‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 47 sur 366 · L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). LUI · texte numérisé non relu

L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). LUI

métropole, soit par l'éducation qu'elles y ont reçue, soit par les rapports qu'elles continuent d'y entretenir, ont volontiers plus d'abandon et de bienveillance envers leurs esclaves : c'est un hommage que les ennemis les plus déclarés de ce régime se sont plu à leur rendre. Mais elles forment la minorité et sont loin d'avoir la plus grande partie de la population servile*. A côté, il y a le petit propriétaire, abaissé souvent, par la fortune, au-dessous du nègre affranchi, et usant avec d'autant plus d'insolence, envers ses nègres esclaves, du privilège de la peau; il y a les affranchis qui, dès l'antiquité, sont signalés comme les plus durs des maîtres: « Esclave, disait Ménandre, crains de servir un maître d'origine servile: le bœuf dans le repos oublie le joug qu'il a portéV » Et même sur les grands domaines il y a le chef d'exploitation, le géreur, blanc ou noir; il y a les commandeursy esclaves qui conduisent et surveil-

1. A Bourbon, il y a trois propriétaires ayant de 401 à 500 esclaves; quatre, de 301 à 400; dix-sept, de 201 à 300; cinquante et un, de 101 à 200; cent quarante et un, de 51 à 100; quatre cent soixante-deux, de 21 à 50 ; six cent quatre-vingthuit, de 11 à 20; et quatre mille soixante-trois, de 1 à 10; c'est-à-dire que le nombre des petits propriétaires est plus des quatre cinquièmes du nombre des propriétaires moyens ou grands. (Avis des Conseils coloniaux (1389), Bourbon, p. 14.)

*ÂfAyi}fAOVtî yàp TaOpo; ipyiicraç ÎJuyoO.

(Grot., ExcerpL, p. 76i.) — Burton (Voyage aux grands lacs, p. 125) cite ce proverbe arabe : « Que Dieu me garde du mendiant enrichi et de Tesclave Hbëré. »

Page 1