L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). IX
tériel etmoraly discipline primitive^ apprentissage de la liberté, indispensable noviciat et passage inévitable de la barbarie à la vie policée: voilà les titres de Tesclavage à la reconnaissance des hommes < ; et s'il faut à ces titres une sanction plus sacrée, on la demandera à la religion. L'esclavage se lit dans la Bible comme établi par Noé, interprète, nous dit-on, de la volonté divine, aux secondes origines du genre humain, avant la dispersion des races. Il y a donc, pour le philanthrope, raison d'humanité; pour le chrétien, raison de dogme : que l'un et l'autre s'iur clinent et laissent agir la sagesse de Dieu.
Notre respect pour cette double autorité ne nous permet point cependant d'accepter sans nouvel examen de telles conclusions ; et pour les réfuter, nous pourrons nous borner souvent à Texposition pure et simple des raisons dont on les appuie.
Prenons d'abord l'origine de l'esclavage.
Selon M. Granier de Gassagnac, l'esclavage n'a jamais été établi tout d'une pièce : à plus forte rai-
i. HH. Graaier de Cassagnac, Des classes ouvrières et des classes bourgeoises, et Voyage aux Antilles; Petit de Baroncourt, Lettres à M. le duc de Broglie et au ministre de la marine; De la Charrière, De V affranchissement des esclaves dans les colo^ nies françaises , et les divers Rapports faits aux conseils coloniaux sur les questions relatives à l'esclavage.