Kpicure, ap. Athén. VllI, p. 554, c
5. Phérécrate y fait allusion dans Athénée, XIII, p. 612, a. Si Ton en croyait Lysias, il Taurait acquise aux dépens d'un malheureux, en feignant une vive passion pour une veuve septuagénaire. Lysias, comme on le verra, avait de bonnes raisons pour lui en vouloir.
dans Xénophon, donnait jadis à Arislarque?Du moins n'y fit-il pas honneur, et son exemple prouverait mal en faveur de ce genre de spéculation. Pour mettre en activité sa fabrique, il avait emprunté à 3 drachmes par mine, c'est-àdire à 5 pour 100 par mois ou 36 pour 100 par an. Â de pareilles condilions, on le comprend sans peine, il se ruinait. Aussi demanda-1-il à Lysias de l'argent à raison de 9 oboles par mine : 1 1/2 pour 100 par mois ou 18 pour 100 par an*. L'orateur ne dit pas si, à ce taux, le philosophe fit mieux ses affaires, mais il dit qu'il n'en put rien tirer lui-même, ni intérêt, ni capital*.
Ces ateliers, tout organisés, ne demandant pas autre chose qu'une mise de fonds, pouvaient se trouver nombreux et divers dans le patrimoine d'un même citoyen. La succession de Conon réunissait desesclaves passementiers (aaxxu^itvat) et des esclaves droguistes (çapp^axoiptSai) '. Le père de Démosthène lui avait laissé deux fabriques tout appareillées : l'une d'armes, l'autre de lits* ; le père de Timarque, neuf ou dix corroyeurs, une teinturière en pourpre qui portait à la place publique les ouvrages précieux sortis de ses mains, un habile brodeur, etc. Il avait, en outre, possédé deux forges à Aulon et à Thrasylle, dans la région des mines de Laurium \
1 . « Je lui prêtais, dit Lysias, dans la pensée qu*Eschine, étant disciple de Socrate et ayant coutume de faire de longues et magnifiques dissertations sur la vertu et la justice, ne se permettrait jamais de tenir la conduite des moins scrupuleux et des plus scélérats. » (Lysias, Fragm. du discours contre Eschine, p. 4; trad. de Tabbé Auger.)
2. Il n était pas le seul : témoin « cette foule de créanciers qui, de grand matin, venaient assaillir sa demeure en tel nombre, que les passants croyaient qu'il était mort et qu'on venait assister à ses funérailles. » (Lysias, ibid,)
3. Démosth. c. Olymp,, p. 1170. — 4. Démosth. c. Aphohus, p. 816. — 5. Esch. c. Tim., p. 118 et 121 (éd. Reiske).
188 LIVRE I. CHAPITRE YI.
Deux modes étaient surtout adoptés pour Tcxploitation de ces mines. Ou celui qui les tenait de l'État abandonnait à un intendant les risques et les profils de l'entreprise : il lui livrait les esclaves et lui laissait, moyennant un revenu fixe, les produits de leur travail, avec la charge de les entretenir^ ; ou le possesseur de la mine prenait lui-même en location les esclaves nécessaires aux travaux. Plusieurs, en effet, au lieu d'exploiter ou de faire exploiter par leurs esclaves quelque branche de com« merce ou d'industrie, en avaient qu'ils louaient aux entrepreneurs ou aux particuliers. Ce sont des hommes de celte espèce qu'on trouve souvent appelés du nom de mercenaires, et ils n'étafent pas moins nombreux, sans doute, que les hommes libres, sur cette place d'Athènes où on les allait engager. Ce genre de spéculation se pratiquait sur l'échelle la plus grande. Philonide avait trois cents esclaves, Ilipponicus six cents, et Nicias jusqu'à mille, ainsi loués pour les travaux des mines. On y trouvait des bénéfices moindres peut-ôlre, mais plus assurés. Ce louage, en effet, était comme une sorte de cheptel qui garantissait le maître de toute perte résultant des maladies ou même de la fuite des esclaves, en imposant à l'entrepreneur l'obligation de les représenter en nombre égal à l'expiration du contrat '.
Cet usage ne s'appliquait point seulement aux mines et aux manufactures, mais encore à quelques parties du service intérieur. Il y avait des citoyens qui, pour mettre de Téconomie dans leur vanité, louaient, au lieu de prendre à demeure, les suivantes qui escortaient leurs femmes, ou les valets qui les accompagnaient eux-mêmes à la pro-