Ibid
3. nepaivcpLEvuv "^1 ptr^v wv X^-j^w tout* àv fAovcv xaivàv •yt^GiTO tt â(778p cl i^ibi>Tat xTriagcpLCvci àv^pa^ro^a Trpoao^cv d^vvaov xaTta)Uuaap.<vct ctoîv ,
vaicdv. (Ihid, 17.)
Wi LIVRE I. CHAPITRE Tlii.
soustraire les esclaves publics : ils seront marqués ' ! Nous avons commente le chapitre de Xénophoa en Tanalysant; c*est-à-dirc que nous avons mêlé nos interpré* talions aux paroles de Fauteur ; mais les textes que noas avons cités justifieront, je crois, le commentaire. Pour insister plus particulièrement sur le passage où s'appuie lopiniondont nous croyons devoir nous séparer, il est clair que Xénophon ne parle pas d*èlever la population servilc de TAtlique au nombre de 60,000 hommes capables de travail, mais de constituer, indépendamment de Tcsclavage privé, un corps de 60,000 esclaves pMks qu'on eût loués pour Texploitation des mines au profit de rÉtat. I^ proposition luiç Y^ï^otTo tpfa hd^xi^ XOijvaaiv, jusqu^à ce qu'il y en ail trois pour chaque Athénien^ ne peut s'entendre que du sujet qui précède immédiatement, 8r|[jijata dvSpi'^oSa, esclaves publics^ mots inséparables dans la phrase, inséparables dans la pensée de Tauteur, qui établit précisément une opposition entre les esclaves possédés par les particuliers et ceux dont il conseille à rËtat Tacquisition jusqu'à la concurrence du nombre fixé. Entendues tout à la fois de ces deux sortes d'esclaves (et le texte nous parait s'y refuser absolument), ces expressions devraient, d'ailleurs, nécessairement s'appliquer ou à l'ensemble des esclaves, à leur nombre officiel, qui ne di&tinguait ni le sexe ni Tàge, et il faudrait en conclure que ce nombre ne s'élevait pas à 60,000 au temps de Xénophon ; ou aux esclaves dont il est question particulièrement dans ce chapitre, aux esclaves des mines, et ceLn rentrerait dans le sens que nous avons choisi.
ventiêf iVy 21.)
Mais que faire de 60,000 hommes rien que pour ce travail ? Les mines de Laurium ont-elles jamais occupé tant de bras ? Xénophon a prévenu Tobjéction, et il y répond encore. Quand il y aura beaucoup d*hommes à louer, il y aura beaucoup d'hommes disposés à les louer, et ceux qui ont déjà des ouvriers en demanderont encore à l'État : car tout reste à faire dans les mines ^ Cependant il admet qu'on n'accomplisse point en un jour son projet ; il demande seulement qu'on en pose le principe et qu'on le développe selon les besoins, et avec les ressources que ce développement doit annuellement produire ; et il en suit l'accroissement depuis 1,200 jusqu'à 10,000, rapportant 100 talents. Mais, ajoute-til, le revenu ne s'arrêtera point là • ; et, ce revenu se calculant par tête d esclave, c'est dire qu'il compte bien que leur nombre ne se bornera point là non plus : « Car, tout le prouve aujourd'hui, conlinue-t-il, on n'y entretiendra jamais autant d'esclaves que les travaux l'exigeraient; » et il en atteste encore l'inépuisable fécondité de ces filons, leur étendue sans limite, leur profondeur sans fin '. Seulement, pour continuer le progrès jusqu'au point où l'Attique aura tiré de son propre fonds ces revenus qu'elle trouvait jadis au dehors, « pour qu'elle subvienne à ses propres besoins et cesse d'inquiéler les peuples grecs de ses projets ambitieux \ x> l'industrie particulière est impuissante. Elle n'est
i. Xénoph. Des Revenus, it, 22.
2. Ôrav ^c "Yt {Aupix «vxTrXiQpuf^, ixarov raXavra "h irpoaoSoc forai. Ôti ^à Silncu iroXXxirXaaix tojtwv pi.ap-rupri9aiiv dtv |xoi %X nvi; fr fiai, etc. (Ibid, 23-25.)
3. Xai rà vôv ^è ^poptiva iroivr* piapTopiT 5ti eux àv iroTt irXcîu âv^pgiiro^a fixtî *^i^oiro ^ oawv àv rà fp-ya ^iTirai. Oûti -yàç paôou; «époç o6t« ûwovo'fxwv ot op6rrovTt{ tjptoxouai. (Xén. Des Revenus , vi, 26.)
