Plut. Apophth. Antigone, 12, p
chand de poisson pour son argent, sans doute, etc.*. Quand la ville de Périclès n'eut plus d'autre privilège, au milieu des provinces de Tempire, que d'être toujours la capitale des bcUes-letlres et du bon goût, l'honneur d'en être membre était encore fort recherché dans le monde ; et les Athéniens y trouvaient une nouvelle manière d'en tirer bénéfice : il fallut qu'Auguste, par respect pour la mémoire de leurs nobles ancêtres, leur défendit de le vendre à prix d'argent*.
Aux époques florissantes d'Athènes, le nombre des nouveaux citoyens de la classe des affranchis parait donc peu considérable, relativement au nombre des Athéniens d'origine ; celui des affranchis, comparativement aux esclaves, ne devait pas être beaucoup plus grand. Le recensement de Démétrius de Phalère le prouve. En effet, il n'y a qu'une classe à laquelle on les puisse rapporter, celle des métèques. Or les mélèques sont au nombre de 10 000 hommes de 20 à 60 ans, c'est-à-dire, comme on l'a vu, environ 40000 hommes et femmes; et les étrangers, évidemment, devaient former la plus grande partie de cette classe, puisqu'on la désignait souvent par leur nom. L'affranchissement n'était donc point, en général, l'avenir des esclaves. Pour beaucoup l'esclavage restait ce qu'il était en droit : un mal sans fin, une prison éternelle. Il suffisait d'y avoir pratiqué quelques issues par où le petit nombre échappait. Si l'on évitait par là ces explosions des révoltes ou ces pertes trop souvent continues de la fuite, si la sûreté publique se trouvait garantie, c'était assez ; on ne se croyait tenu d'au-
1. Voir divers exemples dans le discours de Dinarque contre Démos" ihène, et dans Atlién. I, p. 19. Cf. Meursius, De fortuna Athen, t. 1, p. 35-37.