabricants ou commerçants, ils trouvèrent plus lucratif d'avoir aussi à eux l'instrument de leurs fabriques ou Tagentde leur négoce; et ainsi la population servile, en s'accroissant, prit encore sur la place qui avait été laissée à la population libre. On acheta l'ouvrier. Nul placement dargent ne fut plus en usage dans toutes les classes de citoyens. C'était une spéculation pour les plus riches, c'élait pour les autres une ressource. Ils y cherchaient, selon Denys d'Halicarnasse, des moyens d'existence \ et Socrate attestait que beaucoup y avaient trouvé le bien-être et une fortune capable de supporter les charges
i. Dénys d'Halicarnasse, Uocrate, 1 (t. Y, p. 534, 1. 10, éd. Reiske). Il y parle du père d*Isocrate, dont les esclaves faisaient des flûtes ; d'autres les employaient à la banque, comme faisait Pasion (Isocrate, Trapézilique, 7, éd. Goray), ou à vendre sur le marché, comme l'avare de Théophraste, qui confiait à son serviteur un petit commerce et lui faisait payer le change, quand il acquittait sa redevance en monnaie de cuivre au lieu d*argent. (Théoplir. Car, xxx ; cf. Xénoph. Rép. Ath. h 17.)
180 LIVRE I. CHAPITRE YI.
publiques ^ Par là on se multipliait en quelque sorte, on triplait ses bénéfices ; les médecins eux-mêmes avaient des esclaves qui allaient, en leur nom, pratiquer la médecine sur les citoyens les moins fortunés *, comme Gil Blas chei le docteur Sangrado. Par là encore on pouvait, en toute profession, exploiter n'importe quelle industrie étrangère; car on achetait, avec Tatelier, le chef d'atelier directeur de toute l'entreprise. Ainsi Socrate, voyant la courtisane Théo* dote étaler autour d'elle, et dans son cortège de suivantes, (out l'appareil de la richesse, lui demande si elle a soit un domaine, soit une maison de rapport, soit des esclaves habiles dans le travail des mains (xeiporéxvat)'. La question, dans Yespèce, était peut-être naïve; mais, dans la classe même à laquelle le philosophe appartenait, ces formes d'exploitation étaient communes. Autrefois on avait vu des hommes sélever de vils métiers à la science de la sagesse : Protagoras était portefaix quand Démocrite devina en lui le philosophe, à sa manière de ranger le bois\ Maintenant on voyait les philosophes s'occuper d'industrie. Eschine le socratique avait acquis une fabrique de parfums"^. Voulait-il mettre en pratique ces leçons d'économie que son maître,