‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 96 sur 366 · L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). CV · texte numérisé non relu

L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). CV

de rendes où on le retient parqué; et dans la même famille d'autres petits malheureux, liés à la même chaîne, déchirés de coups et frottés d'un acide qui ravive la douleur dans leur chair meurtrie; forcés de manger des excréments, et forcés de chanter, pour ajouter à l'amusement du maître : « Manger des excréments, c'est bon ! » Par quelle série d'abus de pouvoir et de crimes a-t-il fallu passer avant d'en arriver là? Je ne sais, mais le chemin se fait vite; Tesclavage, qui, au sentiment des Romains, gâtait sitôt l'âme d'un esclave, agit bien plus énergiquement encore sur les maîtres. Les auteurs de ces atrocités, inimaginables partout ailleurs que dans des pays à esclaves, ces âmes déjà blasées par le despotisme, sont deux jeunes hommes de 20 à 22 ans, élevés en France et nouvellement revenus dans la colonie! Et c'est peu encore : un de ces pauvres enfants, nourris comme on l'a vu, ayant volé quelque igname, l'un des deux maîtres tire son canif, lui coupe un bout d'oreille et le force à l'avaler! Mais n'a-t-on pas vu un autre maître, soupçonnant un esclave d'avoir empoisonné un bœuf, le condamner à en porter au cou la tête jusqu'à entière putréfaction, jusqu'à ce qu'il pérît lui-même par cette lente aspiration de la mort!

Ces exemples nous montrent ce que l'esclavage fait des maîtres; la conclusion juridique des mêmes affaires nous enseigne ce qu'il fait des magistrats. Ce crime renouvelé de Mézence,

Mortua quin etiam jungebat corpora vivis,

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