‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 60 sur 366 · M» Granier de Cassagnac, Voyage aux Antilles, II, p. 47K · texte numérisé non relu

M» Granier de Cassagnac, Voyage aux Antilles, II, p. 47K

LÎVin INTRODUCTIOH.

ter comme Tinstrument de la Providence et l'agent suprême de la conversion des Gentils ? Pour avoir introduit dans TÂmérique dépeuplée quelques débris de ces populations africaines, décimées par la même influence, pour leur avoir donné le baptême en échange de la liberté, les colons mérilent-ils les honneurs de l'apostolat ? Quand les apôtres allaient conquérir les peuples à l'Évangile, ils se donnaient à eux, non comme des maîtres, mais comme des servi teiirs, à l'exemple de celui qui, pour sauver les hommes, prit la forme d'un esclave, formam servi accipiens I

Mais qu'ont fait nos modernes apôtres pour cette race africaine que leur zèle fait venir à grands frais d'un bord de l'Atlantique à l'autre, pour les convertir à domicile? Il ne suffît pas de baptiser un peuple pour le faire chrétien ; et encore négligea-t-on longtemps de baptiser les nègres aux colonies espagnoles*. — Il faut lui apprendre la loi de l'Évangile, lui en inspirer l'esprit, lui en faire aimer la pratique. Or examinons la situation religieuse des colonies. On dit régulièrement la prière dans les ateliers ; la prière, cette libre élévation de l'âme, se fait, nous l'avons vu, comme tout autre exercice de l'esclavage, au signal du fouet! Voilà ce qui rappelle la religion aux esclaves. Après cela, si quelques femmes créoles, vraiment animées de l'esprit chrétien, se font ellesmêmes un devoir de catéchiser les enfants de la mai-

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