L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). LXIX
son, en somme et à prendre la généralité des faits, il n'en est pas moins vrai que l'enseignement reli* gieux, comme l'enseignement primaire, est dans la plus triste condition*. Cela résulte de l'aveu des prêtres les plus indulgents pour le régime colonial : « Le mouvement de la propagation religieuse, » dit M. l'abbé Castelli, préfet apostolique à la Martinique, € est NUL ou PRESQUE NUL, cu couiparaisou de ce qu'il devrait être dans la situation actuelle; » et il invoque un pareil témoignage pour la Guadeloupe : « Osons le dire, l'instruction religieuse et morale des esclaves, si fortement recommandée parles ordon nances royales et les prescriptions ministérielles, si impérieusement prescrite surtout par les divins préceptes de l'Évangile, est nulle à la Guadeloupe. La tâche est immense et de la plus haute importance. Mais jusqu'à ce jour elle y est encore à faire". » A qui s'en prendre? aux nègres? Mais on eut des exemples autrefois, et l'on a dès à présent de nouvelles preuves de leur zèle pour la religion, dans les îles émancipées et sur les côtes d'Afrique\ Ce n'est donc pas non plus la faute de la doctrine, et il faut s'en prendre aux obstacles que l'esclavage élève entre la