4. Apia rîj T» irevî» aÙTÛv tmjuxoup-^adat àv xai tû ûtçoictou; toîç EX^DOiv iivai (Ihid. l", i-2.) '
point assez riche pour tenter de nouvelles fouilles et s'aventurer au hasard d'une recherche plus ou moins heu* reuse. Il faut donc que Ton mette en commun les chances de profit et de perle ; et c'est dans cette pensée que Tauleur propose l'association des dix tribus, exploitant ensemble ce fonds public avec des esclaves de l'Élat *. Voilà le dernier mol du système de Xénophon, et voilà aussi la complète explication de cette phrase sur les esclaves publics destinés à ce travail, « jusqu'à ce qu'il y en ait trait pour chaque Athénien, »
Il était nécessaire de reprendre dans son ensemble l'exposé de cette ancienne utopie. En replaçant l'auteur au milieu de ses illusions, on comprend mieux ses nombres, on juge mieux de leur valeur. Évidemment, les 60,000 esclaves que propose Xénophon ne se rapportent qu'à une branche de l'industrie' athénienne, à l'exploitation des mines, et n'ont d'existence que dans sa théorie : on n'en peut donc rien induire quant au nombre total des esclaves athéniens. Seulement, comme, jusque dans ses rêves, il conserve le sens pratique, comme il veut, sans rien retrancher de ses espérances pour l'avenir, renfermer l'exécution de son système dans les limites de la réalité présente*, le nombre de 40,000, où il borne l'application de ses calculs, est peut-être celui des esclaves alors employés par les particuliers dans les mines de Laurium ; et c'est à ce nombre que Letronne est aussi arrivé, par une argumentation nette et décisive, où il oppose aux revenus supposés de Laurium le revenu des exploitations des mines semblables aujourd'hui *.
1. Eial [xtv -yàp ^iriirGU AOnvaiuv ^l'xa çuXaî'eî ^'r, iro'Xi; St,vn ixajrip aÙTûv taa àv<^paé7ro(^ay al ^i xctv<idaâ{xiva.t ttiv tûxt'Jv xaivoTOpioîiv, etC (Ihid, IV, 30-34.) — 2. Deg Revenus, iv, 39. — 3. Mémoire cité, p. 211-214.
On voit donc ce que l'on peut conclure du texte de Xénophon rapproché du passage d'Athénée. Il y a, nous l'avons dit, deux choses dans Athénée : il y a le nombre de 400,000 esclaves donné comme résultat du recensement de Démélrius de Phalère, nombre par conséquent général, comprenant la classe servile tout entière ; et il y a l'assertion que ces myriades d'esclaves travaillaient aux mines, assertion vague dans ses termes mêmes, et qui semble être moins la pensée de l'auteur qu'un artifice du dialogue. Cette opinion, prise à la lettre, est à Tavance démentie par le texte môme dont elle veut être le commentaire, et jamais glose absurde n'a pu rendre douteux un texte clair et précis ; prise dans un sens rapproché de la lettre sans être littéral, elle est démentie par le passage de Xénophon, comme Letronne l'a invinciblement prouvé. Mais le chiffre du recensement reste inattaqué, et il faut chercher ailleurs des raisons qui le repoussent ou le confirment.
Un seul texte peut conduire à le repousser, texte dont on n'a point fait usage dans cette discussion, et qui pourtant doit être un des plus connus ; car il est de Thucydide
Au livre Vlll, 40, en parlant de Chio et du mouvement de ses esclaves, en présence des Athéniens qui l'attaquaient (413), il dit « qu'ils étaient fort nombreux, les plus nombreux qu'il y eût en aucune république^ à Vexception de Sparte^. » Si Athènes avait eu plus d'esclaves que Sparte, comment eût-il cherché ailleurs un terme de comparaison? Or Sparte avait, au temps d'Hérodote, 8,000 hommes capables de porter les armes, de 20 à 60 ans, et très probablement sept hilotes par homme dans ces mêmes limites
i . Oî -^àp ouctrat toî; Xîoi; iroXXol ovrtç xat aià 'yiitoXm tpXirv Aoxt^a'jMviMv «XiîaToi itvojxwoi. (Thuc. VIII, 40.)
232 LIVRE I. CHAPITRE YIIL
d'âge, soit 56,000; et nous avons calculé que ces nombres représentaient une population totale de 31,400 Spartiates et 220,000 hilotcs^ Est-ce à eux seuls que Thucydide ùit allusion, ou faut-il y joindre les esclaves achetés? D y en avait peu à Sparte, mais beaucoup sans doute chez les périèques, que Ton range aussi parmi les Lacédémoniens. Or les périèques étaient, nous Tavons vu, au nombre d'environ 120,000, et leurs 50,000 lots suffisaient facilement à la subsistance de 240,000, habitants. On pourrait donc, è la rigueur, y compter un nombre d'esclaves égal à celui des hommes libres; et ces esclaves, ajoutés aux hilotes, donneraient à la classe servile environ 540,000 âmes : nombre élevé et pourtant inférieur à celui qu'attribuait à l'Attique le recensement de Démétrius, selon Athénée.
Cela suifit pour détruire Tautorité de ce texte. Ce n'est point assez cependant pour établir le maximum de la population servile chez les Athéniens : une limite qui flotterait entre 220 et 540,000 serait véritablement indéterminée. Mais nous avons entre Sparte et Athènes un terme moyen de comparaison. Chio avait moins d'esclaves que Sparte et plus qu'aucune autre ville, plus qu'Athènes. Quelle pouvait donc être la population servile de Chio et à quel chiffre de la population laconienne convient-il de la comparer?
L'ilc de Chio était une des plus florissantes colonies. Tiiucydide appelle ses habitants les plus riches des Grecs ; et il vante Tiiabile esprit de conduite qu'ils avaient su garder dans la fortune •. Us étaient au premier rang parmi les alliés d'Athènes. L'historien les nomme partout, soit seuls, soit avec les Lesbiens, parmi ceux qui fournissaient le plus