L*ESGUYAGE DANS LES COLONIES (1847). LXXI
les Conseils coloniaux se montrent tout disposés à étendre les fondations religieuses. Mais on tient à « ne pas faire vibrer toutes les cordes évangéliques » ; et pour cela que faut-il? un clergé spécial et dépendant*. Telle est la constitution religieuse des colonies; et, sur ce point, nous craindrions de nous laisser tromper par de fausses apparences, si nous n'avions le témoignage d'un honnête missionnaire, qui parle des choses pour les avoir vues et éprouvées. C'est une Église constituée en dehors, ou, si l'on veut, tout à côté des formes de la hiérarchie catholique. Ainsi point d'évêques; le supérieur de la mission est un simple prêtre comme les autres, \e préfet apostolique, un fonctionnaire ecclésiastique, comme on l'a fort justement appelé*. L'évêque, c'est le gouverneur, et il s'en attribue tous les droits sur les membres du clergé. Il leur adresse des circulaires (on ne les nomme pas encore mandements) ; il leur trace les limites de leurs obligations dans l'exercice du saint ministère, et leur dicte la manière dont ils doivent enseigner l'Évangile; il fait interdire, ou plus directement il expulse du pays (c'est son mode d'excommunication) ceux qui ne se conforment pas scrupuleusement aux canons rédigés dans ses bureaux, a C'est moi qui suis évêque ici, > disait un jour M. Goubeyre à un prêtre de la Guadeloupe'.
1. H. Tabbé Dugoujon, ibid.^ p. 19. — Nous n'avons pas besoin de dire que tout cela est changé depuis Tëmancipation.