LIV INTRODUCTION
lent les esclaves au travail, substituts d'un pouvoir dont ils se sentent plus véritablement les maîtres, quand ils le portent au delà des limites marquées à leur action. Ce sont des choses actuelles, et, sur ce terrain, il n'est que trop facile d'opposer des exemples aux exemples; il faut des autorités, et nous renvoyons à celle de trois hommes qui n'ont point vu les colonies en voyageurs, mais qui les ont habitées et ont dû pénétrer dans le secret de leurs habitudes, l'un comme magistrat, l'autre comme chef de la gendarmerie, et le troisième comme prêtre: M.Rouvellat de Cussac, M. France et M. l'abbé Dugoujon *. Ils citent des faits de tous les jours, des faits constants: des malheureux,pour la moindre négligence, appliqués aux quatre-piqmts^ ou conduits et fouettés à la geôle de la ville', exécution légale dont les maîtres ne sont absous que pour la condamnation de la loi. Et si la dureté du despotisme se produit ainsi
1 . Situation des esclaves dans les cobnies françaises, urgence de V émancipation, par H. Rouveliat de Cussac, ancien conseiller aux cours royales de la Guadeloupe et de la Martinique (1845). — U. France, V Esclavage à nu (1846). — Lettres sur V esclavage, par H. Tabbé Dugoujon, ex-missionnaire apostolique du Saint- Esprit. — Sur la misère de Tesclave chez le maître peu fortuné qui l'exploite en le pressurant, voyez H. Rouveliat, pag. 18, 24, 57, 38, etc. ; sur la cruauté des géreurs, Idem, pag. 126, 127, 151, etc.; sur la dureté des commandeurs ou esclaves chefs d'atelier, H. l'abbé Dugoujon, p. 14.
2. M. Rouveliat de Cussac, p. 14, 26, 36, etc. — M. l'abbé Dugoujon, p. 17. — M. l'amiral De Moges avait pris un arrêté pour que l'esclave, avant d'être soumis à ce supplice, fût visité par le médecin et reconnu capable de le subir... Il y a eu quelquefois des certificats de confiance. (H. Rouveliat, p. 74.)