‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 36 sur 366 · L'ESGLAYAGB DANS LES COLONIES (1847). XLIII · texte numérisé non relu

L'ESGLAYAGB DANS LES COLONIES (1847). XLIII

pas ce caractère inoffensif et bénin de transporter dés esclaves d'un bord de TAtlantique à l'autre, au grand profit des Antilles, et sans péril pour l'Afrique. Il faut laisser là toute excuse. Quelles que soient l'origine et la date de l'asservissement, votre prétendue marchandise est un homme ravi à la liberté; et la loi qui punit le vol s'est toujours et justement étendue à celui qui en trafique.

L'esclavage moderne rachète-t-il par ses bienfaits le vice de son institution? Gela résulterait au moins du caractère qu'on lui suppose et de l'influence qu'on lui prête. A entendre ceux qui le défendent, le nègre, dût-il échanger sa vie libre d'Afrique contre le régime des colonies, gagnerait encore en bien-être comme en morale et en religion.

Sa condition en deviendrait beaucoup meilleure ; car après tout, nous dit-on, quelle est-elle? La servitude ne constitue pas pour ceux qui la subissent un

White Baker (1862-1865) ; — How l found Livingstone, par H. M. Stanley (1872); — Through the Dark continent, par le môme (1874-1877) ; — A travers V Afrique, voyage de Zanzibar àBen^ guela, par le commandant Y. L. Cameron (1873-1875), Il y aurait un nouveau livre à faire de tous leurs témoignages. Après cela, dira-t-on de TÂfrique « qu'on ne lui achète jamais que les ouvriers qu'elle veut vendre? » Espérons, pour en voir la fin, dans les missions établies sur les pas de ces intrépides voyageurs, et dans V Association internationale africaine, fondée sous les auspices du roi des Belges.

XLIY INTRODUCTION. .

état violent, c'est une manière d'organisation du travail qui garantit l'entretien du travailleur sa vie durant, moyennant la somme d'efforts dont il est capable. Colons, journaux et publicistes, tous y voient l'organisation du prolétariat : c'est le problème que l'Europe essaie vainement de résoudre, pour y avoir introduit l'élément de liberté * et si l'on veut à la condition de l'esclave un terme de comparaison, on ne Tira point chercher en Afrique, au milieu des misères de la vie errante et de tous les hasards du régime anthropophage, on le prendra en Europe : on place le nègre en face de l'ouvrier européen.

Le parallèle, il faut en convenir, n'est pas toujours à l'avantage de ce dernier. La vie de l'ouvrier européen est exposée à de cruelles vicissitudes. Les luttes de la concurrence, qui sont pour les maîtres une question de fortune, sont pour lui une question d'existence ; et le progrès des machines, force terrible qui produit plus à moins de frais, diminue tous les jours le champ de ses occupations : concurrence bien supérieure à celle de l'esclavage ancien qui suffit pour ruiner le travail libre* ! Ainsi à l'âge de

1. « L'établissement de la liberté en Europe y a détruit l'ancienne organisation économique qui résolvait le problème de Texistence matérielle des bommes par le travail obligatoire, mais elle n*a pas encore trouvé une solution nouvelle et équivalant. » (Voyage aux Antilles^ I, p. 145; et le Rapport de la Commission du Conseil colonial de la Guadeloupe, 1840. Cf. la Presse du 9 avril i845.)

2. « Les machines devraient être nos esclaves; elles sont devenues nos plus formidables compétiteurs. » Mot des associés

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