L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). LI
a pu faire, des armes de sa race, un signe de flétrissure entre les mains du bourreau ! Mais l'esclave était une chose et conséquemment la fleur de lis un timbre, et le bourreau un marqueur. Jusque dans les exécutions capitales on tenait compte de cette nature du condamné. Il était estimé et payé au maître, avant qu'on le livrât au supplice*.
Mais nous avons cité le Code noir ; on le répudie, aujourd'hui, et peu s'en faut qu'on ne le fasse passer c pour une supposition des philanthropes à l'usage des gobe-mouches », sauf à lui rendre en cour d'assises toute sa réalité au profit des maîtres. Et pourtant on ne peut pas le retrancher de l'histoire de l'esclavage moderne. La condition qu'il fait aux esclaves est celle qu'on voudrait maintenir à tout prix ; et quant aux mesures de rigueur qu'il contient, il faut le dire, à l'époque où il fut promulgué, elles n'aggravaient pas, elles tempéraient plutôt, par une sorte de compromis, les violences et le caprice des maîtres. Sans doute encore ces rigueurs sont passées d'usage, et ce qu'il y avait d'humain dans les actes et dans les intentions de la métropole, en ce temps-là, a été dépassé généralement par le progrès des mœurs. Nous
ne contestons pas les améliorations accomplies dans
du jour que son maître Taura dénoncé en justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d une fleur de lis sur une épaule ; et s'il récidive, à compter pareillement du jour de la dénonciation, aura le jarret coupé et sera marqué d une fleur de lis sur l'autre épaule ; et la troisième fois, il sera puni de mort. » (Code noir, art. 38.) 1. Gode noir, art. 40.