‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 63 sur 366 · LXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXX INTRODUCTION

doctrine et leur cœur ; à Tindifféreiice des maîtres» à leur opposition. Au premier abord on doit en être surpris. 11 semblerait qu'à défaut de foi, l'intérêt même du maître devrait stimuler son zèle ; car les devoirs de l'esclavage sont bien durs, et le christianisme fait accepter tous les devoirs, plus que les devoirs. C'est que le christianisme, qui a fait disparaître l'ancien esclavage, est coupable aussi de l'avoir supprimé déjà chez nos voisins. C'est qu'il y a au fond de ses doctrines un souffle de liberté que l'on redoute. Il dit à l'esclave de se résigner, mais il l'élève à la qualité d'enfant de Dieu ; et comment posséder comme des brutes des êtres marqués du sceau divin? Un colon protestant, plus scrupuleux, pour n'avoir pas de frères dans l'esclavage, ne les baptisait qu'à l'article de la mort * !

Les maîtres sont donc partagés entre ces deux sentiments. Ils voudraient pour leurs esclaves de la vertu, de la résignation surtout"; à cet effet, on invoque la bienfaisante influence du christianisme, et

1. H. Tabbë de Casfelli, ibid,^ p. 162, note. —Quel qu'en soit le motif, le bapfôme est loin d*être donné régulièi\;ment aux enfants d*esclaves en certains points de nos colonies. Nous ne parlons pas des autres sacrements... Voyez H. Tabbé Dugoujon, p. 71-73. H. Schœlcher, fort hostile d*ailleurs à l'influence chrétienne, a fait sur ce sujet de bien tristes révélations. [Coup d'œil sur Vétai de la question de l'affranchissement, p. 14 et suiv.)

2. c Oui, nous voulons que la religion vienne ici proclamer son empire, afin qu'elle tempère et qu*elle arrête les excès qui pourraient être commis par un peuple soulevé au nom de la liberté, » etc. Avis^ efc, p. 78 (Martinique).

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