Reitemeier, citant le même auteur : V, vu, 72, et xi
qui portait contre eux d'autres défenses, ne leur interdisait pas ces rapports ^ Xénopkon, qui en condamne généralement Tusage et croit que les mauvais esclaves doivent devenir par là pires encore, l'approuve, au coniraîre, envers les serviteurs fidèles, comme un moyen de resserrer les liens de leur attachement' : ce qui suppose une sorte de fixité, sinon légale, au moins conventionnelle, dans les rapports de l'homme et de la femme, des pères et des enfants, e'est-à-dire une forme de mariage, une image de la famille. Si l'on en peut croire le témoignage de Piaule, ces mariages, inouïs à Rome et que Ton pourrait supposer sans exemple en aucun lieu, se pratiquaient en Grèce, à Carthage, et dans sa vieille terre d'Apulie ; et les noces d'esclaves, continue- t-il, s'y faisaient même avec plus de soin que celles des hommes libres '. Ce dernier mot est le trait de la satire ; mais il se pourrait bien que tout ne fût pas ironique dans ce passage. Nous avons vu, aux temps héroïques, le maître récompenser le serviteur tidèle en lui
1. X^f.oOat 3i 0UVCU91 Ai; "juvaucûv oùxtxttÂuot. (Plut, de VAmour^ 4, § ii, p. 751.)
2. È^ttÇa ^t xat •yuvxuwvItiv otùrj, ôupav PoXftvtitt ttptO[ji.tvxv àiro rîi: àv^pcuvÎTt^&ç, ivx [Airri ùcç^pDiai Iv^c6tv o Tt {at} iil, [l'Art Tixvoiroiûvrau ot oi~ x£7ai àvtu rÀ; ii^txé^cLç -^ûp.v)ç. Ol {xtv -fàp x?^^^^^ irat^oKoiriaâjuvoi sùvoûarspct éiç im, to ttcXù, cl 8i 7r&vY)poi ouCu-ftvTSÇ tùiropÛTtpoi -npè; to xoxoup^tîv ^i^ovrai. (Xén. Êcon. IX, 5. Cf. Aristote, Êcon, I, 5.)
3. « Qiueso Hcrcle, quid isluc est ? Senrileis nubtise? a Servine uxorem ducent, aut posceat sibi ?
d NovoiD adtulcrunt quod fit ausquani gentium . » Ai ego aio hoc fieri in Grsecia et Garthaginif Et heic ia nostra [etiam] terra, in Apulia ; Majoreque opei*a ibi seryileis nubliae Quam liberaleis etiam curari soient.
(Plaute, Cas. prol., 68-79.)
On croit que ce prologue est de trente ou quarante ans postérieur à Plaute : circonstance qui peut diminuer le prix des vers, mais non pas la valeur du fait.
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donnant une compagne, et Xénophon atteste la perpëtnilé de cet usage en le sanctionnant de son approbation. L'intérêt du maître semblait y trouver plus de garanties, quand PesclaTe prenait à sa charge toute une partie du service, une fermOt des troupeaux ; la surveillanceet les soins diven de la gestion se partageaient mieux entre rhomme et h femme ainsi associés, et il n'en fut pas autrement à Bomet comme nous le verrons plus tard. Seulement, en Grèce, cette association pouvait être placée sous la sauvegarde de certaines formes, à l'imitation du mariage ordinaire. Ainsi encore l'esclave du Militaire fanfaron^ dans une soèiie a^ rangée pour duper son maître, parle de ses fiançailles et de son futur mariage avec la suivante de la prétendue maîtresse du guerrier ^ C'est de ces formes de droit que Plante avait besoin pour rendre plus solennel et par conséq[uent plas comique le mariage du fermier avec la fausse Casina, formes impossibles à Rome dans cette condition, et qu'il avait besoia de justifier à l'avance, pour affranchir de tout scrupulelégil la grossière gaieté de son public.
Avec ce commencement d autorité domestique, Tusage
i. Gomme le militaire semble regarder trop complaisamment la messagère de ses amours, Palestrion s'écrie (IV, ii, 1000) :
Ilercle, hanc quidam, Mil tu amassis, mi haec deiponsa 'st; tibi si illa hodie nubserit Gontinuo hanc uxorem ego ducam.
C'est, on le voit, le germe de ces amours à partie double de maîirt ft de maîtresse, de soubrette et de valet, si communs dans notre ancienne comédie. M. Naudet en a signalé une autre trace dans cette exclamation de Sosie (Amph. II, n, 505) :
Quid me non rere exspectatum arnica: venturum meœ ?
Tout en citant le texte de Plante, nous renverrons souvent à la tradoc-^ tion qu'en a donnée notre illustre maître et regretté confrère. La notes et les arguments, indépendamment de leur mérite Uttérairtt sont pleins du sentiment le plus vrai des mœurs grecques et ro* maines.
de la Grèce concédait aussi quelquefois aux esclaves certains droits de propriété. Ce n'était pas la règle sans doute ; et l'avare, qui, à coup sûr, ne s'en écartait point, n'avait pas d*autre moyen de se dédommager d'un plat cassé par un esclave, que d'en reprendre la valeur sur la propre substance du malheureux, en lui retranchant de la nourriture ^ ; mais l'exception au moins était assez générale. Ainsi il arrivait, principalement à la ville, pour l'esclave de louage, que le maître lui laissât une partie de son salaire, à la charge de subvenir aux frais de son entretien'. Ce qu'il épargnait sur son nécessaire faisait le fonds d'un pécule qui s'accroissait encore de différentes manières. On cherchait à stimuler son zèle pour le bien de la maison et son activité au travail, en lui donnant une part dans les produits. Ainsi le régisseur d'un domaine avait pour luimême quelque portion de terre, le pâtre une brebis' : dans VAululaire, la vieille servante de l'avare possède en pécule. . . un coq*. De même, les esclaves employés aux soins nombreux de rindustrie ou du commerce avaient parfois un intérêt dans les objets qu'ils étaient chargés de fabriquer ou de vendre '. A ces produits du travail joignez tous les petits profits qui grevaient les familiers de la maison, et dont Lucien, dans son traité sur les Littérateurs à gages ^ nous a donné quelques échantillons applicables à la Grèce